Jeremy Irvine ("Treadstone") : "Mon personnage est sans doute celui qui se rapproche le plus de Jason Bourne"

"Treadstone" : la bande-annonce de la série inspirée de l'univers Jason Bourne
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INTERVIEW - L'univers Jason Bourne se décline en série avec une plongée dans le programme qui a transformé l'agent secret incarné par Matt Damon en redoutable assassin. Dix épisodes survoltés qui seront disponibles sur Amazon Prime Video dès le 10 janvier et que décrypte pour LCI l'acteur britannique Jeremy Irvine.

2020 sera forte en action ou ne sera pas. Amazon Prime Video accueille dès vendredi 10 janvier sur sa plateforme une série qui ravira les amateurs d'espionnage et de secret défense. "Treadstone" met en lumière un programme dont les lecteurs et les spectateurs ont déjà entendu parler dans la saga "Jason Bourne", sans jamais vraiment savoir ce qui s'y tramait.

C'est ce que proposent les dix épisodes survitaminés d'une première saison riche en sensations. Que ce soit de la peur, de l'empathie ou du dégoût. Jeremy Irvine, vu dans "Cheval de guerre" et "Mamma Mia 2", donne le ton d'emblée avec une impressionnante scène de torture qui vire à la course-poursuite dans le Berlin de la fin des années 1960. Le comédien britannique, qui fêtera ses 30 ans cette année, a décroché son téléphone avant les fêtes pour répondre à nos questions.

LCI : La série tourne autour de "Treadstone", un programme secret. Que pouvez-vous nous en dire sans risquer de vous faire taper sur les doigts par la production ?

Jeremy Irvine : Tout se base sur des faits réels qui se sont produits pendant la Guerre froide. Les Américains pensaient que les Russes expérimentaient une sorte de contrôle de l'esprit ou de lavage de cerveau. Donc ils se sont dit qu'ils feraient mieux de commencer leur propre programme. C'est en quelque sorte de là que vient notre histoire, de cette croyance américaine. On a été un peu plus loin en se disant que les Américains avaient été au bout de leur idée. Ils ont appelé leur programme "Treadstone" et  ont fait des choses très douteuses.

L'un des gros points forts de la série, c'est qu'elle se déroule sur deux temporalités : au temps de la Guerre froide et de nos jours. Comment ces deux époques s'articulent-elle avec les films "Jason Bourne" que le public connaît déjà ?

Nous sommes dans le même monde et j'espère que la série reprend tout ce que les gens aiment chez Bourne, comme l'action. On fait référence au personnage de Jason Bourne mais on ne le voit jamais dans la série. On s'intéresse à tous les autres qui font partie du programme "Treadstone". L'histoire de mon personnage se situe avant les films, pour les autres tout se passe quelques années après.

La chanson "Frère Jacques" est un élément déclencheur pour les agents ciblés et entraînés par Treadstone. Est-ce pour montrer qu’il faut se méfier des apparences ? Et que ce qui semble le plus doux peut souvent s’avérer être le plus dangereux ?

Je crois que oui. Les auteurs n'ont jamais vraiment expliqué pourquoi c'était cette chanson... Je ne sais pas pourquoi ils ont choisi celle-là. Je trouve que ça fout un peu les jetons. Ça fait forcément forte impression si vous utilisez une chanson si innocente.

C’est aussi vrai pour les trois agents que nous suivons : votre personnage John Randolph Bentley, Doug McKenna (Brian J Smith) et SoYun (Hyo-Joo Han). Ce sont trois personnes avec qui on irait bien prendre un verre. 

Oui, absolument. Vous ne savez pas qui sont les gentils et qui sont les méchants.

Les forces spéciales britanniques m'ont fait suivre une bonne partie de leur entraînement dont la "résistance à l'interrogatoire" (...). Le fait d'avoir vécu ça m'a permis de réaliser la rapidité avec laquelle vous pouvez briser quelqu'un- Jeremy Irvine

Diriez-vous que votre personnage est le patient zéro de l'univers Jason Bourne ?

Oui, je pense qu'il est le premier candidat sur qui le programme fonctionne si bien. John Randolph Bentley est sans doute celui qui se rapproche le plus de Jason Bourne. Leurs histoires ont beaucoup de similitudes. Et vous vous demandez en permanence, pour tous les deux, s'ils sont bons ou mauvais. C'est ce qui rendait le tout si intéressant, cette bataille intérieure qui vous fait dire qu'il est le héros alors qu'il ne l'est peut-être vraiment pas.

Connaissiez-vous le monde de Jason Bourne, que ce soit par les livres ou les films ?

