Lucie Lucas de retour dans "Clem" : "Quand j’ai lu les scénarios, j’ai fondu en larmes"

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INTERVIEW – Un accident de voiture, un coma et toute une vie remise en question. Rien ne sera plus comme avant pour Clémentine et ses proches dans la saison 9 de la série, qui débute lundi 13 mai à 21h sur TF1 et dont nous parle son interprète principal, Lucie Lucas.

On l’a quittée heureuse, en couple et entourée de ses deux enfants Valentin et Emma. C’est dans un lit d’hôpital qu’on la retrouvera ce lundi 13 mai dès 21h sur TF1. Clémentine Boissier, que les téléspectateurs suivent depuis 2010, se réveille après six ans de coma. Son fils et sa fille ont évidemment bien grandi et ne la reconnaissent plus. Le quotidien de ses proches a également beaucoup changé. La saison 9 s’annonce comme celle de tous les défis pour la jeune femme. Et ce n’est pas son interprète Lucie Lucas qui nous dira le contraire...

 

LCI - Quelle a été votre première réaction à la lecture du scénario ?

Lucie Lucas : Je me suis dit : "Ils sont fous, ils sont fous, ils sont fous !". Mais j’adore les défis et en tant que comédienne, c’était très intéressant d’aller explorer une situation aussi dramatique. Mais il fallait aussi qu’on arrive à garder l’âme de "Clem", à savoir la relation entre les personnages qui est très forte et fusionnelle, qu’on parvienne à garder ce côté "clan soudé", et quand même un peu de légèreté.

 

Le premier épisode de cette saison 9 est à la fois triste et très émouvant, loin de l'aspect jovial de la série à ses débuts. Rassurez-nous, on retrouve le sourire par la suite ?

Le sujet est tellement lourd en soi que cette année, malheureusement, il y a un peu moins de comédie que dans les autres saisons. Vous verrez, c’est quand même plus léger dans les épisodes d’après ! Il y a plein de moments où on sourit mais on a des émotions fortes jusqu'à la fin.

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Le départ de Victoria Abril a été inattendu et très déstabilisant- Lucie Lucas

L'un des changements majeurs de cette saison, c'est l'absence de Victoria Abril qui incarnait Caroline, la mère de Clem. Comment avez-vous vécu son départ ?

C’était inattendu et très déstabilisant. Elle m’a soutenue, elle m’a portée pendant des années et elle m’a tout appris. Une fois que j’avais dit oui parce que les scénarios me plaisaient – c’est elle qui m’a toujours dit : "S’il y a une bonne histoire, il faut y aller" - j’y suis allée. Et puis mine de rien, même absente, elle était quand même là. Tout ce qu’elle m’a appris ne s’est pas envolé du jour au lendemain. Dans plein de scènes, je me suis demandée comment elle le ferait, comme elle aurait appréhendé ci ou ça… Je lui ai fait des petits clins d’œil très régulièrement.

 

Le succès de la série réside aussi dans le fait qu’elle évoque chaque année des sujets de société très actuels (grossesse adolescente, cancer, harcèlement de rue et agressions sexuelles..). Quelles thématiques allez-vous aborder cette saison ?

Ce n’est pas vraiment un sujet de société mais cette saison va s’attarder sur la manière de récupérer sa vie, et surtout ses enfants, quand on a fait une pause de six ans. Pour les enfants de Clem, c’est très compliqué. Ils ont été élevés ces six dernières années par Marie-France et Michel (les grands-parents de Valentin incarnés par Carole Richert et Jean Dell, ndlr). Ils vont être tiraillés entre eux et Clem, qui essaie de redevenir leur maman. Ça va chauffer entre Marie-France et Clem mais il n’y a pas de méchant dans cette histoire. Ce sont deux femmes qui sont terriblement attachées à ces enfants et qui font tout ce qu’elles peuvent pour les rendre heureux. Elles ne s’y prennent pas forcément de la même façon. Ce sont des situations qui sont difficiles pour tout le monde et qui créent des incompréhensions, voire des oppositions. Il n’y a pas de malveillance et c’est ce que j’ai aimé aussi.

