Différent, vraiment ? On a regardé le premier journal du "Média"

Différent, vraiment ? On a regardé le premier journal du "Média"

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LEVER DE RIDEAU – "Le Média", créé par des proches de la France insoumise et se revendiquant de gauche, a proposé lundi soir son premier journal quotidien, diffusé en direct sur sa page YouTube. Trente minutes d'informations dans un décor flambant neuf mais qui manquaient parfois de contre-poids.

Rendez-vous était donné le lundi 15 janvier à 20h. L’heure des traditionnels JT. Ce n’est pas à la télévision mais sur YouTube que "Le Média" a diffusé, lundi, son premier journal quotidien. "C'est un mix des deux", du digital et de la "grande messe" historique du JT de 20h, "un rendez-vous quotidien de l'info où vous êtes tranquille : vous pouvez le regarder en famille, en train de manger", avait expliqué à l’AFP Sophia Chikirou, sa fondatrice, ancienne directrice de communication de Jean-Luc Mélenchon. 


Que s’est-il donc passé dans ce premier journal télévisé diffusé en direct de ce média créé par des proches de la France insoumise et se revendiquant de gauche ? Nous l'avons regardé, en nous penchant aussi bien sur la forme et le fond.

La forme

Le plateau a des faux airs de celui de feu "Le Supplément" de Canal +, avec ses tables et chaises hautes et un public au second plan. Visuellement, le journal du "Média" est aussi qualitatif que ceux diffusés sur les antennes des chaînes télévisés. A chaque rubrique son générique,  et entre chaque news, une petite musique venue rythmer une énumération d'informations face caméra avec cependant souvent trop peu d'images d'illustrations. Une réussite technique qui n'a souffert d'aucun souci de connexion de notre côté.

La présentation

Trois femmes sur un plateau, voilà qui est assez rare pour être souligné. Le journal est présenté par Aude Rossigneux, rédactrice en chef (passée par Le Parisien Magazine ou encore l'émission Mots Croisés), entourée pour cette première par Virginie Cresci et Catherine Kirpach. La voix est un peu tremblante, les mots butent parfois. Mais on mettra ça sur le compte du stress des débuts.

Le contenu

Des titres et plusieurs manières de traiter l'actualité s'enchaînent. On commence par "L'Actu". Consacrée aux "news", il s'agit d'un condensé de brèves, qui parle de la nouvelle plateforme de voeux pour les lycéens, de la condamnation du patron de Radio France Matthieu Gallet, de la candidature de Delphine Batho à la tête du PS ou encore des derniers attentats à Bagdad. On goûte à des piques par-ci par-là, contre cet "engagement du président qui est tombé à l'eau aujourd'hui" sur l'indépendance du parquet. "Il nous paraît utile de rappeler que les habitants des pays musulmans sont les premières victimes du terrorisme islamiste dans le monde", lance encore Aude Rossigneux.


Une partie plus magazine s'ouvre ensuite, avec un sujet sur les inégalités salariales en France dans lequel une longue partie est consacrée à la secrétaire générale adjointe de la CGT. La contradiction n'est apportée que par un mail très succinct des services de Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat à l'Egalité femmes-hommes.


La rubrique "Un pas de côté" est consacrée à l'Iran avec un décryptage d'un correspondant à Beyrouth sur la situation. "Droit de suite" évoque l'errance des exilés à la frontière italo-française avec, là encore, un seul intervenant (le directeur de la Ligue des droits de l'Homme locale) et pas de contre-poids (les gendarmes, dont le rôle est décrypté sans prise de parole de leur côté). Puis vient Bruno Gaccio, l'ancienne plume des Guignols, dont on n'a pas bien saisi la présence, si ce n'est pour détailler ce qu'il attendait du "Média". Une séquence finale encore une fois sans images d'illustration, venue rallonger encore un peu l'impression de longueur. 


Ce samedi, "Le Média" passera un nouveau test, après plusieurs autre JT : celui du documentaire, avec un reportage consacré à Calais.

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