Katie Stevens : "Regarder The Bold Type, c'est comme boire un verre de rosé entre copines"

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INTERVIEW - Arrivée sur la pointe des pieds sur Teva en février avec le sous-titre "De celles qui osent", "The Bold Type" a contribué à redéfinir la représentation des femmes à la télévision. LCI s'est entretenu avec Katie Stevens, l'une des star de cette série dans l'air du temps qui lance cette semaine sa saison 3 sur Amazon Prime Video.

Ne vous fiez pas à son apparence pop et girly. "The Bold Type" est beaucoup plus profonde qu'elle n'en a l'air. La série, lancée à l'été 2017 sur la chaîne câblée Freeform aux Etats-Unis, suit le quotidien de Jane, Sutton et Kat, trois jeunes New-yorkaises bien dans leurs têtes et dans leurs corps qui travaillent chez Scarlet Magazine, titre fictif de la presse féminine. Le résultat ? Un vent de fraîcheur porté par trois actrices de talent et par des scénaristes qui n'ont pas peur de frapper là où ça fait mal.


Précurseur du mouvement #MeToo, le show a contribué à redéfinir la représentation des femmes à la télévision en leur redonnant une épaisseur qui leur manquait cruellement depuis la fin de "Sex and the City", il y a 15 ans. Harcèlement, agression sexuelle, cancer du sein, congélation des ovocytes, immigration, féminisme ou encore ambition professionnelle, l'éventail des thématiques abordées est aussi large qu'essentiel. Le tout traité avec bienveillance et sans manquer d'humour.

Alors que la saison 3 démarre ce mardi 9 avril aux Etats-Unis, et dès le lendemain sur Amazon Prive Video en France, LCI a cueilli Katie Stevens au saut du lit pour une interview au téléphone. Pétillante interprète de la jeune journaliste Jane Sloane, l'actrice de 25 ans parle de sa série avec fierté. Et tient à nous prouver que ses cours de français paient en fin d'entretien.

Comment décririez-vous la série à ceux qui ne la connaissent pas encore ?


Katie Stevens, Jane Sloane dans la série "The Bold Type" : Avec les filles, on a l’habitude de dire que regarder "The Bold Type", c’est comme boire un verre de rosé entre copines. Notre série s’inspire du magazine Cosmopolitan. C'était important pour nous et pour les scénaristes de s’assurer que le show soit un reflet de ce magazine. On parle de mode, de politique et de sexe. On montre ce qu’est la vie d’une jeune millenial de nos jours. Donc les gens aiment nous comparer au "Sex and the City" de la génération actuelle qui aurait rencontré "Le Diable s’habille en Prada", ce qui est un compliment énorme.


Justement, vous voyez-vous comme les héritières de Carrie Bradshaw et ses amies de "Sex and the City" ? 


J’adorerais penser ça. Je pense que nous en sommes une version plus moderne. Quand "Sex and the City" était à l’antenne, l'époque était un peu différente. Cette série était centrée sur des femmes qui étaient en fin de trentaine et en début de quarantaine, qui avaient déjà traversé cette période difficile de la vingtaine. Ce qui est formidable avec "The Bold Type", c’est que nous montrons des femmes qui vivent ce moment où tout est un encore peu confus. Quand vous avez entre 20 et 30 ans, vous n’êtes pas vraiment sûrs de la direction que vous voulez donner à votre vie. Je pense que tout le monde peut s’identifier à ça, peu importe son âge. Des adolescentes regardent la série et elles voient que vous n’êtes pas obligé d’avoir réponse à tout quand vous avez la vingtaine, que la vie est une exploration. Et les femmes plus âgées qui nous regardent s’y retrouvent aussi car elles sont déjà passées par là. C’est vraiment super de pouvoir mettre en avant cette période que je traverse aussi parce que j’ai le même âge que Jane, mon personnage.

Nous allons aller plus loin en évoquant #MeToo à travers un regard masculinKatie Stevens, actrice

Joanna Coles, la productrice exécutive du show, a dit sur Twitter que "les histoires seraient plus fortes que jamais" dans la saison 3 qui débute ce mardi 9 avril aux Etats-Unis. Quelles thématiques allez-vous explorer cette année ?


Nous touchons à énormément de sujets et je crois que nous avons été parmi les premiers à avoir parlé du mouvement #MeToo, avant même qu’il ne se lance vraiment. Nous allons aller plus loin en évoquant #MeToo à travers un regard masculin. J’en suis vraiment très contente parce que je pense que la plupart du temps, la voix des hommes se perd. On écoute les femmes comme on devrait le faire mais pas forcément la perspective des hommes, qui ont pu ne pas avoir conscience de leurs actes et de la manière dont ils ont affecté les femmes. On traite ce sujet à travers un homme qui veut être meilleur, apprendre de cette expérience et être l’allié des femmes. On va aussi traiter de #MeToo sous une lumière différente en montrant une femme qui abuse de sa position de pouvoir et des effets de ce comportement sur celles avec qui elle travaille. Mais il ne s’agit pas d’un personnage que l’on connaît déjà ! J’ai hâte que les téléspectateurs découvrent cette nouvelle saison et j’espère que les histoires pourront les toucher comme elles l’ont fait par le passé.


