Hugo, Picasso, Piaf, Disney... Comment ils ont immortalisé Notre-Dame de Paris

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Incendie à Notre-Dame : un symbole de Paris dévasté par le feu

ICÔNE - Elle a été ravagée par les flammes mais renaîtra de ses cendres. De Victor Hugo à Luc Plamondon en passant par Disney, Notre-Dame de Paris a de tout temps inspiré les artistes.

C’est le visionnaire Victor Hugo qui, en mars 1831, a le mieux célébré toute la grandeur de Notre-Dame de Paris à travers son livre éponyme. Au cours de la Révolution française, de nombreux actes de vandalisme avaient visé le monument religieux, qui avait vu sa flèche démontée, son trésor pillé et les grandes statues de son portail détruites "sans respect pour Charlemagne qui avait posé la première pierre, pour Philippe Auguste qui en avait posé la dernière", écrit-il. Abandonnée pendant des années, le monument a finalement été sauvé grâce à l'écrivain qui, en en faisant un personnage à part entière de son roman, a remis dans la lumière ce "majestueux et sublime édifice" qu'il décrivait comme un cri romantique contre "la décadence actuelle de l'architecture et sur la mort". Son livre en forme de plaidoirie aboutira en 1845  au vote d'une loi pour la restauration de la cathédrale.

 Un passage du roman (dans le livre X), beaucoup cité depuis l’incendie, semble prophétique : "Tous les yeux s’étaient levés vers le haut de l’église. Ce qu’ils voyaient était extraordinaire. Sur le sommet de la galerie la plus élevée, plus haut que la rosace centrale, il y avait une grande flamme qui montait entre les deux clochers avec des tourbillons d’étincelles, une grande flamme désordonnée et furieuse dont le vent emportait par moments un lambeau dans la fumée."

Un an plus tard, en 1832, Gérard de Nerval consacrait à la "vieille" Notre-Dame de Paris un poème du même nom : "On la verra peut-être enterrer cependant Paris qu’elle a vu naître", y écrivait-il. Parmi les grands noms de la littérature, Théophile Gautier, Charles Péguy ou Louis Aragon ont également été inspirés par la cathédrale.

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Patrimoine culturel

Le roman de Hugo nourrit le rêve d'une cathédrale hantée par les fantômes d'Esmeralda, Quasimodo ou de l’archidiacre Frollo. Dans son prolongement, des opéras rendent hommage au monument (la controversée Esmeralda de Louise Bertin en 1936), comme les peintres de tous temps (Chagall, Buffet, Marquet, Signac ou encore Picasso). 

La cathédrale avait également été chantée par Edith Piaf, en 1952 : "Henri Quatre, verdâtre, aime sous son verre de gris la vieille flèche, qui lèche le plafond gris de Paris".

Mais c'est au cinéma qu'elle a le plus souvent été visitée, notamment par la pionnière Alice Guy, dans un court-métrage intitulé La Esmeralda (1905), Wallace Worsley (1923), William Dieterle (Quasimodo, le bossu de Notre Dame en 1939, avec Charles Laughton dans le rôle du bossu), Jean Delannoy (1956, avec l’exquise Gina Lollobrigida en Esméralda face au difforme Anthony Quinn) ou encore les studios Disney (le dessin-animé Le Bossu de Notre-Dame en 1996). Sans oublier en 1998 la comédie musicale de Luc Plamondon et Richard Cocciante, très fidèle au drame hugolien, soutenue par les voix de Patrick Fiori, Daniel Lavoie, Garou et Hélène Segara. 

Pour toutes ces raisons, Notre-Dame de Paris est un monstre de notre patrimoine culturel. En la voyant dévorée par un incendie, c'est toute cette culture, notre culture qui a été la proie des flammes.

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