Léa Salamé quitte l'antenne de France Inter et "L'Émission politique" de France 2 le temps des élections européennes

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CONFLIT D’INTÉRÊTS – Alors que son compagnon Raphaël Glucksmann a officialisé sa candidature aux élections européennes, Léa Salamé a décidé de suspendre toutes ses interviews politiques afin d'éviter tout soupçon de conflits d'intérêt.

Elle va devoir couper le son et l'image. Léa Salamé qui assure chaque matin l’interview politique de France Inter sera absente de la matinale pendant deux mois. La journaliste politique a choisi de se mettre en retrait de la couverture des élections européennes afin "d'éviter tout soupçon de conflit d'intérêt", après l'annonce de la candidature aux élections européennes de son compagnon Raphaël Glucksmann, a annoncé France Inter ce vendredi. Intervieweuse politique dans la première matinale de France en terme d'audience, Léa Salamé sera absente dès la fin du mois de mars et jusqu'au le lundi 27 mai, soit au lendemain du scrutin, précise France Inter. 

Une décision prise "en plein accord" par la journaliste de 39 ans et sa direction, "pour éviter tout soupçon de conflit d'intérêt qui pourrait affecter l'image de France Inter et troubler ses auditeurs". La maman du petit Gabriel a également décidé de se mettre en retrait de la présentation de "L'Emission politique" sur France 2 "le temps de la campagne, soit deux numéros, en avril et en mai", en accord avec la direction de l'information, comme l'a précisé France Télévisions à l'AFP. Léa Salamé continuera en revanche d'animer le magazine culturel "Stupéfiant!", diffusé chaque lundi soir sur la chaîne publique. 

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Je le soutiens, je l’accompagne dans ses réflexions, mais ce qui compte le plus à mes yeux, depuis quinze ans c’est ma neutralité politique : personne ne sait pour qui je vote- Léa Salamé

Ces annonces interviennent dans la foulée de la déclaration de candidature de Raphaël Glucksmann sur l'antenne de France Inter, dont Léa Salamé était absente vendredi matin. L'essayiste, qui a fondé en novembre avec une vingtaine d'autres personnalités le parti Place publique, a indiqué qu'il était candidat pour prendre la tête d'une liste de rassemblement de la gauche. "En s'éloignant de l'antenne plusieurs semaines avant même le début de la campagne officielle, (Léa Salamé) crée une jurisprudence qui l'honore", a estimé la directrice de France Inter. 

"Je le soutiens, je l’accompagne dans ses réflexions, mais ce qui compte le plus à mes yeux, depuis quinze ans c’est ma neutralité politique : personne ne sait pour qui je vote", expliquait l'intéressée dans le magazine "Gala" un peu plus tôt cette semaine. Léa Salamé n'est pas la première journaliste à devoir se mettre en retrait en raison des ambitions politiques de son compagnon. 

Audrey Pulvar ou Marie Drucker ont été dans le même cas

En 2012, Audrey Pulvar avait décidé de suspendre son émission sur France Inter après la nomination au gouvernement de son compagnon d'alors, Arnaud Montebourg. Même scénario pour Marie Drucker, , à l'époque présentatrice du "Soir 3" qui a annoncé en 2006 son retrait temporaire de l'antenne pour la période électorale en raison de sa relation avec François Baroin, alors ministre du gouvernement Villepin. Béatrice Schönberg, mariée depuis 2006 au ministre Jean-Louis Borloo, avait elle aussi arrêté de présenter les journaux télévisés du week-end sur France 2 en 2007. 

Enfin, Anne Sinclair avait arrêté l'émission de TF1 "7/7" quand son mari Dominique Strauss-Kahn avait été nommé ministre de l'Économie en 1997. Chez les hommes, Franck Ballanger a du quant à lui arrêter de couvrir l'actualité sportive sur Radio France après la nomination en septembre dernier de sa compagne, Roxana Maracineanu, comme ministre des Sports.

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