Banalisation du viol conjugal : le CSA reçoit 650 plaintes de téléspectateurs après TPMP

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CULTURE DU VIOL- 650 personnes ont déposé une saisine auprès du CSA ce samedi 27 octobre après la diffusion d'une séquence extrait de l’émission Touche pas à mon poste, dans lequel plusieurs chroniqueurs minimisent le viol conjugal.

Les réactions ne faiblissent pas après la diffusion dans l'émission Touche pas à mon poste d’une séquence qui banalisait le viol conjugal. Vendredi, nous révélions que le CSA avait reçu une quarantaine de saisines; Ce chiffre, 24 heures après, a été multiplié par quinze. Selon l’AFP, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel assure désormais avoir reçu 650 saisines. 

"Ce que vous décrivez est un viol"

Les images avaient été largement partagées sur les réseaux sociaux.  Un débat télévisé sur C8 faisait suite à un sondage particulièrement surprenant de Fun Radio. Dans un Tweet, désormais supprimé, la radio donnait ainsi l’exemple hypothétique d’une jeune fille nommée Charlotte, disant qu’elle "ne supporte pas que son mec lui fasse l’amour la nuit quand elle dort." Et de demander, dans une consultation ouverte : "Vous trouvez cela normal ?" 


Normal n’étant pas le mot à utiliser, puisque le comportement du jeune homme est tout simplement illégal. Jeudi, Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat à l'égalité entre les femmes et les hommes, a vivement dénoncé la teneur de ce sondage : "Ce que vous décrivez est un viol." En rappelant la définition juridique de ce terme: "Pénétration obtenue sous la menace la contrainte ou la surprise". 

Jeudi, la radio lui a répondu, sans toutefois s’excuser. "Madame La Ministre : c’est ce que nous avons fait sur l’antenne et sur nos réseaux sociaux". Mettant en capture d’écran l’une de ses réponses à un internaute : "Le consentement est nécessaire, même dans une relation amoureuse ! D’autant plus que lorsque la personne dort, et n’est pas en mesure de dire NON."

Une consultation supprimée, car accusée de banaliser le viol conjugal, tout comme les images de l’émission de C8. Par ailleurs, les deux chroniqueuses qui s’étaient offusquées du Tweet de la ministre définissant la situation comme un "viol" se sont excusées. Sur les réseaux sociaux, Géraldine Maillet a décrit des "propos sans doute trop expéditifs". De son côté, Delphine  Wespiser a regretté des paroles "mal perçues". Toutes deux concluant leur message indiquant qu’elle n’avait aucune volonté de banaliser le viol conjugal. Une clarification d'autant plus importante que 80% des viols sont commis par des "proches" de la victime.

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