Incendie du Bazar de la charité : l'histoire vraie qui a inspiré la fiction de TF1

PROGRAMME - "Le bazar de la charité", avec notamment Julie de Bona, Audrey Fleurot et Camille Lou, est une série basée sur une histoire vraie. Les téléspectateurs pourront découvrir le tout premier épisode ce soir sur TF1.
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DRAME – A l'occasion de la diffusion de la fiction événement de TF1, la chaîne Histoire propose ce soir un documentaire édifiant et instructif narré par Audrey Fleurot, qui revient sur le tragique fait-divers survenu en 1897.

C'est l'un des pires incendies que Paris ait connu. Et pourtant, peu de gens connaissent la véritable histoire du Bazar de la charité. Alors que TF1 donne le coup d'envoi de sa fiction événement avec Audrey Fleurot, Julie de Bona et Camille Lou, la chaîne Histoire propose dans la foulée un documentaire qui revient sur la tragédie qui a frappé la capitale à la fin du XIXe siècle. Intitulé "La Tragique histoire de l'incendie du Bazar de la charité", il est narré par la comédienne Audrey Fleurot, qui, dans la fiction, prête ses traits à Adrienne de Lenverpré, une grande bourgeoise dont l'incendie va avoir une répercussion inattendue sur sa vie. 

Si la fiction de TF1 est spectaculaire, la réalité ne l'est pas moins. Car le 4 mai 1897, Paris va connaître l'incendie le plus tragique de son histoire, dans lequel près de 132 personnes - dont la majorité faisait partie de la haute société - périront dans les flammes. Fait troublant : une voyante avait prédit quelques semaines auparavant le drame, sans que personne ne la prenne au sérieux. 

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Institution créée en 1885 par des membres de la haute société catholique, Le Bazar de la charité était une manifestation caritative annuelle qui réunissait tout le gratin de la haute société (en majorité des femmes) qui vendaient divers articles au profit de ceux dans le besoin. En 1897, le Bazar s'installe sur un terrain vague situé rue Jean Goujon, dans le 8e arrondissement de Paris, à deux pas des Champs-Elysées. Un immense édifice en bois de 80 mètres de long, et 20 de large est alors dressé, reconstituant une vieille rue de Paris au Moyen-Âge. Un décor digne d'un film de cinéma. 

Grande nouveauté cette année-là, un appareil de cinématographe est installé dans une petite salle pour permettre aux participants de découvrir les premières images animées des Frères Lumière. C'est d'ailleurs de là qu'est parti le drame : alors que le projectionniste demande à son assistant de remplir d'éther la lampe de projection du cinématographe, ce dernier fait l'erreur fatale de craquer une allumette pour mieux voir. 

Le feu se répand alors à une vitesse incroyable, touchant les boiseries ainsi que le plafond en vélum goudronné. Comme le rappelle le documentaire, il aura fallu 6 minutes pour mettre le feu, 15 minutes pour que l'édifice s'écroule et 45 minutes pour que tout soit réduit en cendres. Les 1200 invités se retrouvent alors pris au piège de la fournaise, car pour gagner de la place, de nombreuses portes avaient été condamnés. Les récits des témoins de l'époque sont glaçants : pris de panique, les gens se ruent vers les deux sorties en hurlant et en piétinant ceux qui tombent devant eux. 

En raison de leurs vêtements, les femmes se transforment en torches vivants, tandis que les hommes oublient tous leurs principes et prennent la fuite en donnant des coups de canne. Le bilan est dramatique : près de 130 personnes trouvent la mort, en majorité des femmes et quelques enfants (les chiffres varient selon les sources, mais on parle de 123 femmes et "seulement" 9 hommes), sans oublier les centaines de blessées dont certains seront défigurés à vie. 

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Parmi les victimes de la haute société, on compte notamment la Duchesse d’Alençon, la sœur cadette de Sissi l’Impératrice, qui périra héroïquement dans les flammes, après avoir déclaré à ses dames de compagnie : "Ne vous occupez pas de moi. Je partirai la dernière". Si le fait divers a déchaîné les passions (les journaux en ont parlé durant des semaines, multipliant les détails macabres), il aura également eu des répercussions sur la sécurité dans les lieux publics puisque c'est à ce moment qu'apparaissent les premières réglementations de prévention contre le risque incendie. Autre avancée : pour tenter d'identifier les corps calcinés dont il ne reste presque plus rien, on se fie alors à l'empreinte dentaire des cadavres. Identifiée grâce à son dentiste, la Duchesse d’Alençon sera la première à bénéficier de cette technique d’odontologie médico-légale. 

"La Tragique histoire de l'incendie du Bazar de la charité", lundi 18 novembre à 23 h 15 sur Histoire. Rediffusion le 24 novembre à 15 heures et le 30 novembre à 18h45.  

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