Sexe, meurtres et sorcellerie : pourquoi on craque pour "Lagos Lady", de Leye Adenle

Sexe, meurtres et sorcellerie : pourquoi on craque pour "Lagos Lady", de Leye Adenle
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NOIR, C’EST NOIR – Le crime vous passionne ? Chaque semaine, retrouvez le coup de cœur de Marc Fernandez, notre expert du roman policier. Aujourd'hui : "Lagos Lady", de Leye Adenle (Metallié).

Passeport pour le crime, direction Lagos, capitale du Nigéria, où il se passe des choses bizarres, où des prostituées sont assassinées et retrouvées avec les seins arrachés. Bien sûr, le juju (la sorcellerie) semble être le mobile. Ou peut-être s’agit-il d’un trafic d’organes ? Leye Adenle, qui publie Lagos lady aux éditions Métailié, toujours promptes à nous faire découvrir de nouvelles voix venues d’ailleurs, fait une entrée plus que réussie dans le monde du polar.

► C’est qui ?
Leye Adenle, un nom qui ne vous dira sans doute rien. Pour le moment du moins. Né au Nigéria en 1975, il vient tout juste de débarquer dans le monde du polar avec ce premier roman. Titulaire d’un diplôme d’économie de l’université d’Ibadan dans son pays et d’un master en technologies de l’information obtenu à l’université d’East London, il vit désormais à Londres, où il travaille comme chef de projet. Celui qui est considéré par sa famille comme la réincarnation de son grand-père, un écrivain, principal de collège et roi des Oshogbos, fait aussi, parfois, l’acteur. Toujours tiré à quatre épingles, il a été l’une des révélations du dernier Quais du polar à Lyon, le festival de référence en la matière.

► Ça parle de quoi ?
Un journaliste de pacotille britannique, Guy Collins, débarque à Lagos pour couvrir la campagne des élections présidentielles. Il tombe malencontreusement sur un cadavre de prostituée à qui on a arraché les seins et se fait embarquer par la police corrompue qui le prend pour un reporter de la BBC. Il se fait sortir de ce mauvais pas par une certaine Amaka, qui lui intime presque l’ordre d’enquêter sur cet assassinat et sur d’autres, survenus dans la capitale du Nigéria. Mais Collins n’est pas Albert Londres et c’est la mystérieuse femme, avocate et sorte d’ange gardien des prostituées de Lagos, qui mène réellement la danse. Ils vont tous les deux se retrouver dans une histoire où se mêlent sorcellerie, meurtres, sexe, corruption, politique...

► Pourquoi on aime ?
Dès la lecture des premières pages de Lagos Lady, le lecteur est pris à la gorge, embarqué de force en plein cœur de la plus grande ville d’Afrique. Tantôt dans ses quartiers les plus dangereux, pourris, tantôt dans les villas des notables, souvent dans la rue, parfois dans les bars et dans des chambres d’hôtels. Le style vif, nerveux de Leye Adenle sied parfaitement à cette intrigue. Il connaît parfaitement sa ville natale, ses coins les plus reculés et dangereux, comme les plus huppés. Ses personnages sont d’un réalisme étonnant, ils sont humains, avec leurs défauts, leurs bassesses mais aussi leur grandeur et leur courage. Un premier roman qui vaut le détour donc, avec une résolution peut-être un peu trop rapide, mais c’est sans doute que le lecteur n’a pas envie que cela se termine...

>> Lagos Lady, de Leye Adenle, traduction David Fauquemberg. Éditions Métailié, 336 pages, 20 €

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