Le Goncourt et le Renaudot des lycéens remis à Karine Tuil et Victoria Mas

Les romancières Karine Tuil et Victoria Mas.
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LITTERATURE- Les romancières Karine Tuil ("Les choses humaines") et Victoria Mas ("Le bal des folles") ont été récompensées respectivement jeudi par les prix Goncourt et Renaudot des lycéens.

Honneur aux dames pour cette saison automnale des prix littéraires 2019. Deux femmes ont été distinguées jeudi par les lycéens pour leur prix Goncourt et Renaudot. 

La première Karine Tuil a été primée une seconde fois pour son roman social "Les choses humaines" après avoir reçu le prix Interallié mercredi. 

La deuxième Victoria Mas, fille de la chanteuse Jeanne Mas,  s’est distinguée par son premier roman "Le Bal des folles" en remportant en plus de la reconnaissance critique du Renaudot des lycéens, le prix Stanislas du premier roman et le Première plume à seulement 31 ans. 

Une romancière confirmée avec son 11e roman pour le Goncourt et la révélation d’un nouveau talent littéraire pour le Renaudot, les lycéens français ont mis en lumière la diversité des genres, des thèmes et des époques à travers ces deux lauréates.

Une affaire de viol sous fond de procès pour le Goncourt

Les thèmes de prédilection de la romancière Karine Tuil ont toujours été liés à la société actuelle et sa complexité. 

Dans un contexte de lutte contre les violences sexuelles faites aux femmes et l'émergence du mouvement #Metoo, le sujet central de son roman primé "Les choses humaines" est dans l'air du temps puisqu'il traite d'une affaire de viol. 

 Il y est question de sexe, de pouvoir et de médias. Alexandre, le fils brillant d'une famille en vue (Jean, le père, est un journaliste vedette de la télé, sa mère Claire est une essayiste féministe reconnue) est accusé de viol. Karine Tuil présente les faits sans complaisance et nous partage chaque étape du procès d'Alexandre.

Résultat ? Fructueux à Rennes pour la romancière de 47 ans auprès des 12 lycéens constituant le jury final du Goncourt qui ont motivé leur choix sur la "force et finesse de l'écriture", "thème d'actualité, certes, mais abordé de façon originale" et la "réflexion profonde sur nos agissements et sur la complexité des choses humaines". Le succès critique du dernier roman de Karine Tuil, sorti en août chez Gallimard, rejoint une réussite commerciale. Selon l'AFP, l'œuvre s'est déjà écoulée à 34.000 exemplaires, d'après des données de GfK citées par le magazine professionnel Livres Hebdo.

Une histoire de folie au féminin version XIXème siècle pour le Renaudot

Pour la jeune écrivaine Victoria Mas,  l'époque choisie pour "le Bal des folles" (Albin Michel) est plus classique puisqu'elle nous plonge au XIXe siècle. L'univers tabou et opaque de la psychiatrie au féminin au sein de l'hôpital parisien la Salpêtrière y est abordé à travers le service neurologique du professeur Charcot, rappellent nos confrère du Parisien. Une mise en lumière audacieuse des conditions d'internement des femmes atteintes de pathologies psychiatriques dans une époque ancienne qui les cachaient.  Comment ? En racontant l'étrange bal costumé où le tout-Paris venait danser la valse en compagnie de femmes déguisées et réparties en fonction de leur maladie mentale : d'un côté les épileptiques et de l'autre les hystériques.

Cette prise de risque littéraire a permis à la fille de Jeanne Mas de faire figurer son premier livre notamment sur les listes du Femina et du Renaudot. Mais surtout, le jury de la 28e édition du Prix Renaudot des lycéens a apprécié cette histoire fondée sur de nombreux personnages féminins captivants avec une évocation originale de la condition féminine.

Sorti en août 2019, le premier roman de Victoria Mas rencontre aussi un succès commercial.

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