"Surtensions" : l’ancien flic Olivier Norek pousse les portes du pénitencier

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NOIR, C’EST NOIR – Le crime vous passionne ? Chaque semaine, retrouvez le coup de cœur de Marc Fernandez, notre expert du roman policier. Aujourd'hui : "Surtensions", de Olivier Norek (Michel Lafon), fraîchement auréolé du prix du polar européen 2016 remis par "Le Point".

Des braquages, des meurtres, des enlèvements. Le tout écrit par un ancien flic. Encore un polar emplit de testostérone direz-vous ? Et bien non, détrompez-vous. Oui, Olivier Norek a été flic. Mais aujourd’hui, il est romancier. Il a troqué le flingue pour la plume depuis peu, certes, mais avec un certain talent qu’il cultive au fil des livres. Son troisième titre, Surtensions (éditions Michel Lafon) confirme tout le bien qu’on pensait de lui et le classe définitivement dans la grande famille du polar. Il vient d'ailleurs de remporter le prix du polar européen 2016, remis par Le Point.

► C’est qui ?
Olivier Norek n’est plus un inconnu dans le monde du polar. Ce lieutenant de police en disponibilité, qui a passé une dizaine d’années au service enquêtes et recherches du SDPJ 93 (autant dire qu’il sait de quoi il parle) s’est fait sa place dans l’univers noir avec ses deux premiers romans, Code 93 et Territoires (parus chez Michel Lafon et repris en poche chez Poket). Fini les PV d’auditions tapés à deux doigts, aujourd’hui, Norek est un auteur à part entière. Un scénariste aussi, lui qui a notamment travaillé avec Yves Régnier. S’il a gardé son âme de flic, pas sûr qu’il retourne de sitôt dans les rangs de la police. Tant pis pour elle. Et tant mieux pour nous, lecteurs.

► Ça parle de quoi ?
Il y a d’abord une famille corse qui trempe dans des affaires pas claires. Une sœur surtout, spécialiste des braquages. Son petit frère veut y aller aussi. Elle hésite, puis dit oui. Et bien sûr, il se fait prendre. Direction la case prison. Elle va vouloir le faire évader. Mais pour y parvenir, elle va devoir accepter un marché plus que risqué. Il y a aussi une famille de banlieusards tout ce qu’il y a de plus classique. Le père travaille au tribunal. Et il va devoir, lui aussi, se laisser embarquer dans un deal pas net pour sauver les siens. Il y a cinq criminels, un pédophile, un braqueur, un kidnappeur, un assassin et un ex-légionnaire serbe. Cinq destins qui vont se trouver liés malgré eux. Et puis, enfin, il y a Coste. Victor Coste. Capitaine au SDPJ 93, et son équipe. Il va devoir démêler les fils de ces histoires, tout en gérant ses propres émotions.

► Pourquoi on aime ?
Avec ce troisième roman, on attendait Olivier Norek au tournant tant il nous avait gâté sur les deux précédents. Avec Surtensions, on retrouve avec plaisir son personnage récurrent de Coste. Mais c’est pour clore cette trilogie, hélas, consacrée au capitaine du SDPJ 93… Une fin en guise de roman bien noir, peut-être plus que Code 93 et Territoires. Toujours empreint de réalisme, avec une touche moins sociale cette fois, même si le début du texte peut laisser penser le contraire. Norek nous entraîne en prison, nous montre la dureté de l’enfermement comme les travers de la justice. Surtensions est, de loin, son roman le plus abouti en matière d’intrigue, de style et celui qui s’éloigne le plus du "polar de flic", catégorie dans laquelle on pourrait classer les premiers. Bref, un bon roman noir comme on les aime par un auteur qui, dans une vie antérieure, a été policier.

Surtensions, de Olivier Norek, Éditions Michel Lafon, 505 pages, 19.95 euros

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