Svetlana Alexievitch, prix Nobel de littérature, a été victime d'un petit canular

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#NOBELPRIZE – L'écrivaine biélorusse a été élue par l'Académie Nobel à Stockholm, jeudi 8 octobre. Alors que ce choix est d'ordinaire entouré du plus grand secret, elle a "spoilé" la nouvelle juste avant son élection sur Twitter. Un message qui a affolé la Twittosphère. Sauf que son compte est... un faux.

Crime de lèse-majesté à l'Académie Nobel. Deux heures avant l'annonce officielle du prix Nobel de littérature 2015, Svetlana Alexievitch publiait son deuxième tweet sur son compte tout neuf :

Ce tweet, qui sonnait un peu faux, a suscité beaucoup de réactions, jusqu'à ce qu'on apprenne la vérité. Un second message avoue qu'il s'agit d'un faux compte, créé par un journaliste italien.

Alors, quid de Svetlana Alexievitch, la vraie ? Cette écrivaine biélorusse très confidentielle faisait partie des favoris pour le Nobel cette année, aux côtés des éternels Murakami, Oates et Roth. Agée de 67 ans, elle est connue pour ses recueils de témoignages : ceux des femmes russes qui ont combattu contre les nazis pendant la Seconde guerre mondiale (La guerre n'a pas un visage de femme, édité en poche chez J'ai lu), des victimes de la catastrophe de Tchernobyl (La supplication – Tchernboyl, chronique du monde après l'apocalypse, traduit dans vingt pays mais toujours interdit en Biélorussie), d'enfants ayant subi la guerre (Derniers témoins, Presses de la Renaissance).

Dans Les cercueils de zinc, paru en 1990, elle dénonçait les destructions de l'Union soviétique en Afghanistan. Son dernier livre paru en français, La fin de l'homme rouge ou le temps du désenchantement (Actes Sud) avait remporté le prix Médicis essai en 2013. En élisant Svetlana Alexievitch, l'Académie Nobel innove, elle qui ne récompensait jusque-là que des romanciers. Mais elle honore comme chaque année un auteur humaniste, proche des innocents, des anonymes sans défense pris dans la grande Histoire, des peuples qui souffrent.

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