"New Amsterdam" : la série médicale qui "remet le patient au premier plan" débarque sur TF1

"New Amsterdam" : la série médicale qui "remet le patient au premier plan" débarque sur TF1
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INTERVIEW - Leurs personnages essaient de rénover le système de santé américain au sein du plus vieil hôpital de New York, en privilégiant toujours le bien-être de ceux qu'ils soignent. Ryan Eggold (Dr Max Goodwin) et Freema Agyeman (Dr Helen Sharpe) expliquent à LCI pourquoi "New Amsterdam", qui arrive en France dès le mercredi 27 novembre, n'est pas un programme comme les autres.

"New Amsterdam". Un nom symbolique - le premier de New York - pour un établissement historique. Celui du plus ancien hôpital public de la ville, à la fois cadre et héros du show à qui il donne son titre. Un an après ses débuts prometteurs sur NBC outre-Atlantique, la série médicale arrive sur TF1 dès mercredi 27 novembre. Et elle risque bien de séduire autant les téléspectateurs - si ce n'est plus - que "Good Doctor" et "Grey's Anatomy".

Parce qu'elle s'inspire de l'histoire du Dr Eric Manheimer, qui a dirigé le Bellevue Hospital - premier hôpital public des Etats-Unis - en bousculant les règles établies et en a fait un livre. Parce qu'elle se concentre sur les soins médicaux et les coups de pied donnés à un système de santé américain bien mal en point. Et parce qu'elle met en scène un duo aussi implacable qu'explosif bien connu du public.

Ryan Eggold ("Blacklist", "90201") campe le Dr Max Goodwin, nouveau directeur médical de l'hôpital qui choisit de faire table rase de l'organisation en place pour faire bouger les lignes. De quoi décontenancer le personnel médical en place. Freema Agyeman ("Dr Who", "Sense8") incarne, elle, l'oncologue Helen Sharpe, qui a délaissé l'ombre de son cabinet de consultations pour les lumières des plateaux de télévision.

LCI a rencontré l'acteur américain et la comédienne britannique lors du 59e Festival de télévision de Monte-Carlo en juin pour évoquer le message politique porté par la série, le caractère idéaliste du personnage principal et leur collaboration avec le docteur Eric Manheimer.

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New Amsterdam - S01 E01 - Je peux vous aider ? - Premières minutes

LCI : "New Amsterdam" porte un message à la fois politique et sociétal. Dès le pilote, le docteur Max Goodwin dit : "Nous avons tous l'impression que le système est trop gros pour être changé. Mais vous savez quoi ? Nous sommes le système". Est-ce l'une des raisons qui vous ont attirés vers ce projet ?

Ryan Eggold (Dr Max Goodwin) : Oui, tout à fait. Je pense qu'on recherche tous le changement mais sans y participer. On se demande pourquoi quelqu'un d'autre ne pourrait pas régler les problèmes pour nous. Et quand vous finissez par vous demander : "Comment est-ce que je peux faire partie de la solution ?", "Comment est-ce que je peux affecter le changement ?" ou "Comment je peux vous aider ?", comme dit souvent Max, je pense que c'est une grande révélation.

Freema Agyeman (Dr Helen Sharpe) : Je n'étais au départ pas très intéressée par l'idée de rejoindre une série médicale parce qu'il y en avait déjà eu tellement. Je n'étais pas sûre de la manière dont "New Amsterdam" pouvait être différente des autres. Non pas que ce soit une nécessité mais il y a tellement de contenus maintenant que ça peut être sympa si c'est différent. J'ai lu le scénario et je me suis dit : "Oh... Ok". Dans notre monde actuel où les gens prennent beaucoup la parole, se soulèvent, manifestent, hissent les drapeaux et veulent faire changer les choses, notre art plus jamais doit refléter tout ça, le répéter et le renvoyer dans les foyers. C'était agréable de faire partie d'une série si pertinente. Et les personnages sont aussi très amusants !

On parle du mal qu'on se donne pour faire bouger les choses. Souvent on ne gagne pas mais on continue à essayer et à un moment, on déplace cette frontière de quelques centimètres. Et je crois que ça en vaut la peine- Ryan Eggold

Max est un peu comme Sisyphe. Le décririez-vous comme un idéaliste ?

