Mediapart contre Charlie Hebdo : Edwy Plenel enterre la hache de guerre

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FIN - Invité de BFM TV ce vendredi 1er décembre, le directeur du site d'information indépendant a exprimé ses regrets pour les termes qu'il a utilisés après la Une du journal satirique qui mettait en cause Mediapart dans l'affaire Ramadan.

On arrête le tir. Edwy Plenel, directeur de la publication et cofondateur de Mediapart, a reconnu, vendredi 1er décembre, sur le plateau de Jean-Jacques Bourdin, être allé trop loin dans ses réactions à la Une que lui avait consacré Charlie Hebdo et qui laissait entendre qu'il avait tu les accusations de viol à l'encontre de Tariq Ramadan, au nom d'une supposée complicité avec l'islamologue.

"Bien sûr que je le regrette. Il ne fallait pas dire ça, pas dans ce moment-là", a-t-il admis sur BFM TV, en référence à un tweet où il dénonçait une "affiche rouge" (référence à la propagande collaborationniste contre les résistants du groupe Manouchian) à son encontre et une brève interview à France Info où il expliquait que cette même Une faisait "partie d'une campagne plus générale que l'actuelle direction de Charlie Hebdo épouse. Monsieur Valls et d'autres [...] trouvent n'importe quel prétexte, n'importe quelle calomnie, pour en revenir à leur obsession : la guerre aux musulmans, la diabolisation de tout ce qui concerne l'islam et les musulmans"

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Une citation que Riss, directeur de la rédaction de Charlie Hebdo, avait interprété comme "un appel au meurtre" à leur égard. "Bien sûr que nous avons surréagi, bien sûr que quand on est blessé, on fait des bêtises", a poursuivi Edwy Plenel sur BFM TV, reformulant là des regrets déjà exprimés sur le plateau de Mediapart, le 22 novembre, lors d'une émission où Fabrice Arfi, Jade Lindgaard, François Bonnet et lui-même sont revenus sur la polémique. Et d'enfoncer : "Il ne peut pas y avoir de guerre entre Charlie Hebdo et Mediapart. Il ne peut pas y avoir de guerre entre deux journaux indépendants [...] encore moins quand l'un de ces journaux a payé le prix  le plus cher, le prix du sang, pour cette liberté."

Si Edwy Plenel a voulu enterrer la hache de guerre avec Charlie Hebdo, il est quelqu'un qu'il n'a pas voulu épargner, l'ancien Premier ministre Manuel Valls, qui s'est offert à l'occasion de la polémique une exposition médiatique inédite depuis son retour à l'Assemblée nationale. Sautant à pieds joints dans la polémique, l'intéressé avait déclaré vouloir "faire rendre gorge" à Mediapart, qu'il souhaiterait "écarter du débat public". De l'intéressé, Edwy Plenel a précisé que c'était lui qui était visé par sa phrase polémique : "C'est un politicien  qui essaye de se refaire sur le dos de deux mots : islam et musulman. [...] Manuel Valls a parfaitement le droit de ne pas apprécier Mediapart. Le pluralisme de la presse est un droit fondamental, constitutionnel. Mais il n'a pas le droit, sauf à ne pas vouloir être Charlie, de vouloir bannir un journal."

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