César : des affiches anti-Polanski installées par des associations féministes autour de la salle Pleyel

César : des affiches anti-Polanski installées par des associations féministes autour de la salle Pleyel
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POLÉMIQUE - À J-2 de la cérémonie des César 2020, des associations féministes continuent à protester contre la nomination à douze reprises de Roman Polanski et son film "J’accuse". Le réalisateur n’a pas sa place parmi les nominés, selon les militantes, qui demandent l’annulation de cette 45e édition.

Les tensions autour de la 45e cérémonie des César sont toujours vives alors qu’approche la cérémonie, qui aura lieu vendredi 28 février. Dans la nuit de mardi à mercredi, puis de nouveau mercredi soir, des militantes féministes se sont réunies devant la salle Pleyel à Paris, où se tiennent les répétitions, pour dénoncer les multiples nominations de Roman Polanski. Rassemblées également devant le siège de l’Académie des César, elles réclamaient l’annulation de la cérémonie.

Plusieurs affiches ont été collées sur les murs : "Violanski : voulez-vous vraiment vivre dans un monde où un pédocriminel est nominé 12 fois aux César ?", mais aussi "Violanski les César de la honte", sont quelques-uns des messages du groupe Collages Féminicides, qui recouvre depuis plusieurs mois les murs de Paris et d'autres villes françaises pour dénoncer les violences contre les femmes.

"Public complice - cinémas complices", accuse un autre de ces collages, dont des photos ont été publiées sur les réseaux sociaux. 

La grand-messe annuelle du cinéma français promet de se tenir sous tension. Des associations féministes ont notamment appelé à manifester contre les douze nominations du film de Roman Polanski "J'accuse", en tête des nominations avec "Les Misérables" de Lad Ly (12 aussi, en comptant celle pour le prix du public).

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Nouvelle accusation de viol en novembre

Tout comme une partie de l'opinion publique, elles n'acceptent plus que le cinéaste franco-polonais reçoive des honneurs, alors qu'il est visé depuis novembre par une nouvelle accusation de viol et toujours poursuivi par la justice américaine dans le cadre d'une procédure pour détournement de mineure lancée en 1977. "En 2020, ce n'est pas acceptable de protéger des pédocriminels avec des excuses comme 'l'art vaut plus que tout'", a expliqué à l'AFP Camille Lextray, du mouvement Collages Féminicides.

Leurs messages, qui s'affichent depuis des mois visent notamment Roman Polanski depuis la sortie de "J'accuse" en novembre et l'annonce fin janvier de ses 12 nominations aux César. "Cette séparation de l'homme et de l'artiste, cette hypocrisie de l'Académie des César aussi, qui avait exclu Polanski (comme président de la cérémonie en 2017, ndlr) pour au final deux ans après le couvrir de nominations, c'est extrêmement dérangeant", a-t-elle poursuivi. "On nous donne des simulacres d'évolution et d'amélioration. Dans les faits, il n'y a rien qui change." 

"Nous exigeons que la cérémonie soit annulée, parce qu'il y a une remise en cause profonde de l'Académie des César qui doit avoir lieu", a-t-elle encore dit.

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L’annonce des 12 nominations de Polanski et de son film ont provoqué un vif débat. La secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes en personne a réagi, déclarant qu’elle serait "indignée de voir une salle applaudir une personne accusée de viol". A l’inverse de Marlène Schiappa, d’autres personnalités prennent la défense du réalisateur, comme le producteur et ex-agents de stars Dominique Besnehard, pour qui toute la controverse "dépasse l’entendement".

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