Le CSA saisi après la diffusion d'une chanson de Frédéric Fromet sur France Inter sur la mort d'Ivan Fandiño

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AIE AIE AIE - Le moins que l'on puisse dire, c'est que le CSA a du boulot, en ce moment. Ce dernier vient d'être saisi après la diffusion d'une chanson de Frédéric Fromet, au sujet de la mort d'Ivan Fandiño, ce matador mort encorné par un taureau, la semaine dernière.

Disons-le tout net, la chanson n'est pas franchement drôle et on a connu Frédéric Fromet en meilleure forme. Le 23 juin dernier, le chansonnier évoquait la mort d'Ivan Fandiño, ce célèbre matador mort la semaine dernière, dans les arènes, lors d'une corrida à Aire-sur-l'Adour, dans les Landes. 


La chanson a été diffusée dans l'émission de Charline Vanhoenacker "Si tu écoutes j'annule tout", sur France Inter, et celle-ci n'a pas plus à l'Union des villes taurines de France (UVTF) et l'Observatoire national des cultures taurines (ONCT), qui viennnent d'annoncer la saisie du CSA au sujet de ce morceau, dans un communiqué repris par l'AFP. 

"Le sang en gaspacho"

Dans ce que l'humoriste présente comme "une chanson festive", Ivan Fandiño est moqué avec virulence, sur l'air de "Bambino", de Dalida : "Tu t'es bien fait encorné, fallait pas faire le kéké", "gicle, gicle tes boyaux", "t'es parti comme une bouse". Et Frédéric Fromet transforme des parties du corps du torero en spécialités culinaires espagnoles : "le sang en gaspacho", "brochette espagnola", "superbe tortilla", "le foie dans la paella", "réduit en chorizo", "petites couilles en tapas"... Bref, un mélange de cours d'anatomie et de cuisine pas du meilleur goût. 

Dans un communiqué, l'UVTF, présidée par Jean-René Etchegaray, maire UDI de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), et l'ONCT, présidée par l'ancien matador André Viard, annoncent avoir "saisi ensemble le Conseil supérieur de l'audiovisuel, le médiateur de Radio France, la direction de Radio France et celle de France Inter, suite aux propos inqualifiables tenus sur cette dernière antenne vendredi après-midi à l'encontre de Ivan Fandiño".

"Il apparaît que - les limites admissibles de la liberté d'expression - que fixent la jurisprudence, ont été largement dépassées"

"C'est avec effarement et consternation que nous avons pris connaissance de la chanson de Frédéric Fromet diffusée sur France Inter, tout au long de laquelle sont dépassées les limites de la bêtise", "mais surtout de l'ignominie", indique le communiqué. "Comment peut-on perdre à ce point le sens de l'humain et se vautrer dans la méchanceté gratuite, au moment où une famille perd son fils, son époux, son père, et des millions d'aficionados un artiste admiré"?, s'interrogent l'UVTF et l'ONCT.


"Même si l'aspect provocateur et de mauvais goût des humoristes ne saurait, par principe, être remis en cause, il apparaît que les limites admissibles de la liberté d'expression que fixent la jurisprudence, ont été largement dépassées", ajoutent l'UVTF et l'ONCT, exigeant "un droit de réponse" et "des excuses publiques de la part de l'auteur", "pour l'honneur de la radio du service public et pour la crédibilité de ses programmes".


Le chansonnier, qui a pour habitude d'entonner d'une voix haut-perchée des chansons à l'humour particulièrement salé, a toutefois trouvé des soutiens. Le site Mes opinions héberge une pétition qui avait recueilli près de 30.000 signatures, lundi 26 juin au soir. Contactés par LCI, le CSA et France Inter n'ont - pour l'instant - pas pris position publiquement sur le sujet.

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