Sur son site, Haruki Murakami évite une question sur "Charlie Hebdo"

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WEBDIALOGUE - Le très discret écrivain japonais Haruki Murakami a commencé à répondre avec parcimonie aux questions de ses fans sur un site internet où, écartant le sujet Charlie Hebdo, il condamne les "discours de haine".

"Je ne répondrai qu'à une de vos quatre questions, la première", écrit d'emblée l'auteur de 1Q84 au premier individu qui l'a sollicité via le site Murakami-san non tokoro ("l'espace de M. Murakami"), un lieu temporaire d'échanges entre le plus illustre romancier contemporain nippon et ses admirateurs.

Exit le quatrième point soulevé par Gege (pseudonyme, 23 ans, étudiant), à savoir: "Même si les actions terroristes sont bien sûr horribles, pensez-vous que l'on doive protéger la liberté d'expression à la façon des caricatures de Charlie ?"

Au Japon, le racisme existe à l'égard des Coréens et des étrangers

La liberté d'expression revient cependant sous une autre forme quand Yurikoko, une étudiante de 22 ans, demande au "professionnel de l'écriture comment arrêter les discours de haine", ces diatribes racistes de groupuscules d'extrême-droite nippone à l'égard de Coréens et autres étrangers. "En tant qu'écrivain, je suis souvent la cible de discours de haine. Beaucoup de gens disent des choses horribles. Mais bon, comme j'aime mon travail, tant pis. Dans une certaine mesure, je laisse faire. Cela dit, il est injuste pour quiconque de s'entendre dire du mal à cause de sa race, de son lieu de naissance ou de choses contre lesquelles on ne peut rien soi-même. Il faut agir contre cette tendance", écrit-il.

Haruki Murakami confirme à travers ses réponses sa volonté de s'en tenir le plus possible à des sujets proches de la littérature, de l'écriture, sans oser trop s'engager, hormis à travers les thèmes abordés dans ses œuvres ou lors de rares prises de paroles en public. L'homme se livre peu dans ce premier lot de dix réponses, parce qu'il a, dit-il, "des petits secrets qu'il serait ennuyeux que l'on voie par le trou de la serrure". Mais l'écrivain de 66 ans avoue quand même au détour d'une réponse sur l'art et la manière d'éduquer son enfant à aimer les livres, qu'il "n'arrive plus à en lire beaucoup, à cause d'yeux affaiblis". D'autres confidences viendront peut-être au fil des jours sur ce site , où les questions sont admises seulement jusqu'à fin janvier.

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