Le Lab ferme ses portes... et même Nadine Morano lui rend hommage

Le Lab ferme ses portes... et même Nadine Morano lui rend hommage

Médias
DirectLCI
FINI DE RIRE - Fermé contre toute attente par sa maison-mère, Europe 1, Le Lab a publié ses derniers articles ce lundi 31 janvier, suscitant même l'éloge de certaines de ses têtes de Turc préférées. Retour sur un site dont les méthodes ont infusé dans l'ensemble du web politique.

Le petit monde de la politique sur le web perd son asticoteur-en-chef. Le Lab, site web d'Europe 1 traitant l'actualité politique, a cessé d'exister à partir du 1er février 2018, après plus de six ans de bons et loyaux services. Le site avait accédé au rang d'incontournable chez les journalistes politiques pour la qualité de veille de ses journalistes, missionnés pour dénicher dans la moindre prise de parole politique, d'un plateau de radio confidentiel à une séance nocturne de l'Assemblée nationale, un élément de langage, une de ces fameuses petites phrases ou une intox passée inaperçue sur les réseaux sociaux. 

L'accroche avant tout

Tout en exhaustivité et en causticité, le site, créé fin 2011 pour suivre l'élection présidentielle, n'aimait rien tant qu'accrocher son lecteur en tournant en dérision les personnalités politiques, au moyen d'une photo percutante ;

D'une accroche improbable (ici l'étonnant argument du député Bernard Debré pour défendre le droit des élus à avoir un métier en même temps que leur mandat) ;

Ou un tweet au rapport titre-image imparable ;

Le réseau social fut d'ailleurs une plateforme privilégiée pour le site. Au-delà du fait qu'il en tirait ses meilleures audiences, Le Lab en avait intégré les codes, notamment en maillant ses articles de gifs, principalement - là encore - pour reprendre les expressions les plus impayables de nos "chers" politiques.

Léger mais sérieux

Cette légèreté assumée lui aura d'ailleurs valu quelques procès en légitimité de la part de ses pairs et des professionnels de la politique, le croquant en générateur de buzz et non en site privilégiant l'analyse politique et la publication d'informations exclusives.


Pourtant, la facétie des articles ne le disputait pas à la rigueur de l'information (ici, ici et ), tandis qu'une petite phrase n'était jamais relayée sans contexte, essentiel pour pointer un retournement de veste, une perfidie ou autre. L'information exclusive n'était pas, à quelques exceptions près (ici, ici et ), le fond de commerce du Lab, mais la qualité de veille du site lui avait permis de relever ce que d'autres n'avaient pas vu passer, à l'instar de la sortie de Jean-Marie Le Pen sur Patrick Bruel et les chambres à gaz, qui a précipité la crise entre le patriarche du FN et sa présidente de fille.


Des qualités que quelques personnalités politiques, mais surtout beaucoup de journalistes, qui ont adopté ces réflexes dans leur quotidien, n'ont pas manqué de souligner, à l'annonce de sa fermeture, le 13 décembre, contre toute attente, par la direction d'Europe 1.

Même Nadine Morano, qui n'avait jamais retenu ses coups contre le site, lequel ne s'était de son côté jamais privé de l'éreinter, y est allé de son tweet :

En un peu plus de cinq ans, la rédaction aura vu défiler, comme il le rappelle dans son inventaire de fin d'exercice très personnel, trois présidents, cinq Premiers ministres, 50 collaborateurs, le tout pour près de 30.000 articles. 

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter