"J’écrivais, je dessinais, je produisais de la merde" : Yann Moix reconnaît être l’auteur de textes antisémites

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AVEUX - Face aux nouvelles accusations de "L’Express", Yann Moix confirme être bien l’auteur de textes publiés dans une revue antisémite, à la fin des années 1980. Dans "Libération", l’écrivain plaide l’erreur de jeunesse et assure être "libéré de cette épée de Damoclès avec laquelle je vivais depuis trente ans".

Nouvel épisode dans "l’autre" affaire Yann Moix. Après la polémique au sujet de son dernier roman, "Orléans" où il accuse ses parents de violences et d’humiliations répétées durant son enfance, l’écrivain était épinglé lundi par L’Express, qui révélait qu'il avait publié dans "Ushoaia", une revue artisanale antisémite, à la fin des années 1990. Pour sa défense, l’intéressé plaidait alors l’erreur de jeunesse et expliquait être l’auteur des caricatures, mais pas des textes. 

Le hic, c’est que L’Express avait également en sa possession les brouillons de textes négationnistes, l’hebdomadaire citant un conte macabre dans lequel "un Juif tente de négocier une ristourne sur les tarifs de trains pour Buchenwald", qui sera publié ensuite par "Ushoia".

Ces textes et ces dessins sont antisémites, mais je ne suis pas antisémite- Yann Moix dans "Libération"

Face à ces nouvelles accusations, l’écrivain a contacté Libération mardi soir pour confirmer qu’il était bien l’auteur des caricatures ET des textes. "J’assume, j’endosse tout. Tout ce que j’ai fait à l’époque avec trois ou quatre cons, on était des types complètement paumés. J’écrivais, je dessinais, je produisais de la merde. Ces textes et ces dessins sont antisémites, mais je ne suis pas antisémite", précise-t-il.

"Je me moquais des myopathes, de la faim dans le monde, de l’Abbé Pierre", poursuit Yann Moix. "Aujourd’hui, l’homme que je suis en a honte. Tout le parcours que j’ai fait depuis, tout mon parcours d’homme, c’est l’histoire de quelqu’un qui a essayé de s’arracher à cette géographie toxique, m’extraire de cette nasse."

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"Plutôt que de tomber dans la merde, je me suis élevé, en étant curieux intellectuellement. J’ai eu la chance de rencontrer Bernard Henri-Lévy, qui m’a évité de devenir l’homme que j’aurais pu être, une pourriture. Je ne suis pas fier, mais heureux de mon parcours", continue l’écrivain.

"L’âge de 20 ans, c’est fait pour se tromper. Aujourd’hui, alors que ces dessins, ces textes sont ressortis, je me sens libre. Libéré de cette épée de Damoclès avec laquelle je vivais depuis trente ans. Je vais pouvoir continuer mon travail l’esprit dégagé. Et travailler à la rédaction de 'Reims'", conclut-il au sujet de son prochain roman qui fera suite à "Orléans", paru le 21 août.

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Lundi dernier, Yann Moix affirmait avoir été "balancé" à L'Express par son frère, deuxième acte d'une bataille fratricide sur la place publique. La veille, Le Parisien avait fait sensation en publiant une lettre ouverte d'Alexandre Moix. Le cadet de l'écrivain l'accusait d'être son "bourreau" et d'avoir attribué à leur père les sévices que l'aîné lui aurait en réalité fait en réalité subir. 

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Lui aussi a été accusé d'avoir pris des libertés avec la réalité. L'écrivain américain James Frey est l'invité du podcast littéraire Les Gens Qui Lisent Sont Plus Heureux à l'occasion de la sortie en France de "Katrina", son nouveau roman (Flammarion). Pour écouter son entretien en intégralité, c'est par ici : 

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