Harcèlement sexuel : après un licenciement et deux mises à pied, Franceinfo poursuit son enquête interne

Harcèlement sexuel : après un licenciement et deux mises à pied, Franceinfo poursuit son enquête interne

HARCÈLEMENT - Un journaliste du site France Info a été licencié pour comportements inappropriés envers 2 femmes. Deux membres de la hiérarchie du site ont été mis à pied. Mais après la révélation de nouveaux éléments par Libération vendredi, la direction a annoncé vouloir relancer une enquête interne. La SDJ du site d'information a exprimé ce samedi son soutien aux victimes.

"J’ai demandé à ce que l’enquête soit reprise et poursuivie." Dans un communiqué, la direction de l'information de France Télévisions a expliqué vendredi 5 avril qu'elle comptait reprendre les investigations sur des cas d’harcèlements sexuels mis au jour au sein du site France Info. Car si une première enquête interne, qui a duré près de six semaines, avait abouti à la sanction de trois collaborateurs, de nouvelles révélations, publiées dans la presse ce vendredi, soulèvent de nouvelles questions.

Il aura fallu deux mois d’enquête interne et près de vingt témoignages pour que des sanctions soient prises à l'égard de trois journalistes du groupe public. L’un d’eux a été licencié mardi pour "comportements inappropriés" envers deux femmes. Parallèlement, deux responsables ont été mis à pied pour des "manquements dans la réaction hiérarchique". Selon Le Monde, le journaliste licencié s'est vu reprocher d'avoir tenté d'embrasser deux stagiaires en février dernier. 

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Alors qu’éclatait le scandale de "La ligue du LOL", il aurait lui-même prévenu la direction. Celle-ci a alors diligenté une enquête interne pour faire la lumière sur des "rumeurs concernant des comportements inappropriés dans la rédaction".

"Tout le monde a fait l'autruche"

"Nous avons immédiatement mené une enquête et lancé une procédure", a souligné jeudi une porte-parole de la direction à l’AFP, ajoutant que France Télévisions, groupe auquel appartient le site, est "engagée dans une politique d'exemplarité et de zéro tolérance envers le harcèlement au sein de l'entreprise".

Sauf que dès le lendemain, de nouveaux éléments sont publiés.  Ainsi, Libération décrit ce vendredi, à coups de nombreux témoignages  que les "manquements dans la réaction hiérarchique" s'apparenteraient plutôt à des cas de harcèlement sexuel. Et surtout envers les plus précaires : des stagiaires et des étudiantes en alternance. 

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Les deux journalistes qui ont enquêté dépeignent une ambiance "sexiste" une ambiance de "boy's club". Un tableau qui se retrouve également dans un article de L’Express qui décrit des faits datant pour certains de 2016.

Ces témoignages en ont déclenché d'autres sur les réseaux sociaux :  ce vendredi soir, une femme s’est ainsi offusqué de la communication du groupe public. Elle dit avoir été en alternance dans la rédaction et avoir souffert de l’impunité vis-à-vis de ses harceleurs présumés. "Le pire, c'était pas le harcèlement, le pire, c'est que tout le monde a fait l'autruche", écrit-t-elle sur Twitter. Elle indique elle aussi que ses avertissements sont restés "sans réponse".

"Le journal Libération apporte ce soir des éléments qui n’ont pas été portés à notre connaissance", a réagi vendredi la direction de France Télévisions qui rappelle qu'elle "est engagée dans une politique d’exemplarité et de zéro tolérance envers le harcèlement." Dans ce communiqué , Yannick Letranchant, directeur exécutif de l'Information à France Télévisions, demande ainsi à "ce que l’enquête soit reprise et poursuivie". 

La société des journalistes de Franceinfo.fr a publié un communiqué ce samedi dans lequel elle exprime son soutien aux victimes et "condamne ces faits sans réserve."  Les faits relatés par Libération et l'Express "ont meurtri l'ensemble de la rédaction qui ne se reconnaît pas dans le "boy's club" décrit dans la presse (...) Nous comptons sur un suivi à la hauteur de la gravité des faits."

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