Autodérision, nostalgie et hommage à Luke Perry : le retour plus que réussi de "Beverly Hills"

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ON ADORE - Le premier épisode de "BH90210", diffusé mercredi 7 août sur la FOX aux Etats-Unis, a réussi son pari. Les acteurs de la série d'origine, incarnant des versions romancées d'eux-mêmes, y font preuve d'une hilarante autodérision qui rend l'ensemble très plaisant à regarder. Sans oublier un hommage sobre mais appuyé à Luke Perry.

L'avantage quand on n'attend pas grand-chose, c'est qu'on ne peut qu'être agréablement surpris : on ne s'imaginait pas du tout finir le premier épisode de "BH90210", la suite de "Beverly Hills", avec un sourire jusqu'aux oreilles et les yeux humides. Les premières images laissaient présager un programme plutôt kitsch qui se reposerait beaucoup sur la nostalgie de la série culte des années 1990 et permettrait aux acteurs de renflouer leurs caisses.


L'effet "machine à remonter le temps" tourne effectivement à plein régime dès le générique, copié à l'identique sur l'original, et la scène d'ouverture qui nous replonge au Peach Pit, LE diner où tous les ados rêvaient d'aller il y a 25 ans. Brandon est désormais propriétaire des lieux, Donna et David sont toujours mariés et Brenda est annoncée en provenance de Londres. Sauf que tout ça reste de la pure fiction et n'était en fait qu'un rêve de Tori Spelling. 

C'est comme si on relâchait l'animal d'un zoo dans la natureJennie Garth à propos de Tori Spelling découvrant la "vraie" vie et ses contraintes budgétaires

Car "BH90210" ne vient pas nous dire ce que sont devenus les personnages mais s'intéresse à leurs interprètes, qui incarnent des versions romancées d'eux-mêmes. Toute ressemblance avec la réalité n'est donc évidemment pas fortuite et sert de ressort comique au programme. Jennie Garth (Kelly) enchaîne son troisième divorce, Brian Austin Green (David) est père au foyer et marié à une chanteuse désormais plus célèbre que lui - lui qui a épousé l'actrice Megan Fox. 


Quant à Tori Spelling, elle est mère de six enfants et met sa vie en scène dans une télé-réalité pour éponger ses dettes. C'est elle qui encaisse le plus, les références à son père Aaron Spelling se multipliant. "Ton père produisait la série, comment ça se fait que tu retrouves sans rien ?", lui lance Ian Ziering (Steve). L'ensemble du cast pousse l'autodérision à son maximum, quitte à en faire parfois trop. Mais on s'amuse de voir l'interprète de Donna découvrir la classe éco alors qu'elle était habituée aux jets. "C'est comme si on relâchait l'animal d'un zoo dans la nature", lâche Jennie Garth à propos de sa copine.

La fine équipe retrouve Jason Priestley (Brandon) et Gabrielle Carteris (Andréa) à Las Vegas pour un événement de fans organisé pour les 30 ans de la série. "Je ne peux pas croire qu'on soit tous là", glisse cette dernière. Le silence s'installe, tous - et nous inclus - ayant une pensée pour Luke Perry, décédé en mars des suites d'un AVC à l'âge de 52 ans. L'inoubliable Dylan est évoqué un peu plus loin. Au moment de trinquer à sa mémoire, Tori Spelling rappelle qu'"on ne sera pas toujours là". "Mais on a fait quelque chose qui le sera", dit-elle en parlant de leur série qui a aidé à grandir toute une génération. 

Une dernière scène hommage à Luke Perry

C'est d'ailleurs par des images de la série d'origine que se clôt l'épisode, alors que Tori Spelling a l'idée de faire un reboot de "Beverly Hills". Une scène dans laquelle Jason Priestley donne la réplique à Luke Perry. Quelques mots s'affichent à l'écran, "A notre ami Luke Perry, 1966-2019". Le moment pour nous de verser une dernière larme. On en oublierait presque Shannen Doherty, qui a rejoint le projet après le décès de son amoureux de fiction. Ses petits camarades ne semblent pas pressés de la revoir. Et aucun d'eux n'a eu de contact avec elle depuis des années."Bonne nouvelle, elle ne sera pas là", s'amuse Tori Spelling. Mais Brenda réussit à s'incruster à la rencontre avec les fans par la magie d'Internet avant de s'envoler, en toute fin d'épisode, pour Los Angeles.

Shannen Doherty semble bien partie pour endosser à nouveau l'image de diva qu'on lui colle sur le dos depuis ses débuts. Et si le trait et l'autodérision sont aussi forcés que pour Tori Spelling, on n'a qu'une hâte : découvrir la suite.  

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