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Je ne serais pas entrée en empathie à ce point avec le personnage de Clem si je n’avais pas été maman- Lucis Lucas

Le bond dans le temps a entraîné un renouvellement d’une grande partie du casting. Comme Clem, vous avez dû tout réapprendre avec vos partenaires de jeu. Comment s'est déroulé la collaboration avec vos nouveaux enfants, Thomas Chomel et Elina Solomon ?

Ça s’est super bien passé ! C’est vrai que les premiers jours ont été un peu déstabilisants. Je tournais "Clem" mais il n’y avait pas les repères habituels. C’était très bizarre. Mais on s’est adopté tout de suite avec les excellents acteurs qui ont rejoint la série. C’était un vrai bonheur de jouer avec eux. Ce côté famille à la ville comme à la scène s’est encore plus développé. C’était vraiment merveilleux. Thomas , dont c’est le premier rôle, s’est jeté dans le bain. Je l’ai prévenu tout de suite qu’il fallait s’imposer une discipline comme un grand sportif. Il faut bien dormir, travailler encore et encore, ne rien lâcher parce que si on se déconcentre, on perd pied et on est moins à l’aise sur le plateau. J’aurais aimé qu’on me le dise.

 

Comme Clem, vous êtes devenue mère depuis le début de la série. Cela a t-il influencé votre jeu d'actrice, notamment dans cette nouvelle saison où Clem doit renouer avec ses enfants qui ne la reconnaissent pas ?

Beaucoup. Quand j’ai lu les scénarios, j’ai fondu en larmes et je me suis dit : "C’est l’horreur". C’est affreux d’apprendre que ses enfants ont passé six ans sans nous, de voir qu’on a raté tout ça. On ne les reconnaît même plus physiquement. Même dans la personnalité, ils ont beaucoup changé. Je pense que je ne serais pas entrée en empathie à ce point avec le personnage de Clem si je n’avais pas été maman.

L'histoire de Clem a-t-elle changé votre rapport à la maternité ?

C’est une bonne question, je n’en sais rien ! Il faudrait que je voie ça avec mon psy, je ne sais pas ! J’ai toujours dit que ma vocation dans la vie c’était d’être maman. J’ai toujours eu envie d’être maman jeune, c’est quelque chose de très fort en moi. Je n’ai vraiment pas du tout la même vie que Clem pour tout vous avouer.

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J’ai déjà tellement exploré ce personnage que je ne sais pas combien de temps ça peut durer encore- Lucie Lucas

Et vous, si vous vous réveilliez après 6 ans de coma, comment réagiriez-vous ?

Sincèrement, je pense qu’on est complètement perdu et qu’on doit alterner des phases de bonheur de retrouver les gens qu’on aime et des phases de désespoir. Parce que justement les gens qu’on aime ont grandi sans nous mais on ne les connaît plus tant que ça. Et puis il faut vraiment retrouver une place dans la vie de chacun. Ça doit être une immense solitude et beaucoup de peur.

 

Vous avez désormais le même âge que votre personnage, 33 ans. Comment jugez-vous l'évolution de Clem, après 9 ans passés avec elle ?

Elle a fait un bon petit bonhomme de chemin, elle en a vécu des choses la Clem ! Forcément, elle est devenue beaucoup plus forte et volontaire. Je pense que ça va continuer. Elle va savoir de plus en plus où elle va précisément. Elle ne va plus perdre de temps à se perdre dans des choses qui ne la rendent pas heureuse par exemple.

 

Jouer un personnage pendant aussi longtemps est assez rare. Combien de temps vous voyez-vous encore dans la peau de Clémentine Boissier ?

C’est une question que je n’arrive plus à me poser. Je prends beaucoup de plaisir à jouer et puis après j’attends les scénarios, de voir ce qu’on me propose comme axe. Chaque année, je réfléchis ou pas à repartir. J’ai déjà tellement exploré ce personnage que je ne sais pas combien de temps ça peut durer encore. Je l’avais dit à la production, qui en a tenu compte dans les scénarios. Tant qu’elle arrivera à me surprendre, il n’y a pas de raison que j’arrête !

>>> "Clem", deux épisodes tous les lundis à partir du 13 mai à 21 sur TF1. Tous les replays sur MYTF1

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