"Buffy contre les vampires" : on a parlé #MeToo, anecdotes de tournage et reboot avec Tara, Spike et Giles

Médias

FLASHBACK - Seize ans après la diffusion du dernier épisode, la série culte créée par Joss Whedon compte une armée de fans toujours aussi fournie. Bon nombre d'entre eux étaient ce week-end au Paris Manga & Sci-Fi Show pour rencontrer Amber Benson (Tara), James Marsters (Spike) et Anthony Head (Giles). L'occasion pour LCI de s'entretenir avec les trois héros du show.

Le réveil n'a même pas eu besoin d'être programmé. L'excitation d'échanger avec trois héros cultes des années 1990 a fait le travail. C'est dans un hall de Porte de Versailles, où les amateurs de pop culture, manga et K-Pop avaient rendez-vous pendant deux jours pour le Paris Manga & Sci Fi Show, que nous avons retrouvé Amber Benson, James Marsters et Anthony Head, samedi 16 février au matin. Les traits ont quelque peu vieilli mais leur amour pour "Buffy contre les vampires", la série qui les a rendu célèbres, n'est pas retombé. Les interprètes de Tara, du vampire Spike et du bibliothécaire/observateur de Tueuse Giles ont débuté leurs interviews par LCI. Et c'est peu dire qu'ils étaient bien réveillés.

Entre éclats de rires et câlins, les trois acteurs aujourd'hui âgés de 42 ans, 56 ans et 64 ans ont partagé quelques-uns de leurs temps forts sur le tournage. Présent depuis le début de l'aventure en 1996, Anthony Head se souvient ainsi de l'épisode 0. Mis sur pied avec un budget très limité. "On n'avait pas l'argent pour faire un épisode entier donc on a fait une présentation d'une trentaine de minutes", raconte-t-il.

Au moment d'enfiler son indispensable veste en tweed le deuxième jour, il s'approche de la salle de montage pour entendre la prise de la veille. Et c'est le drame. "J'étais consterné. C'était si mauvais, vraiment horrible. Alors j'ai tout changé au moment de débuter ma grande scène dans la bibliothèque", glisse-t-il, faisant rire ses camarades. James Marsters confesse de son côté avoir été "tellement nerveux" pour ses débuts qu'il a "plagié Rutger Hauer dans 'Blade Runner'" lors de sa première scène, dans laquelle il se montre menaçant avec un sbire beaucoup plus grand que lui. 

Un soir, James a ramené sa guitare, Amber s'est mise à chanter et Joss a réalisé qu'il avait des chanteurs fantastiques. Et c'est comme ça que ça commencé- Anthony Head sur la genèse de "Que le spectacle commence !", l'épisode musical de "Buffy"

Amber Benson se souvient elle d'un instant hors caméra lors du tournage d'"Un Silence de mort" (saison 4), sans aucun doute l'un des meilleurs épisodes jamais tournés dans l'histoire de la télévision. Des démons baptisés Gentlemen sèment la panique dans un Sunnydale soudain dépourvu de la moindre parole. "Je suis arrivée à l'heure du déjeuner et ils étaient là, c'était très perturbant. Je me suis dit 'je dois manger avec vous, maquillés comme ça ? Non non, je vais plutôt aller m'asseoir là-bas'", relate-t-elle. A l'épisode sans voix répond celui aux airs de comédie musicale, "Que le spectacle commence" (saison 6). Un tour de force pour la plupart des comédiens. Mais pas pour James Marsters et Anthony Head, également musiciens. 

"Joss Whedon, le créateur de la série, organisait des lectures de Shakespeare le week-end qui finissaient par quelques verres de tequila et autres. Il restait près de son piano. On avait déjà parlé de faire un épisode musical mais sans rien lancer. Puis un soir, James a ramené sa guitare, Amber s'est mise à chanter et Joss a réalisé qu'il avait des chanteurs fantastiques. Et c'est comme ça que ça commencé", nous explique Anthony Head. Amber Benson se rappelle qu'eux trois étaient "à fond", d'autres comme Alyson Hannigan (Willow) un peu moins. "Elle n'aime pas chanter mais elle a assuré comme une championne (...). Ça demande du cran !", souligne-t-elle à propos de ce qui restera "probablement son épisode préféré".

On était au milieu des années 1990, c'était déjà #MeToo. Joss parlait du fait que les filles étaient le centre du monde, ce qui est vrai- Anthony Head

"La première scène qu'on a tournée, c'était la danse d'Alex. Joss nous l'a montrée pour prouver que ça fonctionnait et qu'on n'avait donc pas besoin d'être aussi nerveux. Puis on s'est rapidement pris pour des stars de Broadway jusqu'à ce qu'une vraie star de Broadway arrive sur le plateau", s'amuse James Marsters. Hinton Battle, qui jouait le démon, n'a eu besoin que de deux prises. "Et j'ai à nouveau été nerveux", poursuit-il, toujours dans un éclat de rires. La nervosité disparaît quand il s'agit d'évoquer le reboot en cours de développement. Tous les trois sont ravis de voir leur super-héroïne revenir à la vie avec une actrice afro-américaine dans le rôle-titre.

Lire aussi

Aux manettes de cette nouvelle version ? Le créateur original Joss Whedon et Monica Owusu-Breen, une scénariste fan de la première heure de Buffy. "Giles le dit au début de chaque épisode : 'A chaque génération, sa Tueuse'. Il y a une nouvelle génération et quand je regarde mon pays, nous avons beaucoup de démons que nous devons chasser et poignarder en plein cœur. Je pense que nous avons besoin d'une nouvelle Tueuse pour faire ça", estime James Marsters.

L'occasion pour la série de traiter de thématiques sur lesquelles elle a été avant-gardiste. A son lancement, "Buffy contre les vampires" étaient l'une des rares à adopter un point de vue féminin. "On était au milieu des années 1990, c'était déjà #MeToo, insiste Anthony Head. Joss parlait du fait que les filles étaient le centre du monde, ce qui est vrai. Les garçons sont doucement mais sûrement en train de le réaliser. Ou en tout cas, on leur apprend".

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter