Pourquoi on adore "RuPaul's Drag Race", le concours de drag queens diffusé sur Netflix

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AMEN ! - Véritable philosophie de vie devenue phénomène télévisuel, le concours de drag queens le plus célèbre du moment vient d'être renouvelé pour une saison 12 et s'apprête à se délocaliser au Royaume-Uni. Focus sur un programme fédérateur qui dépasse largement le cadre du petit écran, disponible en France sur Netflix.

L'essayer, c'est l'adopter. "RuPaul's Drag Race" fait partie de ces programmes qui vous donnent la pêche dès les premières minutes. À la fois aussi fake que les perruques et les faux cils de ses participantes, et aussi émouvant que les récits personnels qu'il met en lumière. Le New York Times l'a qualifié de "parfait" et il concourra pour 14 Emmy Awards en septembre - après en avoir déjà remporté 9 par le passé. 

Le principe est simple : une dizaine de drag queens se disputent le titre - et la couronne - de "prochaine superstar drag d'Amérique". Alors ça sent forcément bon les tenus extravagantes, le crêpage de chignons et le contouring en abondance. Lancé en 2009, ce concours hors du commun, diffusé en France sur Netflix vient d'être renouvelé pour une douzième saison traditionnelle et une cinquième saison "All Stars" qui voit s'affronter - comme dans "Koh Lanta" - certaines des anciennes candidates les plus emblématiques de l'émission. Une version britannique démarrera même au mois d'octobre.

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L'épreuve ultime du "lipsync for your life", "chante en playback pour sauver ta peau"

"L'art drag a toujours été aussi intense et fabuleux mais malheureusement avant l'émission, seul un nombre limité de personnes en avait fait l'expérience. 'RuPaul's Drag Race' nous a donné un espace pour partager notre art avec des gens qu'on n'aurait probablement pas été capables d'atteindre", explique à LCI Asia O'Hara, finaliste de la saison 10. À l'écran, les styles sont aussi différents que complémentaires. Chaque épisode se conclut par un défilé lors duquel les candidates présentent des tenues de leur création selon un thème imposé.

Les deux reines les moins convaincantes de la semaine se voient contraintes de "faire du playback pour sauver leur peau" - "lipsync for your life" en VO - des prestations souvent de haut vol et complètement dingues sur des titres légendaires de la pop. On n'oublie pas, comme dans toute bonne téléréalité, les commentaires ultra bitchy de chacune des candidates face caméra. 

La personnalité est aussi importante que le look pour espérer décrocher le chèque final de 100.000 dollars. Les caméras sont d'ailleurs branchées en permanence et ce qui ne finit pas dans "RuPaul's Drag Race" est à découvrir dans "Untucked", l'émission sur les coulisses du tournage (aussi disponible sur Netflix). Drama, drama, drama...

L'émission se décline en spectacles et a sa DragCon, son propre Comic Con

Aux manettes ? RuPaul, première drag queen à avoir signé un contrat majeur avec la marque de maquillage MAC Cosmetics en 1994. Midas des temps modernes et roi des punchlines, il est aujourd'hui à la tête d'un empire médiatique qui a toujours pour objectif de mettre en avant la culture drag et la défense des droits LGBT. À la tête de son podcast "What's the tee", il sera bientôt la star de sa propre série Netflix "AJ and the Queen" et a inauguré son étoile sur le Walk of Fame de Hollywood l'an dernier. Il y a cinq ans, il s'est inspiré du Comic Con pour créer son propre évènement. La DragCon, organisée à Los Angeles et désormais à New York, a rassemblé plus de 40.000 personnes en 2017 et généré plus de 9 millions de dollars de ventes de produits dérivés, selon la BBC.

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Mais pour RuPaul, son art n'est pas totalement devenu mainstream. "Ma vision du drag, c'est que nous sommes tous nés nus et que le reste est du drag", explique-t-il dans un entretien à Interview magazine publié le 19 août, reprenant les paroles d'une de ses chansons. "C'est en quelque sorte une vision existentielle et ça a à voir avec la rupture du quatrième mur. Se voir soi mais depuis l'extérieur. C'est mon drag. Mais le drag qui est devenu populaire chez les jeunes autour du monde est la partie immergée de l'iceberg, du style 'Oh, joli maquillage. J'adore sa tenue'. Donc je ne pense pas que le drag en lui-même soit devenu courant. Sa partie superficielle oui, mais pas encore le message plus profond qui est que nous sommes tous des extensions du pouvoir qui a créé l'univers", détaille-t-il. 

L'émission véhicule également des valeurs moins philosophiques, comme le respect de l'autre et l'amour de soi. Car "si tu ne t'aimes pas, comment crois-tu pouvoir aimer quelqu'un d'autre ?", clame RuPaul à chaque fin d'émission avant de lâcher un "AMEN !" collectif. Si l'émission ne vous suffit pas, sachez que ses reines se produisent régulièrement en solo dans une petite salle parisienne. Après un passage triomphal au Casino de Paris au printemps dernier avec le plus officiel "Werq the World Tour", elles nous ont déjà assuré qu'elle reviendrait dans la capitale en 2020. Et croyez-nous, ça vaut le détour !

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