3 bonnes raisons de découvrir "I May Destroy You", la série de Michaela Coel sur le viol

3 bonnes raisons de découvrir "I May Destroy You", la série de Michaela Coel sur le viol
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ON AIME – OCS diffuse "I May Destroy You", la série engagée et essentielle de et avec Michaela Coel. La réalisatrice s'est inspirée de sa propre expérience pour aborder le sujet du viol.

Comment se reconstruire après un viol ? C'est la question que pose I May Destroy You, la série de Michaela Coel lancée ce dimanche 7 juin sur HBO et disponible en France sur OCS. L'histoire ? Jeune femme distraite et insouciante, Arabella (Michaela Coen) a été désignée "la voix de sa génération" après le succès d'un article sur les réseaux sociaux. Alors qu'elle planche sur un livre, elle décide de rejoindre des amis pour boire un verre. Mais la soirée tourne mal et la jeune femme se fait violer dans les toilettes d'une boîte de nuit par un inconnu. Le problème, c'est qu'elle a été droguée et qu'elle ne se souvient de rien, à part un flash-back où elle voit un homme abuser d'elle. Entourée de ses amis, elle va tenter de découvrir qui l'a agressée, tout en entamant un long chemin de reconstruction.

Parce que c'est inspiré de l'histoire de Michaela Coel

Révélée en 2015 par la série Chewing-gum, qui suivait les tribulations d'une jeune vierge bien décidée à découvrir le sexe, Michaela Coel frappe à nouveau un grand coup avec I May Destroy You ("Je pourrais te détruire"), une fiction inspirée du viol qu'elle a subi il y a quelques années. Alors qu'elle travaillait sur la deuxième saison de Chewing gum, elle décide de faire une pause pour boire une verre avec un ami. "J’ai repris conscience alors que j’étais en train de taper la saison 2, plusieurs heures plus tard", a-t-elle expliqué en août 2018 durant le Festival international de la télévision d’Édimbourg. "J’ai eu un flash-back. Il s’avérait que des inconnus avaient abusé de moi sexuellement". En discutant avec d'autres victimes de viol, elle réalise que son expérience est malheureusement banale et décide d'en faire une série.

Parce que la série s'intéresse aux victimes

Alors que l'affaire Weinstein et le mouvement #MeToo qui a suivi ont libéré la parole, I May Destroy You fait partie de ces (rares) série qui osent aborder un sujet dérangeant. A l'instar de l'excellente Unbelievable sur Netflix, la fiction de Michaela Coel met en lumière le traumatisme que subissent les victimes, que l'on a parfois du mal à prendre au sérieux. Ici, la caméra ne lâche jamais son héroïne, et la scène de viol est filmée à sa hauteur, ce qui la rend d'autant plus insoutenable. "Ce n'était pas un rôle douloureux à jouer. Jouer un personnage signifie que vous pouvez aller dans des endroits sombres et rien de tout cela n'est réel. L'écrire était la partie difficile, mais même cette douleur était juxtaposée à de l'euphorie. Si je suis ici pour y réfléchir, cela signifie que j'y ai survécu. C’est un miracle de côtoyer la douleur", explique la réalisatrice dans The Guardian.

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Parce que ça parle aussi du consentement

Parsemée de flash-back et d'aller-retours dans le temps, I May Destroy You est construit comme une sorte de puzzle que l'héroïne tenterait de rassembler pour comprendre ce qui lui est arrivé. Si la série ne lâche pas Araballa, elle prend aussi le temps de se pencher sur les autres personnages pour poser une autre question essentielle : celle du consentement. Que dire lorsque quelqu'un avec qui vous venez d'avoir une relation sexuelle décide de recommencer sans votre accord ? N'est-ce pas aussi un viol ? Et comment réagir lorsque votre partenaire vous prend en photo durant l'acte et que vous n'êtes pas d'accord ou qu'il retire son préservatif sans vous prévenir ? Sans jamais juger ses personnages, Michaela Coen pose des questions complexes et pousse chacun d'entre nous à la réflexion. 

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