Semaine de la langue française : les expressions ivoiriennes préférées de Marguerite Abouet

LIVRES

PATRIMOINE – La Semaine de la Langue française et de la francophonie se déroulera du 12 au 20 mars, date de la Journée internationale de la Francophonie. L'édition 2016 propose de partir à la découverte du français tel qu'on le parle dans différentes pays francophones. De Bruxelles au Québec en passant par la Suisse et la Côte d'Ivoire, Metronews a demandé à des auteurs francophones de nous faire partager leurs expressions locales préférées.

Marraine de l'édition 2016, Marguerite Abouet est l'auteur de nombreuses séries de BD, dont les six volumes d'Aya de Yopougon, illustrés par Clément Oubrerie, dont ils ont tiré un film d'animation en 2013, et la série pour enfants Akissi, dont le tome 6 est paru en novembre dernier. Marguerite Abouet a également fondé une association, Des livres pour tous, afin de rendre les livres plus accessibles aux enfants d’Afrique en y créant des maisons de quartier-bibliothèques.

Quels sont vos mots et/ou expressions préférés, parmi ceux qu'on utilise en Côte d'Ivoire ?
J’en ai plusieurs, comme “j'ai cassé son cou” (rompre avec son amoureux(se)), un “entré-couché” (un studio), un “deuxième bureau” (une maîtresse), “elle a les arguments” (être pulpeuse), “s’enjailler” (être heureux, s'amuser), “s’affairer” (s'informer), “tu es trop esprit” (tu es intelligent)... “Akwabaté” signifie l'étranger mais dans le bon sens du terme, "akwaba" désigne la bienvenue et "té" désigne l'étranger. Il y en a bien d'autres aussi qu'on utilise en Côte d'Ivoire mais qui viennent du Québec, comme “ton chien est mort” (pas la peine de lutter), “manger une valise” (se faire tabasser), “il est bête” (il fait la gueule)...

Quels sont ceux qui vous agacent ?
Tous les mots qui désignent l’étranger, qui s’adressent à une sorte d’étrangers, ceux et celles qui ne sont pas des expatriés, des aventuriers, des vacanciers, des curieux, mais plutôt comme des “sans papier”, “clandestin”, “immigré”. Il y a aussi et surtout tous les mots dégradants pour les femmes. En Côte d’Ivoire, il y en a énormément, comme “djandjou”, “toutou”, “painhou”, “Adjoua” (un prénom) : tous veulent dire prostituée... pour ne citer que ceux-là.

Y a-t-il une faute de français que vous faites encore malgré vous ?
Depuis que mon fils est à l'école primaire, et que je révise avec lui tous mes classiques, je fais beaucoup moins de coquilles. Mais j’ai une petite préférence pour “et bien” et “eh bien”, ou encore, “de manière à ce que vous soyez” et “de manière que vous soyez”.

Si vous deviez réformer l'orthographe d'un mot, lequel choisiriez-vous ?
Sans hésitation : pute, salope.

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