Oui oui, je suis un grand fan. Les films faisaient partie de mes préférés quand j'étais enfant. Donc intégrer un monde quasi similaire, c'est très cool. Je fais partie de la génération James Bond, Pierce Brosnan était le 007 de mon enfance (Fun fact : il l'a incarné plus jeune dans la suite de "Mamma Mia !", ndlr). Quand Bourne est arrivé, il a complètement retourné le film d'action et d'espionnage. C'est soudain devenu vraiment brut et viscéral, hyper réaliste. Je crois que c'est pour ça que ces films sont attirants. On a essayé de garder cette action brute et viscérale dans la série.

La scène d'ouverture, dans laquelle votre personnage se fait torturer, est très intense. C'est quelque chose qu'on ne peut pas inventer. Avez-vous rencontré de véritables agents secrets en amont du tournage ?

Curieusement, oui.  Pour une association, j'ai participé à une émission dans laquelle on vous soumet aux épreuves de sélection des forces spéciales britanniques. Je  venais juste d'auditionner pour "Treadstone" et je ne savais pas que j'allais être pris. J'ai rencontré beaucoup de membres des forces spéciales et ils m'ont fait suivre une bonne partie de leur entraînement. J'ai notamment subi ce qu'ils appellent la "résistance à l'interrogatoire". Ils vous maintiennent éveillé pendant environ deux jours, dans des positions de stress. Vous portez un casque anti-bruit, les yeux bandés et il vous balancent des cris de bébés dans les oreilles. Ils ne vous laissent pas dormir pendant deux jours. Ils appellent ça des techniques d'interrogatoire améliorées mais ce sont en fait des techniques de torture. Donc j'en ai vraiment fait l'expérience. Ça a duré dix jours. Le fait d'avoir vécu ça m'a permis de réaliser la rapidité avec laquelle vous pouvez briser quelqu'un. 

Les cascades sont également impressionnantes. Avez-vous suivi une préparation physique particulière ?

Je me suis entraîné pendant deux mois avant même de passer devant la caméra. J'ai appris les arts martiaux de la manière la plus réaliste possible. La production a aussi voulu que j'aille à la gym assez souvent, elle voulait que j'ai une certaine apparence. Chaque jour quand je ne tournais pas, je m'entraînais.

Vous avez aussi pris des cours de langues ? On vous entend notamment parler hongrois et allemand dans la série.

Oui et dieu merci parce que je suis nul en langues étrangères (il rit). J'apprenais le son que j'étais supposé faire. Je ne savais pas ce que chaque mot voulait dire mais j'ai juste appris la phonétique de chaque mot et j'ai essayé de faire semblant de comprendre comme si je jouais.

C'est votre premier rôle pour la télévision. Le tournage était-il différent par rapport à ce que vous connaissiez d'un plateau de cinéma ?

Rien n'était différent. Peut-être parce que "Treadstone" est une série avec un très gros budget et que nous l'avons tournée comme si nous faisions dix films alors qu'en réalité c'était juste dix épisodes. La vraie différence, c'est que nous avons tourné pendant plus d'un an. Généralement quand vous faites un film, vous travaillez pendant deux ou trois mois, quatre si c'est un gros projet. Mais c'est tout, ensuite vous avez fini. Là j'ai vraiment passé beaucoup de temps avec ce personnage, et j'ai le sentiment que je le connaissais vraiment bien à la fin.

Je ne crois pas qu'un seul continent nous ait échappé, à part l'Australie- Jeremy Irvine sur le tournage international

Après une diffusion aux Etats-Unis cet automne, "Treadstone" sera disponible dans le monde entier sur Amazon Prime Video ce vendredi. Qu'est-ce qui rend cette série plus internationale que les autres ?

Sans doute le fait que nous avons tourné partout dans le monde. J'ai passé beaucoup de temps à Budapest mais l'équipe a été dans le cercle arctique, au Cambodge, dans la forêt tropicale, en Afrique, en Inde, en Chine, à Paris... Je ne crois pas qu'un seul continent nous ait échappé, à part l'Australie. Donc nous sommes vraiment allés partout et nous avons un grand casting international, avec des acteurs allemands, sud-coréens, etc...

La série n'a pas encore été renouvelée pour une deuxième saison. Seriez-vous prêts à embarquer pour une nouvelle mission ?

J'adorerais. J'ai passé un très bon moment sur cette série. Je suis vraiment devenu le personnage en un an, je me sens vraiment proche de lui maintenant. Donc j'adorerais faire une deuxième saison.

"Treadstone"

avec Jeremy Irvine, Brian J. Smith, Hyo-Joo Han, Tracy Ifeachor, Emilia Schüle.

Dix épisodes disponibles dès le 10 janvier sur Amazon Prime Video

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