"Lovecraft Country" : la série horrifique qui brouille les genres pour mieux dénoncer le racisme

Courtney B. Vance, Jonathan Majors et Jurnee Smollett dans la série "Lovecraft Country", qui démarre sur OCS le 17 août 2020 en US+24.
Médias

COUP DE CŒUR - Aussi puissante que fascinante, la nouvelle création de Misha Green et Jordan Peele plonge le spectateur dans l’Amérique ségrégationniste des années 1950 pour questionner la notion de monstres en mêlant science-fiction, gore et réalité historique. A découvrir absolument dès ce lundi 17 août sur OCS.

Il nous en parlait comme d’une "expérience folle". "On ne peut pas appeler ça de la télévision. C’est quelque chose d’à part. Tourner ce pilote a été comme tourner un film. L’échelle, l’ambition…", nous racontait le cinéaste français Yann Demange en décembre 2018 à propos du premier épisode de Lovecraft Country qu’il venait de réaliser. Une entrée en matière délicieusement gore de plus d’une heure qui ne pouvait mieux lancer cette audacieuse série résonnant plus que jamais avec l’actualité.

Atticus Black (Jonathan Majors), un jeune vétéran noir, se lance à la recherche de son père disparu à travers les Etats-Unis. Mais son roadtrip au coeur de l’Amérique raciste des années 1950 avec son amie Leti (Jurnee Smollett) et son oncle George (Courtney B. Vance) vire rapidement au cauchemar. Un mauvais rêve dans lequel la violence des créatures sanguinolentes qu’ils croisent sur la route n’a d’égal que celle de la haine raciale qui empoisonne le quotidien des Afro-américains.

Qui de la bête ou de l'homme est le véritable monstre ?

"Lovecraft Country est dingue", écrit The Hollywood Reporter. On n’aurait pas dit mieux. Adaptée du livre du même nom de Matt Ruff, la série mêle les genres et appelle au questionnement permanent. Qui de la bête ou de l'homme est le véritable monstre ? "Les monstres apparaissent et vous êtes presque soulagés parce que les monstres humains sont encore pires que les vrais monstres", commente Misha Green (Underground), sa co-créatrice avec Jordan Peele (Get out), à propos de son prometteur pilote. Le show se joue des codes et se renouvelle au fil des épisodes. Sans que jamais le spectateur ne sache à quoi s’attendre.

La faute aussi à un casting magistral, qui feint la terreur comme personne dans une esthétique so 50s très soignée et terriblement belle. Vue dans Friday Night Lights et plus récemment sous les traits de Black Canary dans Birds of Prey, Jurnee Smollett régale dans chacune de ses scènes et mène tambour battant ses camarades de lutte face à des fantômes racistes encore bien trop présents. "La série montre la tragédie du racisme : rien n’a changé aux Etats-Unis. Vous y trouvez des parallèles aujourd’hui avec le mouvement Black Lives Matter mais la vérité est que Lovecraft Country aurait été tout aussi pertinente si la série avait été diffusée il y a dix ans, cinq ans ou six mois", commente pour Le Figaro Jonathan Majors. Intemporelle, aussi dérangeante que fascinante, Lovecraft Country se dévoile comme une oeuvre puissante qui ne devrait laisser personne insensible.

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>> Lovecraft Country, dès le 17 août sur OCS en US+24

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