"Plus Belle la vie" : la série accusée de promouvoir la GPA, son producteur réplique

Médias
POLÉMIQUE - L'une des arches narratives du feuilleton quotidien de France 3 fait s'élever des associations féministes, qui ont interpellé le CSA. L'une des héroïnes mime actuellement une grossesse dans l'attente de l'accouchement de sa mère porteuse, installée en Angleterre. Le producteur de la série se défend de toute "propagande".

Les habitants du Mistral ont toujours été à la pointe de l'actualité. Depuis son lancement en août 2004, "Plus belle la vie" s'est toujours attaché à évoquer les grands événements ainsi que les débats qui secouent la société, du mariage gay à la transidentité. Rien d'étonnant donc à ce que le feuilleton quotidien de France 3 se soit attaqué à l'épineux sujet de la gestation pour autrui.


"C'est un sujet d'actualité qui est compliqué mais pour raconter une histoire, on a le temps donc va prendre le temps de développer ça. Et ce n'est pas un guest qui viendra, c'est un de nos récurrents autour duquel on travail", avait expliqué en janvier à Télé Loisirs le producteur de la série Sébastien Charbit. C'est donc à Céline (Rebecca Hampton) qu'est revenue la lourde tâche d'évoquer cette pratique, on le rappelle, illégale en France.

L'avocate célibataire fait donc croire à ses voisins, faux ventre à l'appui, qu'elle est enceinte alors qu'elle attend en fait que sa mère porteuse rencontrée en Angleterre donne naissance à son enfant, conçu par FIV avec un donneur de sperme anonyme.  "T’as conscience que c’est complètement illégal ?", lui lance son ex-mari Vincent dans l'épisode diffusée le 23 juillet sur France 3. "C'est sans doute ma dernière chance d'être mère (...). Parfois j'ai un peu peur que l'on découvre que ce n'est pas moi qui l'ai porté mais après je vois mon bébé et je suis tellement heureuse", rétorque-t-elle. Une intrigue jugée "favorable" à la GPA par des associations féministes, qui ont saisi le CSA pour demander le rappel "de façon explicite de l'interdiction de la GPA en France". 

La Coalition internationale pour l'abolition de la maternité de substitution (CIAMS), parmi laquelle figurent des associations comme L'amicale du nid, les Chiennes de garde ou encore Osez le féminisme, avait déjà tiré la sonnette d'alarme le 21 juillet en affirmant que le sujet était "présenté sous l'angle caricatural qu'utilisent les médias pour rendre acceptable, auprès du grand public, cette pratique illégale en France et dans bon nombre de pays d'Europe". Dans un deuxième communiqué daté du 5 août, l'association dénonce "un parti pris très grave" et l'utilisation de "subterfuges" dans le scénario. Elle cite notamment "le recours au rôle d'une jeune femme médecin comme caution médicale, scientifique et morale, sous couvert de raisons humanitaires."

Le producteur se défend de toute "propagande"

 "Que le scénario prévoie une pirouette pour esquiver, in fine, le dénouement de ce cas de recours à la GPA, qui se révélera être une escroquerie, n'exonère pas la production de la série de sa responsabilité quant à la mise en avant médiatique d'un acte répréhensible", poursuit le texte. Sans réponse de la part de la production, habituée à traiter les sujets de société les plus brûlants, les associations ont indiqué avoir saisi le CSA. Le CoRP (Collectif pour le respect de la personne, association co-fondatrice de la CIAMS) a ainsi publié sur son site le message adressé à la haute autorité de l'audiovisuel français. Une quinzaine de saisines ont été déposées, a confirmé le régulateur à l'AFP.  

Si la production de la série n'a pas encore répondu aux associations, elle devrait le faire rapidement : elle a indiqué n'avoir pris connaissance des courriers que lundi et qu'elle le ferait prochainement. Le producteur a donné un avant-goût de la teneur de la réponse auprès de l'AFP : "On ne fait jamais de propagande, on ne fait que poser des questions qui animent la société", dans une démarche "pédagogique" et documentée, a revendiqué Sébastien Charbit. "On va poser la question de la marchandisation du corps, à laquelle on est très sensibles", a-t-il expliqué. Avant de préciser, sans vouloir dévoiler le fin mot de l'intrigue : "L'histoire va se dérouler sur quatre semaines avec plusieurs points de vue, comme toujours dans PBLV". 


Très attendu et maintes fois repoussé, le projet de loi sur la bioéthique et sa mesure phare sur l'extension de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes doit être examiné à la rentrée par les députés. De nombreux militants anti-PMA, qui préparent une forte mobilisation contre cette loi, considèrent comme l'ex-président de LR Laurent Wauquiez que cette réforme "mènera nécessairement" à la GPA. Ce qu'a toujours nié le gouvernement.

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