Régisseurs, artisans, attachés de presse... les indépendants de la culture craignent d'être les oubliés de la crise

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S.O.S. - Si les mesures prises par Emmanuel Macron face aux treize créateurs sélectionnés par l'Elysée sont rassurantes pour les intermittents du spectacle, les travailleurs indépendants de la culture, qui ne rentrent pas dans les cases, se sentent totalement oubliés. Face à la crise et à ses conséquences délétères, ils tirent la sonnette d'alarme.

Ils sont tous à l'arrêt depuis la mi-mars en raison de l'épidémie de Covid-19 et ont le sentiment d'avoir été exclus des mesures prises par Emmanuel Macron pour soutenir le secteur culturel. Ce sont les travailleurs indépendants de la culture, les petites mains, les artisans qualifiés qui soutiennent, accompagnent, gèrent les spectacles vivants, les événements, les divertissements, les festivals.

Chiffrés à 1,3 million de personnes, ces "travailleurs de l'ombre" regroupent, entre autres, des régisseurs, directeurs de production, décorateurs, habilleurs et maquilleurs. Or, comme le précise un communiqué du collectif "Les Artisans du spectacle" envoyé à l'AFP, "seuls 270.000 d'entre nous ont droit au régime de l'intermittence" rappelant également que 25% du chiffre d’affaires des entreprises du secteur culturel est réalisé par des TPE (très petites entreprises). Pour ledit collectif, les annonces du président Emmanuel Macron mercredi dernier, notamment "l'année blanche" en faveur des intermittents, "vont dans le bon sens" mais il regrette qu'elles ne concernent pas "toute la profession". 

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Pas de chômage partiel, pas de dispositif imaginé

Parmi ces "métiers de l'ombre" qui ne rentrent pas dans les cases et qui ne sont pas éligibles à ce régime d’indemnisation, se trouvent les attaché(e)s de presse indépendants qui n'ont pas droit au chômage partiel et pour qui aucun dispositif n’a été imaginé. 

Depuis le 16 mars, plus aucune sortie de film en salles et ce pour une durée indéterminée, pas de Festival de Cannes, cette grand-messe du cinéma qui aurait dû commencer ce mardi 12 mai... Alors que les semaines passent et que le secteur se révèle en berne, les attaché(e)s de presse cinéma ne masquent pas leur désarroi. "Nous sommes dans les trous de la raquette" explique l'attachée de presse cinéma Marie Queysanne, dans un article pour Francetvinfo affirmant depuis le début du confinement toucher "zéro euro". 

Face à l'absence de soutien comme de réponse satisfaisante, les attaché(e)s de presse cinéma ont réagi collectivement en fondant le C.L.A.P., première association d’Attaché(e)s de Presse indépendants de cinéma. Ils restent aux aguets d'une réponse concrète, d'une aide spécifique de la part du CNC (Centre National Cinématographique), pour l'heure trop évasif face à cette situation pour le moins préoccupante. De même, dans le domaine de la musique, une lettre adressée au président du Centre National de La Musique (CNM) a été rédigée par des attaché(e)s de presse. 

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De manière générale, ces travailleurs indépendants de la culture demandent notamment "une aide pour les travailleurs non-salariés" qui "serait indexée et plafonnée sur un principe similaire à l'activité partielle" et jusqu'à août 2021, une "exonération totale des charges sociales patronales" et celles des dirigeants salariés et non-salariés jusqu'en 2021.

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