Kit Harington en désintox : pourquoi sortir de l'ombre de Jon Snow ne va pas être simple

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DÉCRYPTAGE – Hospitalisé pour surmonter le stress engendré par la fin de "Game of Thrones", Kit Harington exprimait son mal-être en interview depuis déjà plusieurs mois. Sans doute parce que le jeune acteur, qui est sorti de l’anonymat grâce au personnage de Jon Snow, devine qu’il va être difficile de s’en défaire…

Kit Harington au bout du rouleau. En début de semaine, les médias américains révélaient que l’interprète de Jon Snow avait été hospitalisé dans une clinique privée du Connecticut, avant même la diffusion de l’ultime épisode de "Game of Thrones". Troubles psychiatriques, épuisement, alcoolisme… Le comédien britannique de 32 ans vivrait mal la fin d’une série qui a occupé dix ans de sa vie, propulsant sa carrière naissante au firmament d’Hollywood tandis qu’il tombait amoureux de sa partenaire et futur épouse, Rose Leslie.


Du vertige qu’il éprouve, le comédien s’était déjà épanché ces dernières semaines, sans que fans et observateurs y prêtent réellement attention, tous excités à l’idée de savoir qui allait monter sur le trône de fer. Dans un portrait que lui consacrait "Variety", en mars dernier, ce fils d’une dramaturge et d’un homme d’affaires identifiait le début de ses problèmes à la saison 6, en 2016, marquée par le suspense autour de la résurrection de Jon Snow d’entre les morts.

J’avais l’impression qu’on m’obligeait à me sentir la personne la plus chanceuse au monde, alors qu’en réalité j’étais vulnérableKit Harington, en mars dernier dans "Variety"

"Je n’ai pas aimé que toute l’attention autour de la série se porte sur Jon", racontait le comédien dont le personnage, bien que très populaire, faisait jusqu’ici partie d’un ensemble plus grand qui lui garantissait une certaine forme d’anonymat. "Tout d’un coup les gens se mettaient à hurler dans la rue ‘alors, tu es mort ?’.  Il faut maintenir les apparences alors que toutes vos névroses se retrouvent décuplées par ce degré d’intérêt qu’on porte sur vous. Et je suis aussi névrosé que n’importe quel acteur."


Kit Harington expliquait avoir alors entamé une thérapie afin de verbaliser ses tourments intimes. "J’avais l’impression qu’on m’obligeait à me sentir la personne la plus chanceuse au monde, alors qu’en réalité j’étais vulnérable", disait-il. "Je ne me sentais pas en sécurité, je ne parlais à personne. Je devais me montrer reconnaissant pour tout ce que j’avais alors que dans le même temps, j’avais l’incroyable sensation de ne pas savoir jouer la comédie."

S’il a eu depuis l’occasion de faire ses preuves en dehors de "Game of Thrones", notamment chez Xavier Dolan avec "Ma vie avec John F. Donovan", Kit Harington se retrouve aujourd’hui confronté à une situation que de nombreux comédiens ont connu avant lui. Celle de poursuivre sa carrière sachant que l’ombre du personnage qui l’a rendu célèbre planera au-dessus de sa tête jusqu’à la fin de ses jours. Mission impossible ? 


Dans l’histoire récente des séries télé, peu y sont parvenus, en dépit de leur talent. Pour un Bradley Cooper réchappé d’"Alias", combien de Matthew Fox perdus après "Lost" ? Pour un George Clooney libéré d’"Urgences", combien de Wentworth Miller aux oubliettes après "Prison Break" ? Le constat est souvent amer pour ces stars cathodiques désoeuvrées à l'arrêt du programme qui les a installé dans le salon des téléspectateurs.

"Jon Hamm est un grand acteur, alors pourquoi ne parvient-il pas à trouver un autre grand rôle ?", s’interrogeait "Variety" en 2017 au sujet de la star de "Mad Men". Alors que la rumeur l'envoyait à l'époque dans le costume de Batman, l’interprète de Don Draper doit aujourd'hui se contenter de seconds rôles pas toujours très folichons. Comme si le rôle du ténébreux publicitaire qui lui a valu un Golden Globe en 2008 lui collait à la peau. Trop stylé pour triompher dans un blockbuster ?


Même constat avec Bryan Cranston et son interprétation vertigineuse de Walter White dans "Breaking Bad". Après la fin de la série, en 2013 tout le monde voyait ce comédien expérimenté partir à la conquête du grand écran. Aucun des rôles qu’il a décroché depuis au cinéma n’a été à la hauteur de celui du prof de chimie déjanté qu’il a tenu durant cinq saisons explosives, couronnées par quatre Emmy Awards et un Golden Globes.

Philosophe, celui qui a longtemps galéré avant de s’imposer sur le tard, se confiait en 2016 dans une interview au "Radio Times". "Je n’ai jamais cherché à devenir une star", avouait-il. "La célébrité et la richesse n’étaient pas mon but. Je voulais juste gagner ma vie en tant qu’acteur. Et c’est encore aujourd’hui ce dont je suis le plus fier dans ma vie professionnelle." Si jamais Kit Harington a besoin d’un conseil…

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