Edith Scob, éternel second rôle du cinéma français, est morte à l'âge de 81 ans

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DISPARITION - Elle avait tourné avec les plus grands. Edith Scob, dont la carrière cinématographique a en particulier été marquée par "Les Yeux sans visage" de Georges Franju et "Holy Motors" de Léos Carax, est décédée à l'âge de 81 ans.

C'était un des seconds rôles les plus prisés du cinéma français. La comédienne Edith Scob est décedée ce mercredi à l'âge de 81 ans. L'information, annoncée par la Cinémathèque française sur son compte Twitter, a été confirmée par l'agent de la comédienne à l'AFP. Si son nom n'était pas forcément connu du grand public, son visage aura marqué plusieurs générations de spectateurs. Souvent dirigée par des "pointures", Edith Scob n'a jamais cessé de travailler. Elle est apparue dans près de 70 longs-métrages, une trentaine de téléfilms et une soixantaine de pièces. 

Nommée deux fois aux César, dans la catégorie Meilleur second rôle féminin en 2009 dans "L'heure d'été" (d'Olivier Assayas) et, en 2013, dans "Holy motors" (de Leos Carax), elle a souvent joué les folles, les victimes ou de monstres mais, à partir des années 1990, elle élargit sa palette et navigue entre un cinéma exigeant et un autre plus populaire. "Dans ma vie privée comme professionnelle, j'ai toujours fait en sorte d'être en deuxième ligne, j'ai l'impression d'avoir eu toute ma vie à faire avec la notion de disparition", disait à Libération en 2009 cette femme mince et blonde, aux traits hiératiques troublants, aux grands yeux bleus et à la voix haut perchée.

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Petite-fille d'un général de l'armée impériale russe, Édith Vladimirovna Scobeltzine naît le 21 octobre 1937 à Paris. A la fin des années 50, cette jeune fille introvertie, issue d'une stricte famille protestante, fait de la figuration. Elle est alors repérée par Georges Franju, un des fondateurs du cinéma fantastique à la française, qui lui confie d'abord un rôle de folle internée dans "La Tête contre les murs" (1959). La même année, il en fait une jeune fille dont le visage défiguré devient un terrain d'expérimentation pour son père chirurgien dans "Les yeux sans visage". Le regard transi de l'actrice, derrière son masque blanc, a marqué les cinéphiles. "J'ai sans doute accepté trop souvent des choses directement inspirées des 'Yeux sans visage'", admettra-t-elle bien plus tard.

Elle devient ensuite l'actrice fétiche de Franju qui la dirige dans "Judex", "Thérèse Desqueyroux" ou "Thomas l'imposteur" ainsi que du franco-chilien Raul Ruiz. Elle passe à côté de la Nouvelle vague, interprète la Vierge Marie pour Luis Bunuel dans "La voie lactée" (1969) puis travaille pour Andrzej Zulawski ("La Fidélité"), Jacques Rivette ("Jeanne la pucelle"), Jean-Paul Rappeneau ("Bon voyage") ou Tonie Marshall ("Vénus Beauté (Institut)"). Sa dernière apparition au cinéma remonte au printemps dernier dans "Mon Inconnue", le film d’Hugo Gélin avec François Civil et Joséphine Jappy. 

Édith Scob a également  beaucoup tourné pour la télévision. Elle a marqué les esprits dans le feuilleton "La poupée sanglante" (1976) où elle incarnait une marquise alitée, hurlante et livide, parce que son vampire de mari boit son sang chaque nuit. On la verra plus tard dans la série populaire "Sœur Thérèse.com" (2002-2011). Mère de deux fils, elle a travaillé de façon permanente pendant sept ans à l'ATEM (Atelier Théâtre et Musique, plutôt d'avant-garde), créé par son mari, le compositeur Georges Aperghis. 

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