Espagne : une candidate de "Big Brother" accuse un participant de l'avoir violée sous l'œil des caméras

Carlota Prado, la candidate de "Grande Hermano".
Médias

ESPAGNE – Carlota Prado, une candidate de la version espagnole de "Big Brother" affirme avoir été abusée par un autre participant alors qu'elle était sous l'emprise de l'alcool et inconsciente. Une séquence filmée que la production aurait tenté de cacher à l'époque.

C'est une affaire qui fait grand bruit en Espagne. Carlota Prado, une ancienne candidate de "Grande Hermano", la version espagnole de "Big Brother" (l'équivalent de "Loft story") accuse l'un des participants de l'émission de l'avoir violée lors du tournage du programme il y a deux ans. 

La jeune femme, qui a saisi la justice, affirme avoir été abusée dans une chambre filmée alors qu'elle était sous l'emprise de l'alcool et inconsciente. A l'époque, les producteurs de l'émission de téléréalité diffusée par Telecinco (la chaîne la plus regardée dans le pays) avaient expulsé l'homme incriminé de l'émission et les images n'avaient jamais été diffusées, comme le rapporte l'AFP. 

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Bien qu'elle date de novembre 2017, l'affaire fait à nouveau les gros titres depuis la publication la semaine dernière d'un article du média en ligne espagnol "El Confidencial" qui rapporte que, le lendemain du viol présumé, Carlota avait été amenée à commenter une vidéo de la scène face à la caméra. 

Le journal a diffusé la vidéo tournée dans la pièce dite du "confessionnal" : on y voit la jeune femme devenir de plus en plus nerveuse alors qu'elle est interrogée à propos de ce qui s'est passé à son insu. En larmes, elle finit par implorer de cesser la diffusion des images. On entend par ailleurs la production lui demander de garder l'incident pour elle et de ne pas en parler avec les autres participants. 

Il y aurait dû y avoir à mon côté, une psychologue ou quelqu'un qui m'aide à faire face à ces images si dures. Ils ne m'ont jamais demandé si je voulais voir ça... j'aurais dit non- Carlota, la participante de "Grande Hermano"

"Il y aurait dû y avoir à mon côté, une psychologue ou quelqu'un qui m'aide à faire face à ces images si dures. Ils ne m'ont jamais demandé si je voulais voir ça... j'aurais dit non", souligne la jeune femme dans l'article. Endemol Shine Group, propriétaire de la société produisant l'émission, a indiqué qu'"avec le recul, nous regrettons que la conversation pendant laquelle Carlota a été informée ait eu lieu dans le confessionnal". Le groupe a cependant souligné n'avoir jamais cherché à diffuser la vidéo. 

Le propriétaire de Telecinco, Mediaset Espagne, contrôlé par la famille de l'ancien Premier ministre italien Silvio Berlusconi, s'est, lui, présenté dans un communiqué comme la victime d'une campagne de "dénigrement" de la part d'un groupe médiatique rival. Mediaset Espagne affirme qu'il restera "attentif aux résultats de l'enquête et à l'éclaircissement total des faits, dans le respect de l'intimité des personnes affectées", tout en faisant valoir qu'il n'est pas impliqué dans la procédure judiciaire.

Plusieurs marques boycottent le programme

En réaction à cette affaire, de grandes entreprises ont mis fin à leur parrainage publicitaire avec "Grande Hermano". Au moins 20 entreprises - dont Nestlé, Schweppes, Nissan, L'Oréal et la banque BBVA, l'une des dernières en date jeudi - ont annoncé depuis plusieurs jours sur Twitter avoir retiré leurs publicités de l'émission de téléréalité diffusée par Telecinco. 

Ricardo Cirujano, porte-parole de Carretilla (leader sur le marché des plats préparés et asperges en conserve en Espagne) a expliqué à l’AFP avoir cessé son parrainage de l'émission parce que l'entreprise "ne partage pas ses valeurs".

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