Bilal Hassani se qualifie facilement pour la finale de "Destination Eurovision", n'en déplaise aux trolls qui le harcèlent

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ZOOM - Bilal Hassani s'est qualifié haut la main lors de la première demi-finale de "Destination Eurovision" en terminant premier samedi soir. Bilal, 19 ans, ancien candidat de The Voice Kids, fait déjà figure de grandissime favori pour représenter la France à l'Eurovision. N’en déplaise à certains…

Son nom vous dit quelque chose ? Normal. En 2015, Bilal Hassani, alors âgé de 15 ans, participait à la saison de 2 de "The Voice Kids" sur TF1. Durant les auditions à l’aveugle, il avait interprété "Rise Like a Phoenix", le tube de Conchita Wurst, le lauréat autrichien de l’Eurovision quelques mois plus tôt. Le voir candidater cinq ans plus tard au célèbre concours, qui se déroulera du 14 au 19 mai prochain à Tel-Aviv, en Israël, est donc tout sauf une surprise…


Dans l’intervalle, ce jeune Parisien d’origine marocaine n’a pas arrêté de chanter, au contraire. Après son élimination durant l’épreuve des battles face au futur vainqueur de "The Voice Kids", Lenni-Kim, Bilal a tenté sa chance dans l’émission britannique "X-Factor", qui a révélé notamment le boysband One Direction. Il quittera l'aventure prématurément, déplorant l'atmosphère délétère du programme. 

Pas découragé, Bilal Hassani soigne son style et affine son storytelling. Sur sa chaîne Youtube il élargit le cercle de ses fans en publiant des reprises inspirées de ses chansons préférées, de "Shape of You" de Ed Sheeran à "Djadja" de Aya Nakamura. Mais aussi en publiant des vidéos où il adresse des sujets plus personnels...

Le phénomène prend une dimension nouvelle le 23 juin dernier lorsqu’il révèle son homosexualité, à la veille de la Gay Pride de Paris. Un coming-out dans la continuité du clip du titre "Shadows" dans lequel il arborait une longue crinière blonde. Le chanteur s’assume. Et ça dérange certains. 

En novembre dernier, la multiplication des insultes homophobes et des menaces de morts à son encontre pousse les députés Raphaël Gérard (LREM) Gabriel Serville (NG) à écrire à la direction de Twitter pour l’inciter à faire le ménage sur le réseau. Visiblement sans résultat...

Le chanteur lui-même prend la parole dans une mise au point postée sur Youtube, le 13 novembre. "Des gens sont tellement énervés contre moi, juste à cause de mon existence", raconte-il, dénonçant "les trolls qui attisent la haine juste pour le plaisir sur Twitter", avant de lire une série de messages d’une violence invraisemblable sans se démonter.

Cette résilience face à la haine 2.0 est au cœur de "Roi", le morceau que le chanteur a décidé de présenter à Destination Eurovision, sur France 2 le télécrochet qui permettra de désigner le représentant tricolore au concours.  Il a été composé par Emilie Satt et Jean-Karl Lucas, alias "Madame Monsieur", le duo qui a porté les couleurs de la France à la 13e place avec "Mercy" l’an dernier. Mis en vente vendredi dernier, est grimpé jusqu’à la 2e place du top single sur iTunes, derrière l’increvable "Shallow" de Lady Gaga et Bradley Cooper.

Pour les besoins du clip, mis en ligne le 4 janvier, Bilal a compilé de nombreuses images de son enfance, en famille, la chanteuse Aya Nakamura lui témoignant son soutien dans un court extrait d’interview. Mais ce sont bien évidemment les paroles qui interpellent, un véritable appel à la tolérance - en français et en anglais - qui n’est pas sans rappeler celui de Conchita Wurst, son modèle. Et qui, sans surprise, lui a valu un nouveau déferlement de commentaires haineux sur le Net.

Ce samedi sur France 2, Bilal Hassani a participé à la première demi-finale, face à de nouveaux talents comme Aysat, lautner et Silvan Areg. Mais aussi des visages que les téléspectateurs connaissent bien à l’image de Chimène Badi mais aussi de la Corse Battista Acquaviva, candidate de "The Voice", en 2015.


Lors de cette première demi-finale, Bilal Hassani s'est qualifié facilement avec son titre "Roi" en se classant à la première place devant Chimène Badi, Silvàn Areg et Aysat.

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