Deux ans après les attentats, "Charlie Hebdo" veut voir le bout du tunnel malgré les menaces

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SATIRIQUE FOREVER – Devenu malgré lui un symbole, depuis les attentats qui ont endeuillé sa rédaction il y a deux ans, Charlie Hebdo a vu ses ventes augmenter considérablement. L’hebdomadaire satirique, qui sort un numéro spécial, continue à défendre le droit de rire de tout, en dépit des attaques en justice et des menaces de mort.

Jeudi 6 janvier, deux ans jour pour jour après les attentats qui ont coûté la vie de douze personnes, Charlie Hebdo sort un numéro spécial. En Une, un dessin signé Foolz, où un personnage regarde dans le canon d'un fusil tenu par un terroriste, titré "2017 : enfin le bout du tunnel". Si le dessin est plutôt raté, le sous-titre peut s’appliquer à l’esprit de l'hebdomadaire lui-même. 


Si les 260 000 abonnements souscrits après les attentats n'ont pas été renouvelés pour la plupart, le journal se vend bien davantage qu'avant 2015 : 50 000 exemplaires en kiosques et plus de 50 000 par abonnement chaque semaine, contre 30 000 auparavant, selon sa direction. Après une forte baisse, le nombre d'abonnements a remonté ces derniers mois.

"En 2017, il faut peut-être qu'on soit plus offensifs"

Ce ne sera pas du goût de tous, puisque Charlie Hebdo continue d'être régulièrement attaqué en justice, notamment par une association de défense des handicapés, ou par une ville italienne touchée par un séisme dont les victimes ont été dessinées en pâtes. Début décembre, le président russe Vladimir Poutine s'était demandé si "ces caricaturistes avaient besoin d'infliger une insulte aux représentants de l'islam". "Curieusement, on a l'impression que les gens sont devenus encore plus intolérants à l'égard de Charlie", constate Riss.

Depuis l'attentat, plusieurs membres de Charlie ont annoncé leur départ, en désaccord avec sa ligne ou pour raisons personnelles : le dessinateur Luz, l'urgentiste Patrick Pelloux ou la journaliste Zineb El Rhazoui. "Je m'interroge sur la faculté de Charlie Hebdo à continuer à porter le flambeau de l'irrévérence et de la liberté absolue", a déclaré cette dernière, favorable à un nouveau statut pour le journal, qui appartient à Riss et son directeur financier Eric Portheault. D'autres sont devenus des piliers du journal, comme les dessinateurs Juin, Félix et Foolz, auteur de la couverture de cette semaine.

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Charlie Hebdo : dépôt de gerbe et minute de silence devant la rédaction du journal satirique

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