Ryan Eggold : En effet, je pense que c'est un idéaliste. Ce qui est important avec ce personnage, c'est de le laisser ancré dans la difficile réalité qu'implique le changement et dans ce système ô combien alambiqué auquel il s'attaque. Tout ça pour qu'il ne devienne pas un super-héros avec son idéalisme qui dirait qu'on peut changer les choses d'un claquement de doigt. Mais c'est humain, vous savez. On parle du mal qu'on se donne pour faire bouger les choses. Souvent on ne gagne pas mais on continue à essayer et à un moment, on déplace cette frontière de quelques centimètres. Et je crois que ça en vaut la peine.  

Les docteurs Max Goodwin et Helen Sharpe s'écharpent dans leurs premières scènes ensemble mais ils ne sont au final pas si différents.

Freema Agyeman : Pour citer à nouveau le pilote : "L'hôpital a eu cinq directeurs médicaux en cinq ans". Nombreux sont ceux qui ont tenté de lui redonner son ancienne gloire ou de faire ce qui était juste, et ça a amené l'équipe à se séparer un peu. Le personnage de Helen en particulier s'est détachée. Elle ne veut plus vraiment être là, cherche à attirer l'attention sur l'hôpital mais sans pratiquer simplement la médecine. Tout le monde voit très vite que ce nouveau venu, Max, vient parler business. Quand vous licenciez tout le service de chirurgie cardiaque, ça fait réagir les autres et je crois que Helen se rend vite compte qu'il est l'homme de la situation. Et elle veut jouer pour l'équipe donc elle revient.

Ryan Eggold : Ce que j'aime dans leur relation, surtout dans le pilote où Helen enchaîne les passages à la télévision, c'est qu'elle perd sa connexion avec sa mission de médecin. C'est le but de Max puis des autres de se rappeler ce feu sacré qui vous fait agir et a fait que vous vous êtes lancés au départ. Il essaie de réveiller tout le monde en disant : "voici pourquoi on fait ça".

Beaucoup de spectateurs aux Etats-Unis ont applaudi sur les réseaux sociaux le fait que la série parle de compassion et qu'elle se concentre sur le métier de médecin, et non sur les vies privées des membres du corps médical. C'est aussi ça qui différencie "New Amsterdam" des autres ?

Ryan Eggold : Oui, je l'espère. Le docteur Eric Manheimer, qui a écrit le livre ayant inspiré la série, est un homme très bienveillant qui a passé des années à la tête de l'hôpital Bellevue à essayer de changer les choses. Les acteurs aussi ont à coeur  de faire passer le message qu'on évoquait plus tôt, c'est-à-dire de remettre le patient au premier plan. Donc oui, je crois que la compassion est coeur de la série.

Freema Agyeman : Mais je rajouterais que plus le public apprend à connaître ces personnages et à les aimer, plus ça nous offre une direction. On parle évidemment beaucoup des médecins au travail et on peut tous s'identifier car on a été nous aussi patients à un moment donné. Mais ces personnages ont des relations qui se forment, des amitiés qu'on a besoin d'explorer et ça veut dire qu'on peut emprunter toutes ces routes, avec un peu de chance pendant de nombreuses années encore.

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Vous parliez du docteur Manheimer, le véritable Max. L'avez-vous rencontré ?

Ryan Eggold : C'est l'un des producteurs de la série et il est très souvent sur le plateau. Il partage avec les scénaristes des histoires basées sur ses propres expériences avec les patients, son point de vue sur la manière dont le système de santé était frustrant et complexe, et les combats qu'il a menés contre lui. Il est très attentif et éloquent sur le système de santé dans notre pays et sur les améliorations à apporter. C'est une oreille très attentive. Pour moi, ça m'aide beaucoup de voir d'où vient mon personnage. On ne fait pas une imitation d'Eric mais on essaie bien sûr de saisir son esprit et cette énergie qu'il nous apporte. C'est très rafraîchissant dans le monde d'aujourd'hui.

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