En 2011, les scientifiques, dont le professeur Raoult, jugeaient le film "Contagion" plausible et tiraient déjà la sonnette d'alarme

Dans "Contagion", Jude Law joue le rôle d'un lanceur d'alerte.
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ANALYSE – Lors de la sortie du film catastrophe réalisé par Steven Soderbergh en 2011, de nombreux scientifiques avaient mis en garde le grand public et les gouvernements sur l'émergence d'un pandémie mortelle.

Depuis le début de l'épidémie du coronavirus, c'est le film auquel tout le monde pense. Réalisé par Steven Soderbergh en 2011, "Contagion" imaginait les dégâts provoqués par le Mev-1, un virus imaginaire dont les ressemblances avec le Covid-19 sont troublantes. On suit une femme d'affaires incarnée par Gwyneth Palthrow qui, de retour aux Etats-Unis après un voyage à Hong-Kong, tombe gravement malade avant de décéder brutalement. Rapidement de nombreux cas similaires se développent un peu partout dans le monde avec les même symptômes : toux, fièvre puis hémorragie cérébrale. Alors que les scientifiques se mobilisent pour tenter de trouver un remède, le monde sombre dans un chaos sans précédent.

S'appuyant sur les connaissances d'experts en épidémiologie, le scénariste du film Scott Burns déclarait à l'époque de la question n'était pas de savoir si une telle pandémie était probable mais quand elle aurait lieu. Lors de la sortie du film, les scientifiques saluaient d'ailleurs le réalisme de cette histoire. A commencer par le professeur Didier Raoult qui fait couler beaucoup d'encre aujourd'hui en affirmant avoir trouvé un remède au coronavirus. 

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Dans une tribune accordée au "Point" le 7 novembre 2011, l'infectiologue marseillais estimait que la lutte contre les épidémies était l'affaire de tous. "Si le film 'Contagion' (…)  pouvait faire réaliser que la lutte contre les épidémies est une affaire de société, où l'altruisme doit dominer l'égoïsme, nous pourrions retrouver les moyens de lutter contre les maladies contagieuses. Dans le cas contraire, nous assisterons, muets et désarmés, à la réemergence des maladies du XIXe siècle", expliquait-il. 

Françoise Weber, directrice de l'Institut français de veille sanitaire, expliquait de son côté dans "Le Monde" que le film était pédagogique. "La recherche du patient zéro, c'est-à-dire du tout premier cas, la quarantaine, l'impossibilité du confinement, les troubles sociaux, la gestion des morts, la désorganisation des services, des commerces, le recours à l'armée... C'est exactement ce qui se passerait en cas de pandémie", prédisait-elle. 

Pour l'épidémiologiste américain Ian Lipkin qui a travaillé comme conseiller scientifique auprès de Steven Soderbergh, le risque d'une telle épidémie était bel et bien réel. Dans une interview donnée au "New York Times" en 2011, il expliquait avoir accepté de participer à la fiction pour tirer la sonnette d'alarme auprès du grand public et des gouvernements. "Ces risques sont très réels - et augmentent considérablement. Plus des trois quarts de toutes les maladies infectieuses émergentes surviennent lorsque les microbes passent de la faune à l'homme. Notre vulnérabilité à ces maladies a été accrue par la croissance des voyages internationaux et la mondialisation de la production alimentaire", précisait-il tout en insistant sur la nécessité de disposer de services de santé et de structures de recherches en état de marche. "Il y a déjà eu des pandémies par le passé. Et il y en aura d'autres", concluait-il. Troublant. 

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