"Gossip Girl" va faire peau neuve avec une série dérivée, et on se demande bien pourquoi

Médias
COUP DE GUEULE - Les riches lycéens de l'Upper East Side s'offrent une seconde jeunesse à la télévision avec un nouveau casting et dix nouveaux épisodes à venir en 2020 sur la plateforme HBO Max aux Etats-Unis. S'il ne s'agit pas d'un reboot à proprement parler, ce sera "une extension" du programme original, dont on ne voit pas trop l'intérêt.

Les étés se suivent et se ressemblent. L'an dernier, on s'offusquait du manque d'imagination des scénaristes américains qui n'avaient qu'un mot à la bouche : reboot. Soit faire renaître de ses cendres un ancien programme pour surfer sur son succès d'antan. On sait bien que c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures confitures, mais cette tendance à cesser de faire travailler son imagination pour exhumer du passé des séries disparues des écrans depuis des années manque cruellement d'intérêt.


Mais alors quand la série d'origine est terminée depuis moins de dix ans, c'est le pompon. Après "Buffy", "Charmed" et "Magnum", c'est au tour de "Gossip Girl" de reprendre du service. Les médias spécialisés américains rapportent mercredi 17 juillet qu'une nouvelle série narrant la vie de la jeunesse dorée de Manhattan va voir le jour en 2020 sur la plateforme de streaming HBO Max.

Tous ont parlé de "reboot" mais, précision du créateur de la série originale Josh Schwartz, ce GG 2.0 n'en sera pas un. "Il n'y a qu'une seule Serena", a-t-il affirmé sur Twitter. Au Hollywood Reporter, Joshua Safran, auteur et producteur exécutif de cette nouvelle version de dix épisodes, explique qu'il s'agira d'une "extension" des aventures de Blair Waldorf and co et se déroulera huit ans après le dernier épisode, diffusé en 2012. La série traitera aussi de la manière dont les réseaux sociaux et le paysage new-yorkais ont changé ces dernières années. "Aucun de nous n'était intéressé dans le fait de simplement refaire la même histoire", a martelé Safran. De quoi nous rassurer ? Pas franchement. 

Silence sur un éventuel retour des acteurs d'origine

Parce que la révélation finale de l'identité de Gossip Girl, cette vipère numérique qui traquait en ligne les moindres faits et gestes des ados les plus prisées de l'Upper East Side, avait quelque peu déçu. Parce que même si les producteurs refusent pour l'instant de confirmer la présence des acteurs du cast d'origine, la tentation serait trop forte de ne pas les rappeler pour surfer sur cette vague de nostalgie qui envahit l'industrie du divertissement. Mais a-t-on vraiment envie de découvrir Chuck Bass (Ed Westwick) empâté dans sa vie de couple avec Blair Waldorf (Leighton Meester) ou apprendre que Serena Van Der Woodsen (Blake Lively) et Penn Badgley (Dan Humphrey), qui se mariaient dans l'épisode final, ne sont plus ensemble ?

La boucle a été bouclée, et on ne voit pas bien pourquoi la rouvrir, même si la dernière séquence laissait déjà entrevoir cette possibilité d'une série dérivée. Le monde dans lequel nous vivons a certes changé, mais le public aussi. Replonger dans l'univers adolescent d'une élite inaccessible pour bon nombre des téléspectateurs semble une prise de risques bien minime. On lui préférera des projets tranchants comme l'incandescente "Euphoria" (HBO et OCS en France), inspirée d'une série israélienne du même nom, qui a su trouver un format de narration innovant et une mise en scène singulière pour parler des difficultés des jeunes adultes, les vraies.

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