"On a senti le danger, du jamais vu dans une fiction" : dans les coulisses du "Bazar de la Charité", la série de TF1

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ÇA TOURNE – C'est une série très attendue. LCI s'est glissé dans les coulisses du tournage du "Bazar de la charité", la fiction en costumes de TF1 emmenée par Audrey Fleurot, Julie de Bona et Camille Lou. (Crédit photos : J.Cauvin & D.Manin/Quad Télévision/TF1)

"C'est mon premier film en costumes. Comme j'ai maigri un petit peu, je trouve que ça me va très bien !" Vêtu d'une élégante redingote noire, Gilbert Melki est ravi. Nous sommes sur le tournage du "Bazar de la Charité", la nouvelle fiction événement de TF1 dont le tournage a débuté mi-novembre. Ce mercredi 27 février, toute l'équipe a investi la chapelle Saint-Philippe du village éducatif du même nom à Meudon (Hauts-de-Seine), où un hospice du début du siècle a été reconstitué. Des femmes brûlées déambulent dans les couloirs tandis que Gilbert Melki jette un œil à la scène du jour. 

"Je joue le rôle de Marc Antoine de Lenverpré, un homme politique prêt à tout pour devenir président du sénat. C'est un personnage pas très sympathique, c'est un peu un assassin. Mais surtout, il est très amoureux de sa femme. Alors, quand il découvre qu'elle le trompe, il devient dingue". Dans la scène du jour, le politicien est à la recherche de sa femme, la fascinante Adrienne de Lenverpré. Cette grande bourgeoise fait partie des victimes du terrible incendie qui a ravagé le Bazar de la Charité, le 4 mai 1897 à Paris. Partant de ce fait divers qui a fait plus de 120 morts, principalement des femmes, la fiction produite par Quad Télévision suit le destin romanesque de trois héroïnes campées par Julie de Bona, Camille Lou et Audrey Fleurot, qui luttent chacune à leur façon pour s'émanciper. 

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Une scène d'incendie spectaculaire

"Moi je suis Rose, la bonne d'Alice, la fille d'un couple de bourgeois interprété par Camille Lou", nous glisse entre deux prises Julie de Bona. "Elle est mariée à Jean, le cocher, incarné par Aurélien Wiik, qui la pousse à sortir de sa condition. Mais elle a du mal à se dire qu'elle va être libre. Elle est entièrement dévouée à sa maîtresse. Sa vie va basculer au cours de l'incendie", poursuit la comédienne très éprouvée par la scène d'ouverture de la série. "Avec Camille Lou, on s'est retrouvées au milieu des flammes, c'était absolument effrayant. On a senti le danger, c'est du jamais vu dans une fiction".

"Tout le premier épisode tourne autour de l'incendie du Bazar de la Charité. Nous avons construit un bâtiment en bois dans les studios de Bry-sur-Marne (Val-de-Marne) que nous avons réellement brûlé. C'était spectaculaire, ça a brûlé durant dix jours", explique Iris Bucher, la productrice de la fiction. Une équipe de pompiers était présente 24 heures sur 24 pour assurer la sécurité de cette séquence hors norme qui a marqué toute l'équipe. "Il y avait des flammes de plus de 6 mètres de haut, je n'avais jamais vu ça", confirme Nathalie Dufour, la chef maquilleuse des effets spéciaux. "Le réalisateur Alexandre Laurent n'a pas peur d'aller loin, que ce soit dans la mise en scène ou dans les maquillages. Il voulait que ce soit réaliste."

Sur le plateau, pour mettre les comédiens et les figurants dans l'ambiance, Alexandre Laurent n'hésite pas à mettre la musique à fond, passant du rock à la musique classique, comme aujourd'hui. Aux côtés de Gilbert Melki, on retrouve Josiane Balasko, alias Madame Huchon, une bourgeoise dont la fille a péri dans l'incendie. "Le Bazar de la Charité est un film en costume mais il est très moderne, que ce soit dans sa mise en scène ou dans son propos", nous explique le réalisateur à qui l'on doit "Le Secret d'Elise" et "La Mante". Pour les scènes de désolation après l'incendie, il admet s'être inspiré d'images de l'attentat du Bataclan. "Quand j'ai lu le scénario, j'ai tout de suite eu ça en tête. Je me souviens de deux pompiers qui se prenaient dans les bras, des gens hébétés, d'autres qui pleurent. Ce sont des images qui marquent". 

Vol d’identité, amours interdits, changement  de vie, manipulation, la fiction qui se compose de huit épisodes de 52 minutes promet bien des surprises. "Allez, on en fait une dernière", lance le réalisateur à l'équipe sur le pont depuis 6h30 du matin. Très pointilleux, il sait exactement ce qu'il veut, allant même jusqu'à diriger les figurants pour qu'ils donnent le maximum. "J'aime raconter l'histoire à travers le point de vue des personnages", admet Alexandre Laurent qui insiste sur le côté contemporain de la saga. "Bien qu'elle parle du passé, la série traite de sujets très actuels comme la récupération politique ou la place des femmes dans la société". Il flotte comme un petit parfum de féminisme dans cette fin de 19e siècle...

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