Stéphane Bourgoin a-t-il résolu l’énigme du Dahlia Noir ?

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COUP DE COEUR - Polar, thriller, roman noir... Chaque semaine, retrouvez le coup de coeur de Marc Fernandez, cofondateur et rédacteur en chef de la revue "Alibi". Aujourd'hui "Qui a tué le Dahlia Noir", du Français Stéphane Bourgoin.

C’est l’une des affaires les plus emblématiques de l’histoire criminelle des Etats-Unis. Celle qui est l’objet de toutes les théories, de tous les fantasmes, de toutes les fictions aussi. Le grand James Ellroy en a même tiré l’un de ses meilleurs romans noirs. Quant à Brian de Palma, il en fit un film qui ne figurera pas, contrairement à ce dossier, dans les annales. Il fallait un véritable spécialiste pour en venir à bout. C’est Stéphane Bourgoin, pour qui les tueurs en série n’ont plus de secrets, qui s’y est mis. Et qui nous propose de répondre à cette question, dont il a fait le titre de son livre, Qui a tué le Dahlia Noir ?

C’est qui ?
Stéphane Bourgoin. Son nom est synonyme de serial killers, de meurtres, de dossiers noirs, d’affaires non résolues. Spécialiste mondialement reconnu des tueurs en série (il en a interrogé plus de soixante-dix), il est l’auteur d’une vingtaine de livres autour de cette question et de nombreux documentaires sur ce sujet. Son expérience acquise au fil du temps lui a permis de tisser des liens étroits avec les enquêteurs du FBI. Il a travaillé près de vingt ans sur le Dahlia Noir et a eu accès a des documents jusqu’ici classés. Sa théorie a été validée par les "profilers" de Quantico, siège de l’agence fédérale.

Ça parle de quoi ?
Le 15 janvier 1947, le corps d’Elizabeth Short, coupé en deux, est retrouvé dans un terrain vague de Los Angeles. Celle que les médias vont vite surnommer le Dahlia Noir, à cause de son habitude à s’habiller dans cette couleur, va devenir la plus grande énigme criminelle américaine. L’enquête ne donnera rien et, près de soixante-dix ans après, ce crime reste impuni. Certains pensaient que l’affaire avait été réglée avec le livre de Steve Hodel, ancien flic de Los Angeles, expliquant que son père était l’assassin. Même Ellroy s’était fait berné. Mais ici, on a la preuve qu’il s’est trompé. Après six cents pages, comprenant des documents inédits, on finit par découvrir qui, selon Stéphane Bourgoin, est le bourreau d’Elizabeth Short. Et on a très envie de le croire…

Pourquoi on aime ?
Ce texte n’est pas un roman, c’est une enquête fouillée, minutieuse. Mais le sujet traité et la manière dont Stéphane Bourgoin l’écrit et fait part de ses hypothèses, de ses recherches, de ses doutes aussi, en font un livre à ranger dans toute bibliothèque de fans de polar. Parfois, la réalité dépasse la fiction. Avec Le Dahlia Noir, c’est encore pire. À la lecture, on est si horrifié par les détails qu’on oublie presque qu’il ne s’agit pas là d’un roman, mais bel et bien de ce qui s’est passé. On peut regretter, un peu, la place par moments trop importante prise par le narrateur. On lui pardonne, tant son travail d’investigation a été poussé à son paroxysme.


 

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