Madonna, les Guignols, OSS 117, Tumblr… Comment Jacques Chirac est devenu une icône de la pop-culture

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La mort de Jacques Chirac

DÉCRYPTAGE - Célébré sur les réseaux sociaux après sa retraite politique, Jacques Chirac a régulièrement inspiré la culture populaire au fil de sa carrière, dans ses bons côtés comme dans ses excès. Explications.

Jacques Chirac, icône pop malgré lui ? En 2011, quatre ans après son départ de l’Elysée, le cinquième président de la Ve République s’invite sur les réseaux sociaux où le Tumblr FuckYeahJacquesChirac compile les clichés vintage retraçant plus d’un demi-siècle de vie publique et privée. Mi-Roger Moore, mi-OSS 177, l’ancien député de Corrèze, amateur de Corona et de tête de veau, s’invite sur t-shirts, mugs et tote bags estampillés qualité française contrôlée. Une nostalgie un brin détonante, mais pas illogique, au regard de l’image qu’il a véhiculée durant toute sa carrière, parfois à ses dépens. La preuve par trois… 

L’affaire de la culotte de Madonna

En mai 1987,  en pleine cohabitation, Jacques Chirac - alors Premier ministre du littéraire François Mitterrand -, reçoit la chanteuse Madonna, à la veille d’un concert très attendu au Parc de Sceaux. La star américaine remet un chèque de 500.000 francs, prélevés sur la recette à venir, à l’association de Line Renaud pour la lutte contre le Sida. Après avoir remercié l’interprète de "Like a Virgin", Jacques Chirac l’embrasse chaleureusement devant les caméras et les photographes qui se pressent à la mairie de Paris. Le lendemain, devant près de 130.000 spectateurs, Madonna lance sa petite culotte qui, d’après la légende, serait tombée sur les genoux du futur chef de l’Etat. De cette anecdote naîtra la rumeur d’une liaison au sommet, jamais confirmée. Reste qu'elle alimentera l’image d’un séducteur impénitent, copain des stars, auquel aucune femme ne résiste, pas même la plus sulfureuse de l’époque…

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La popularité de sa marionnette aux Guignols

Sa "coolitude", Jacques Chirac la doit en grande partie à son double de latex qui apparaît dans "Les Arènes de l’info" de Canal + dès 1990. La caricature, au départ, n’est pas franchement sympathique. Obsédé par les déjections canines et la conquête de l’Elysée, elle acquiert une dimension plus attachante lorsque l’émission popularise le slogan "Mangez des pommes", inspiré par une interview de l’époque du vrai Chirac, alors au creux de la vague dans les sondages. Sa victoire n’en sera que plus savoureuse, de nombreux observateurs attribuant aux Guignols son regain de popularité au sein d’une nouvelle génération d’électeurs. Après son départ, et l’élection de Nicolas Sarkozy, sa marionnette restera l’une des plus populaires du programme qui a tiré sa révérence l’an dernier. Un seul être vous manque...

La beauf attitude chic à la OSS 117

"Mais qu’est-ce qu’elle me veut de plus cette mégère ? Mes couilles sur un plateau ?". Cette punchline truculente aurait pu sortir de la bouche d’OSS 117, l’espion franchouillard incarné au cinéma par Jean Dujardin. Elle a en réalité été prononcée par Jacques Chirac au sujet de Margaret Thatcher, lors d’un sommet européen tendu à Bruxelles, en février 1988. La ressemblance est tout sauf anodine, des excès de langage du personnage aux costumes impeccables - et aux slips de bains - que le Chirac des années 1960 n’aurait pas renié. En 2009, le réalisateur Michel Hazanavicius révélera à "Libération" avoir contacté l’entourage de l’ancien chef de l’Etat pour lui proposer le rôle du grand patron des services secrets dans le deuxième opus. Sans réponse, il l'offrira finalement au regretté Pierre Bellemare. La même année, Jean Dujardin confiera lui sur Europe 1 être prêt à incarner, un jour, le successeur de François Mitterrand…

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