L'arrivée de Bertrand Delais, proche d'Emmanuel Macron, à la tête de LCP fait grincer les dents de l'opposition

L'arrivée de Bertrand Delais, proche d'Emmanuel Macron, à la tête de LCP fait grincer les dents de l'opposition

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AUDIOVISUEL - Choisi pour prendre la tête de La Chaîne parlementaire, a-t-on appris mercredi 13 mars, le documentariste s'est rapidement vu reprocher par les opposants à Emmanuel Macron sa proximité avec le Président.

En face de lui, une présidente sortante, Marie-Eve Malouines, profondément rejetée par sa rédaction pour sa gestion de la plainte pour agression sexuelle, déposée par la journaliste de la chaîne Astrid de Villaines à l'encontre de son principal présentateur, Frédéric Haziza, un temps suspendu puis de retour à l'antenne. Un autre candidat, Thierry Guerrier, ancien journaliste connu pour travailler parallèlement pour Total et d'autres organismes privés. La nomination de Bertrand Delais à la tête de La Chaîne parlementaire, validée par François de Rugy et soutenue par les députés de la majorité, ne fait toutefois pas l'unanimité. 

Des lauriers tressés à Emmanuel Macron

En effet, d'aucuns, parmi les députés de l'opposition, ont critiqué ce choix, établi par le comité de sélection par un vote à 12 voix pour et 7 voix contre, le président de l'Assemblée s'étant abstenu. La raison : une proximité affichée à l'égard d'Emmanuel Macron. En effet, Bertrand Delais, documentariste de profession, spécialisé dans les médias et la politique, est notamment l'auteur du documentaire "En marche vers l'Elysée" diffusé dans Envoyé spécial, quelques jours après l'élection de l'ancien ministre de l'Economie. 

Un documentaire dont il s'était, à l'époque, félicité comme suit sur Facebook : "J'espère que ce film donnera à comprendre la force peu commune de notre nouveau Président, sa capacité de contrôle, son regard distancié et sa détermination sans faille". Depuis l'annonce de la nomination, sont également remontés les blogs que Bertrand Delais, qui ne semble avoir cherché à cacher la sympathie que pouvait lui inspirer le Président, a écrit sur le site du Huffington Post.


On y lit ainsi une tribune approbatrice au sujet du discours tenu par Emmanuel Macron, ce "formidable animal politique", aux funérailles de Johnny Hallyday : "Depuis Jacques Chirac au soir de la grande tempête de 1999, aucun Président n'a su parler avec une telle justesse à cette France périphérique." S'il lui adresse quelques piques sur "sa communication du XXe siècle", constate que son style présidentiel acte "le décès du 1er ministre" et voit la vague de députés marcheurs aux législatives comme "une défaite pour Macron", l'ensemble reste généreux : "Ce qu'Emmanuel Macron a mieux compris que les autres pour incarner le renouveau" ; "Emmanuel Macron, le Président qui veut en finir avec les contradictions des Français"...

"Un parfum d'ORTF"

Un style qui n'a pas échappé à certains membres de l'opposition, parmi lesquels Clémentine Autain, qui sent dans cette nomination, "50 ans après 1968, un parfum d'ORTF", quand son collègue insoumis Alexis Corbière a qualifié Bertrand Delais d'"hagiographe" du Président et assène qu'il "ne garantira pas l'indépendance du Parlement par rapport à l'Elysée".


Répondant aux critiques, Bertrand Delais s'est défendu auprès de Télérama, expliquant "avoir gagné à la régulière" et signalant qu'il a reçu le soutien de députés "qu'on ne peut pas soupçonner d'être macronistes." Celui qui devra faire face à une rédaction encore traumatisée par l'affaire Haziza et à la gestion d'une fusion possible avec la chaîne Public Sénat, conscient de devoir assurer "la pluralité des points de vue", s'est engagé à arrêter son blog et ses activités sur les réseaux sociaux : "C’est incompatible avec une quelconque prise de parole publique de ma part." Ce qui ne l'empêchera pas d'être surveillé par ses premiers détracteurs.

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