La série prend également un tournant politique car Kat (Aisha Dee) se présente à un scrutin local. Avec l’élection présidentielle qui se profile en 2020 aux Etats-Unis, pensez-vous que la série puisse avoir un impact sur les jeunes électeurs ?


Oui ! Nous voyons de plus en plus de jeunes se lancer en politique, en particulier aux Etats-Unis. C’est important parce que la plupart du temps, et excusez-moi de ce que je vais dire, les gouvernements sont composés de vieux hommes blancs. Ils prennent des décisions qui affectent les femmes sans savoir ce que c’est qu’être une femme, et sans les écouter. C’est très important que nous ayons des femmes de notre génération engagées en politique, qui savent ce que nous vivons au quotidien, connaissent les défis auxquels nous faisons face, ce dont nous avons besoin. C’est vraiment super que nous montrions ça dans la série parce que parfois certains voudraient se lancer mais pensent qu’ils ne peuvent pas à cause de leur âge ou de leur expérience. C’est bien que nous puissions voir un peu plus ça à la télévision.

Une série comme "The Bold Type" permet de normaliser les conversations sur le sexe et la sexualitéKatie Stevens, actrice

Y a-t-il un sujet que la série n’a pas encore abordé et que vous aimeriez voir à l’écran ?


Oh wow… (Elle réflechit). J’ai vu que d’autres séries comme "Good Trouble" commençaient à le faire mais j'adorerais que "The Bold Type" évoque aussi la bisexualité. La société s’interroge encore dessus et appelle ça "une phase". Il y a des personnes qui sont bisexuelles et c’est leur essence. J’ai l’impression qu’il y a un tabou en particulier autour de la bisexualité des hommes. Les femmes peuvent l’être mais pas les hommes. 


"The Bold Type" est sous-titrée "De celles qui osent" en français. La série vous a-t-elle amené à tenter des choses que vous n’aviez jamais osé faire avant ? 


La série m’a pas mal sortie de ma zone de confort. Je sais que j’ai l’image d’une femme sexy mais c’est une partie de moi que j’ai toujours eu peur de m’approprier. Faire partie de cette série m’a donné plus confiance en moi et m’a permis d'appréhender ma sexualité d’une manière différente. Je n’ai plus honte d’être sexy si je veux l’être, de parler de sexe ouvertement sans honte. Il y a une époque où on me disait que le sexe était quelque chose de privé, qu’il ne fallait en parler. Et donc on pouvait se sentir seul par moment, hésitant et effrayé de poser des questions. Ce qui est si beau avec une série comme "The Bold Type", c'est qu'elle ouvre des discussions sur le sexe et la sexualité et permet de normaliser les conversations sur le sujet. 

Vous serez bientôt à l’affiche de "Heartstrings", la série d’anthologie sur Dolly Parton qui sera bientôt diffusée sur Netflix. Que pouvez-vous nous en dire et que cela signifie-t-il pour une potentielle saison 4 de "The Bold Type" ?


Comme c’est une série d’anthologie, chaque épisode est une sorte de mini-film indépendant et j'ai déjà tourné le mien. C’était une expérience si incroyable. Dolly Parton (célèbre chanteuse de country, ndlr) est la femme la plus iconique qui soit ! J’ai eu de la chance car mon épisode était l’un des rares dans lesquels elle fait une apparition. Elle est tellement incroyable, drôle, chaleureuse. Elle est mille fois plus adorable que ce que vous pouvez imaginer. J’ai travaillé avec des acteurs incroyables comme RayMcKinnon et Melissa Leo, qui jouait ma mère. Je n’en suis encore qu’au début de ma carrière, donc être entourée de comédiens de ce calibre, lauréats d'un Oscar, était une expérience très humble et très enrichissante. . 


Alors, la saison 4 de "The Bold Type" est-elle signée ?


On ne sait pas encore mais on croise les doigts ! 


Vous tournez la série à Montréal et la fin de saison 2 vous a emmenés dans un Paris en carton. Seriez-vous prête à venir tourner un épisode en France ?


Oh mon dieu, ce serait mon rêve ! J’essaie d’apprendre un peu le français. Je parle un petit peu (dit-elle en français dans le texte, ndlr). J’apprends doucement mais sûrement. Je sais comment dire "est-ce que je peux avoir un verre de vin ?", je sais comment commander du café, dire "je suis fatiguée", "j’ai très faim" et "j’aimerais manger" (en français dans le texte à chaque fois, ndlr). Les choses importantes à savoir sur le tournage, en somme ! 

"The Bold Type"

Saisons 1 et 2 disponibles sur Amazon Prime Video.

Saison 3 : un épisode par semaine disponible en VOSTFR au lendemain de la diffusion américaine, dès le 10 avril.

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