Julie de Bona, héroïne de "Ils ont échangé mon enfant" sur TF1 : "Cette histoire reflète une peur collective"

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INTERVIEW – La comédienne Julie de Bona est l'héroïne d'"Ils ont échangé mon enfant", une fiction bouleversante inspirée de l'histoire vraie de Sophie Serrano, ce lundi soir sur TF1.

Quand la réalité dépasse la fiction. TF1 diffuse ce lundi soir "Ils ont échangé mon enfant", un téléfilm émouvant inspiré de l'histoire vraie de Sophie Serrano, une mère de famille qui a découvert que sa fille Manon, alors âgée de 10 ans, n'était pas sa fille biologique mais celle d'un autre couple. Les bébés avaient été échangés par erreur à la maternité.  


Jeune maman depuis le mois d'août dernier, Julie de Bona, l'héroïne du "Tueur du lac" change de registre et campe avec beaucoup de justesse une mère de famille confrontée à l'impensable. La comédienne nous en dit plus sur cette fiction qui aborde avec beaucoup de délicatesse le sujet des liens filiaux. 

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Ils ont échangé mon enfant, inspirée d'une histoire vraie, lundi 15 octobre sur TF1

LCI : Connaissiez-vous l'histoire de Sophie Serrano, quand vous avez accepté le projet ? 

Julie de Bona : Non, je n'en avais pas entendu parler. Je l'ai découverte en lisant le scénario et je me suis dit que cette histoire reflète une peur collective : que l'on ait des enfants ou pas, on peut tous se projeter. D'ailleurs en parlant de cette histoire autour de moi je me suis rendue compte que l'idée qu'on puisse échanger leur bébé était une angoisse pour beaucoup de personnes… 

Vous-même avez été échangée à la naissance… 

L'histoire de Sophie Serrano fait écho à ma propre histoire car ma mère a vécu la même expérience qu'elle : à ma naissance on lui a donné un autre bébé. Mais le drame a été évité car ma mère s'en est rendue compte tout de suite puisque j'avais conservé mon bracelet, contrairement à celui de la fille de Sophie Serrano qui était tombé et qu'on avait échangé. Mon père a d'ailleurs fait un esclandre dans l'hôpital, il en parle encore ! A l’époque, quand Sophie Serrano a exprimé ses doutes, on l'a rembarrée. Elle a donc immédiatement aimé l'enfant qu'on lui a mis dans les bras. 

Vous avez rencontré Sophie Serrano : comment ça s'est passé ?

J'ai souhaité la rencontrer car je trouvais que c'était humainement très intéressant déjà. Et puis pour être légitime et pouvoir l'interpréter ensuite. Je me sens un peu responsable. Elle a été incroyablement accueillante et chaleureuse. Nous avons passé deux jours ensemble, j'ai même dormi chez elle. Ce n'était pas facile pour elle de reparler de tout ça mais elle a été d'une grande générosité. 

Je ne juge pas ceux qui mettent en scène leur grossesse car c'est dans l'air du temps. Julie de Bona

Sophie Serrano est une double victime : on l'a également accusée de ne pas avoir su reconnaître son enfant…

Moi je trouve ça affreux le jugement de la société sur elle. Cette question, tout le monde la lui a posé, sa souffrance en a été décuplée. On a douté d'elle. Vous imaginez le traumatisme en plus. Mais l'autre maman non plus n'a pas reconnu son bébé. Il doit y avoir beaucoup d'enfants échangés sans qu'on le sache. 

Comme votre personnage, vous étiez réellement enceinte sur le tournage. Cela vous a-t-il aidé à entrer dans le rôle ? 

C'était assez magique cette coïncidence, j'étais dans l'état qu'il fallait pour jouer le rôle, un état de fragilité et de protection. Mais je ne me suis pas posée la question, je ne sais pas si ça a changé quoi que ce soit car j'ai interprété le personnage à fond et je l'ai dissocié de ma vie. Je dirai que c'était un film qui m'ouvrait sur la maternité, sur ce que c'est d'être mère et d'aimer un enfant. Ça faisait écho à ma vie, mais de façon très douce. 

Comment garde-t-on une grossesse secrète quand on est une actrice à succès populaire ?

(Elle rit) Ca a été très simple, je ne l'ai pas dit ! En plus je ne me considère pas comme très connue. Mais c'était important pour moi, je me suis fait ce cadeau. Je ne juge pas ceux qui mettent en scène leur grossesse car c'est dans l'air du temps.  Peut-être que ça vient de mon éducation, de ma mère vietnamienne qui est très discrète. Je l'ai finalement annoncé à ma manière, sur mon compte Instagram de façon joyeuse. Mais maintenant je suis heureuse de partager ce bonheur avec les gens qui me suivent. 

Avez-vous des projets à venir ?  

Oui, bien sûr. J'étais heureuse de faire une parenthèse pendant quelques mois avec mon bébé mais je suis aussi très excitée de remonter  sur les planches. Je repars en tournée jusqu'à fin décembre avec la pièce aux côtés de Pascal Legitimus, "Non à l'argent !". Ensuite je commence le tournage du "Bazar de la charité" pour TF1 avec Audrey Fleurot et Camille Lou. Et en mars je serai à l'affiche du long métrage de Fréderic Chau, "Made in China" et dans lequel on parle du monde asiatique et de la double culture.

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