Crise à France Télévisions : "Complément d'enquête" et "Envoyé Spécial" seront finalement préservés

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RIGUEUR - Après une fronde menée par la rédaction et les nombreux témoignages de soutien de la profession, la direction de l'information de France Télévisions est finalement revenu sur sa décision de réduire drastiquement les effectifs. Le sort des deux magazines d'investigation phares de l'audiovisuel public était incertain depuis plusieurs semaines.

La mobilisation aura fini par payer. La direction de l'information de France Télévisions a finalement annoncé ce mardi que le rythme de diffusion de Complément d'enquête et d'Envoyé Spécial serait maintenu. Ces deux émissions phares du service public étaient menacés depuis plusieurs semaines à cause des restrictions budgétaires imposées par le groupe. Le gouvernement a décidé fin septembre de réduire de 50 millions d'euros le budget du groupe l'an prochain.

La direction du groupe avait envisagé de produire moins de numéros des deux émissions, actuellement diffusés sur France 2 trois jeudis par mois. Cette diminution du rythme de production se serait accompagnée de la suppression d'environ 30 équivalents temps plein (ETP).

Dans un contexte budgétaire très difficile pour le groupe, la direction visait initialement la suppression de 66 ETP. Finalement, d'après Yannick Letranchant, le directeur exécutif en charge de l'information, "les effectifs devront être réduits au global de 30 ETP au cours de l'année". En ce qui concerne les deux magazines du jeudi, leur rythme sera bien maintenu à trois jeudis par mois, mais il devrait chacun se séparer de 3 ETP, soit 6 postes en tout sur la trentaine actuellement. Le groupe compte actuellement 1.340 effectifs.

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L'entreprise, qui réaffirme que "l'information est la première priorité du service public" assure  qu'elle préservera en 2018 " son offre, son indépendance et sa qualité". Les autres suppressions de postes concernent les JT de 13h et de 20h ainsi que le 13h15 et le 19h00 de Laurent Delahousse.

Vers une motion de défiance pour Delphine Ernotte

L'annonce initiale de ces suppressions avaient suscité une forte émotion auprès de la profession. De nombreux journalistes d'autres rédactions avaient témoigné leur soutien à ces deux émissions historiques, avec le mot-clef "Touche pas à mon info" partagé sur les réseaux sociaux.

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La Société des journalistes (SDJ) de France 2 a qualifié ce rétropédalage de sa direction de "pas en avant" mais la tension au sein des rédactions ne semble pas être retombée. La SDJ a notamment assuré que le principe du vote d'une motion de défiance contre la présidente Delphine Ernotte, prévu la semaine prochaine, était maintenu.

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