Patrick Stewart réussit son retour dans "Star Trek : Picard" : "Le meilleur art est politique"

Patrick Stewart réussit son retour dans "Star Trek : Picard" : "Le meilleur art est politique"
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COUP DE COEUR - Le légendaire Jean-Luc Picard reprend du service dans une série qui porte son nom, à découvrir dès vendredi 24 janvier sur Amazon Prime Video. Un miroir des travers de notre société, comme l'était le matériel d'origine, qui accueille à bras ouverts les non-initiés. "Ce sera une sorte de nouveau départ parce que le monde n'est plus ce qu'il était", assure sa star Patrick Stewart à LCI.

Ses nouveaux partenaires de jeu parlent de lui comme de leur capitaine. "Il nous a accueillis de la meilleure des manières. C'est un leader incroyable et généreux", nous glisse la jeune Isa Briones, 21 ans. "Il est revenu pour une raison. On profite tous de son retour car il voulait quelque chose de différent, quelque chose qui aille plus loin", ajoute Santiago Cabrera. 

Vingt-six ans après la diffusion du dernier épisode de "Star Trek : la nouvelle génération" et dix-huit ans après le film "Star Trek : Nemesis", Patrick Stewart rendosse le costume de Jean-Luc Picard dans une série qui porte son nom. L'acteur britannique est aussi sage que son personnage, sa parole aussi douce que réfléchie. "J'ai dit oui après avoir dit non deux fois", s'amuse-t-il quand nous le rencontrons en octobre dernier avec une poignée de journalistes.

Nous racontons les histoires qui nous hantent tous (...) et nous vous donnons de l'espoir. C'est impératif en ce moment- Michelle Hurd (Raffi)

La veille, sa venue au Comic Con Paris en compagnie d'une partie du casting de "Star Trek : Picard" a électrisé une foule de Trekkies impatients. "J'ai été convaincu par les créateurs de la série que ça allait être un nouveau monde. En dix-huit ans depuis 'Nemesis', le nôtre a subi tellement de transformations stupéfiantes et nous sommes maintenant dans un bazar absolument horrible, en particulier ici en Europe. Ça été très important pour moi. 'Picard' sera une sorte de nouveau départ parce que le monde n’est plus ce qu’il était", nous explique-t-il. 

Le point fort du programme ? Jouer, comme ses prédécesseurs, le rôle de miroir de notre société. "À chaque fois que les arts évoquent des problématiques qui sont les nôtres, c'est puissant. C'est un encouragement pour tous et je crois que c'est une des choses que Gene Roddenberry - paix à son âme - a amené à la télévision quand il a créé 'Star Trek'", estime Patrick Stewart.

"'Star Trek' a toujours raconté des histoires sur l’humanité, d'une manière tellement intelligente que rien n'était présenté comme une leçon. Mais après avoir vu quelque chose qui vous a diverti, vous réalisez que ça parlait de discrimination, de séparatisme… Nous racontons les histoires qui nous hantent tous (...) et nous vous donnons de l'espoir. C'est impératif en ce moment", insiste Michelle Hurd, qui campe Raffi, l'un des ex-bras droits du héros. 

"Star Trek : Picard" prend à bras le corps des questions très actuelles comme l'immigration, la santé mentale et la gestion des traumatismes. "Nous avons un énorme problème de réfugiés dans la série qui ferait croire que la crise d’aujourd’hui n’est pas un problème du tout", assure Patrick Stewart, "très fier d'avoir cet élément dans la série". "Je pense que l’art est politique, que le meilleur art est politique. Il n’apporte pas toujours des solutions mais il vous montre au moins ce qu’est la vie. Ça a toujours été important pour moi", souligne-t-il.

Je suis très vieux. Vous pouvez changer le nom de la série et l'appeler "Star Trek : Raffi"- Patrick Stewart, taquin sur son avenir dans la série

Les années ont passé et ont forcément marqué l'univers Star Trek. "Dans 'La nouvelle génération', nous avions une maison, nous avions l’Enterprise. C’était notre sécurité, notre base, l’endroit où on pouvait prendre notre tasse de thé et jouer aux cartes. Nous n’avons plus ça dans cette série. La seule maison est celle que Picard quitte dans le deuxième épisode", glisse-t-il à propos du show dont nous avons pu visionner trois épisodes. Installé en France loin de Starfleet, Jean-Luc Picard sort de sa retraite pour aider la jeune Dahj à comprendre pourquoi elle est recherchée par une horde de tueurs masqués. Voilà tout ce qu'on pourra vous dire de cette histoire bien ficelée qui joue sur la nostalgie sans fermer la porte aux non-initiés, savant mélange de scènes d'action millimétrées et de complexes intrigues.

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Il se murmure que "Star Trek : Picard", diffusée aux Etats-Unis sur la plateforme CBS All Access et en France sur Amazon Prime Video dès le 24 janvier, est bien partie pour durer au moins trois saisons. Une information que Patrick Stewart commente avec humour. "Je suis très vieux. Vous pouvez changer le nom de la série et l'appeler 'Star Trek : Raffi'", nous taquine-t-il. 

Mais ne comptez pas sur lui pour prendre sa retraite de sitôt. Il moque gentiment son double de fiction "marié à son travail" mais vit à peu près la même chose depuis cinq décennies. "Je ne me suis jamais arrêté. Je n’ai pas vu grandir mes enfants. Mon fils, qui est acteur, m’a pardonné. Je ne pense pas que ce soit le cas de ma fille. Je n’étais pas à la maison, j’étais dédié à mon métier. J’aurais pu faire tellement plus pour ma famille, mais je ne l’ai pas fait. J’ai laissé les choses s’échapper. C’est mon grand regret, d’avoir tant manqué", confesse-t-il. Son sacrifice personnel a pourtant tant offert à des millions de spectateurs dans le monde.

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