"C’était du sexe avec un enfant" : le réalisateur de "Leaving Neverland" n'a aucun doute sur la culpabilité de Michael Jackson

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MISE AU POINT – Dans sa première interview accordée à la télé américaine, le réalisateur britannique Dan Reed a défendu mardi sa démarche, à l’approche de la diffusion de "Leaving Neverland". Un documentaire choc dans lequel deux hommes relatent les abus sexuels dont ils ont été victimes de la part de Michael Jackson lorsqu’ils étaient enfants.

Pour lui, il y aura  "un avant et un après" Leaving Neverland. A quelques jours de la diffusion du documentaire qui donne la parole à deux victimes présumées de Michael Jackson, le réalisateur britannique Dan Reed s’est exprimé pour la première fois à la télévision américaine, ce mardi dans l’émission "CBS This Morning". 


Avant même sa présentation en avant-première au Festival de Sundance, en janvier dernier, "Leaving Neverland" a été condamné par l'entourage du chanteur, qui dénonce une enquête à charge, basée sur le témoignage de deux hommes, Wade Robson et Ryan Safeshuck, qui ont longtemps pris la défense du King of Pop. Et qui tous les deux racontent aujourd’hui les abus sexuels dont ils auraient victimes dans le ranch de la star lorsqu’ils étaient petits garçons, dans les années 1980.

Wade et James étaient tous les deux amoureux de Michael. Et même lorsque les activités sexuelles ont cessé ils ont continué à l’aimerLe réalisateur Dan Reed

"Ce que les gens ont du mal à comprendre, et que j’avais du mal à comprendre en faisant ce film, ce qui m’a choqué, c’est l’attachement profond qui s’est formé entre l’agresseur et les victimes et qui est propre à ce type d’activité pédophile", a expliqué Dan Reed. "Wade et James étaient tous les deux amoureux de Michael. Et même lorsque les activités sexuelles ont cessé ils ont continué à l’aimer."


Dan Reed, 55 ans, a longuement défendu ses méthodes de travail, lui qui a été primé par le passé pour un documentaire sur un sujet similaire, "The Paedophile Hunter", diffusé en 2014 sur Chanel 4. "Je n’avais certainement pas envie de salir ma réputation avec une histoire qui ne serait pas basée sur des faits solides et qui serait fausse", a-t-il expliqué. "Pendant deux ans, j’ai cherché tout ce qui pourrait mettre en doute ou minimiser l’histoire de James et de Ryan. Et je n’ai rien trouvé."

Le réalisateur assume totalement le fait de ne pas avoir interrogé les proches de Michael Jackson. "Qu’est-ce que la famille sait des abus sexuels qui ont eu lieu ? Vous pensez vraiment qu’ils sont au courant ? Nous savons que la famille et les avocats ont toujours nié les agressions de son vivant ", a-t-il rappelé. "Ces points de vue sont fortement représentés dans le film. Ils ont beaucoup de temps à l’écran, certaines personnes émettant des doutes sur le changement de discours de Wade."

Je voulais que les gens comprennent que ce n’était pas des bisous ou des câlins débordant d’enthousiasme, c’était du sexeDan Reed

Quid de l’absence de témoins ? "C’est souvent le cas avec les affaires de pédophilie", a expliqué le réalisateur. "Il s’agit de deux personnes dans la même pièce et souvent les victimes n’en parlent que des années après que les abus ont eu lieu. J’ai étudié avec attention les accusations portées contre Michael en 1993 et en 2005. J’ai lu les déclarations des témoins, j’ai parlé à de nombreux enquêteurs et je n’ai rien trouvé qui mette en doute les récits de Wade et James."

Pour Dan Reed, l'abondance de détails sordides était nécessaire parce que Michael Jackson "s’en est tiré pendant des années avec cette image qui voulait qu’il soit lui aussi un enfant, très affectueux avec les gamins. Je voulais que les gens comprennent que ce n’était pas des bisous ou des câlins débordant d’enthousiasme, c’était du sexe. Le genre de sexe que les adultes ont entre eux mais que lui avait avec un petit enfant."


Aux Etats-Unis, "Leaving Neverland" sera diffusé en deux parties, les 3 et 4 mars sur HBO. En France, c’est M6 qui en acheté les droits et qui le diffusera en première partie de soirée le 21 mars dans le cadre de son nouveau magazine, "Contre-Enquête". Pour l’occasion la chaîne a choisi de rebaptiser le documentaire avec un titre sans ambiguïté : "Michael Jackson : la parole des victimes". 

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