"On n'est pas couché" : France Télé mis en demeure par le CSA pour le clash entre Sandrine Rousseau et Christine Angot

"On n'est pas couché" : France Télé mis en demeure par le CSA pour le clash entre Sandrine Rousseau et Christine Angot

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MÉDIAS - Le CSA a rendu sa décision sur la séquence polémique qui avait opposé, fin septembre, l'ancienne porte-parole EELV, Sandrine Rousseau, avec les chroniqueurs Christine Angot et Yann Moix.

C'était le 30 septembre dernier. Sous les lumières trop blanches du plateau de Laurent Ruquier, l'ancienne députée EELV, Sandrine Rousseau était reçue pour détailler son livre Parler. Celle-ci avait porté plainte pour agression sexuelle contre Denis Baupin (des faits non poursuivis car prescrits). 


Là, face aux chroniqueurs, elle devait souligner les difficultés de dénoncer les violences faites aux femmes, et revenir sur l'affaire Baupin. Christine Angot, écrivaine elle-même victime d'inceste, s'était alors emportée.


Trois mois plus tard, le CSA a publié un communiqué laconique. Pour "manquement à sa responsabilité particulière en matière de lutte contre les violences faites aux femmes", le Conseil supérieur de l'audiovisuel a "mis en demeure" France Télévisions. Une décision préalable à une éventuelle sanction. 

Un "choix de montage trompeur"

Le CSA a notamment critiqué un "choix de montage trompeur". La production a enlevé une séquence où la chroniqueuse Christine Angot quittait le plateau, mais a conservé des séquences où l’invitée, l'ex-députée EELV Sandrine Rousseau, "n’a pu masquer son émotion" face aux "propos tenus par les deux chroniqueurs". 


"Les chroniqueurs de l’émission ont longuement, de manière virulente et systématique, sans prendre en compte sa vulnérabilité manifeste, mis en doute l’utilité même de sa démarche sans respect pour sa parole ni pour son engagement.", souligne le CSA.  

Plusieurs centaines de téléspectateurs avaient saisi le CSA après l'émission, tout comme la secrétaire d'Etat chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa.


Selon le CSA, les interventions de l’animateur Laurent Ruquier pendant la séquence ont également "été caractérisées à plusieurs reprises par une attitude de complaisance à l'égard du parti-pris choisi par les chroniqueurs attitrés de l’émission s’agissant d’un sujet particulièrement grave et douloureux". 


A ce jour, le groupe public n'a pas souhaité commenter cette décision. "Ce que vous avez vu n'est rien d'autre que la vie", s'était défendu Laurent Ruquier dans son émission la semaine suivante, estimant que "deux victimes" exprimaient là "leur douleur".

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