"Jamais sans toi Louna" : les parents qui ont inspiré la fiction de TF1 racontent comment ils se reconstruisent après "l'enfer"

"Jamais sans toi Louna" : les parents qui ont inspiré la fiction de TF1 racontent comment ils se reconstruisent après "l'enfer"
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RENCONTRE – TF1 a diffusé ce lundi soir "Jamais sans toi Louna", une fiction choc inspirée de l'histoire vraie d'un couple accusé à tort de maltraitance sur son bébé de 3 mois. Nous avons rencontré Sabrina et Yoan Bombarde, les parents de la petite Louna, qui ont dû se battre près de quatre ans pour récupérer leur fille.

"Ils nous suivent partout, on ne les lâche jamais". La première chose qui frappe en rencontrant Sabrina et Yoan Bombarde, c'est leur gentillesse. Et l'amour qu'ils portent à leurs enfants. Alors que TF1 diffusait ce lundi 9 septembre "Jamais sans toi Louna" (la fiction est arrivée en tête des audiences avec 3,59 millions de téléspectateurs en moyenne selon Médiamétrie), le téléfilm qui s'inspire de leur livre ("Plus jamais sans toi Louna", éditions Michel Lafon), nous avons rencontré le jeune couple et leurs deux enfants Louna, donc, âgée aujourd'hui de 7 ans et Léo,  5 ans, qui les suivent partout où ils vont. A les voir tous les quatre ensemble, on ne devine pas le drame qu'ils ont vécu. 

"C'était une descente aux enfers", se souvient Yoan Bombarde. Tout commence en février 2012. La petite Louna alors âgée de 3 mois est admise aux urgences du CHU de Nancy (Meurthe-et-Moselle) avec des bleus et des gonflements sur le corps. Alors que les parents craignent que la fillette souffre d'un d'angiœdème, une maladie orpheline dont est atteinte Sabrina, les médecins sont persuadés qu'il s'agit d'un cas de maltraitance. 

On ne voulait pas que notre histoire soit radoucie parce qu'elle est diffusée à une heure de grande écoute- Yoan Bombarde

"Il aurait suffi qu'une simple prise de sang soit faite et que le bon médecin soit interpellé", regrette le papa. "Louna aurait fait ses 15 jours d'hospitalisation et ça aurait été plié". Sauf que rien ne s'est passé. "On est tombés sur ce grand professeur au CHU de Nancy, qui est bon d'habitude, mais qui a décrété qu'il s'agissait d'un cas de maltraitance. Une fois qu'il a décidé que c'était ça, personne n'a osé le contredire. Et après, ça a été une cascade d'erreurs", poursuit Yoan. "S'ils avaient fait leur travail correctement, rien de tout cela ne s'était arrivé", renchérit Sabrina, qui couve du regard les deux adorables blondinets, plus passionnés par leur tablette que par le récit du calvaire qu'ils ont traversé. 

Du jour au lendemain, Louna est retirée à ses parents et les services sociaux placent le bébé dans une famille d'accueil. Ils mettront quatre ans et huit mois pour récupérer la fillette. Un combat acharné que raconte le téléfilm porté par Chloé Jouannet et Rod Paradot, dans le rôle des parents. "On ne voulait pas que notre histoire soit radoucie parce qu'elle est diffusée à une heure de grande écoute", insiste le Yoan. Tout y est donc très fidèle. "C'est très émouvant parce qu'on se prend notre histoire en pleine face", concède Sabrina, qui a découvert la fiction quelques jours avant sa diffusion. "Mais on ne veut pas montrer le film à Louna, ni à ses frères et sœurs. C'est trop dur. On attendra qu'ils aient 15 ou 16 ans", précise le couple, toujours resté uni face à l'adversité. "Ça a renforcé notre amour". 

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Si le lien familial s'est immédiatement recréé quand Louna a été rendue à ses parents – "le premier soir, les enfants ont tous voulu dormir ensemble" (Yoan a une fille d'une précédente union, ndlr) – la fillette souffre désormais d'un stress post traumatique. "Louna allait avoir 4 ans et on avait l'impression de récupérer un bébé. C'est comme si elle s'était arrêtée de pousser dans la famille d'accueil", se souvient le papa. La petite fille a des problèmes de croissance mais aussi de langage. Elle ne mange pas de nourriture en morceaux et a du mal à verbaliser ce qui lui est arrivé. "A présent, Louna va mieux. Elle est très lucide, elle sait tout de son histoire même si elle n'aime pas trop en parler avec nous", précise Sabrina.

"Aujourd'hui, on se reconstruit tout doucement et on va plutôt bien. Mais on doit faire avec les aléas de la maladie", admet la jeune femme. "Ce n'est pas tous les jours simple. Il y a des fois où les crises s’enchaînent pour tous les trois. Mais on essaie de vivre comme tout le monde ", poursuit le papa. Car Léo, le petit frère de Louna, est également atteint de la même maladie, caractérisée par la formation d'œdèmes sur tout le corps. 

Quatre ans après, se sont-ils remis d'une telle histoire ?  "A l'heure actuelle non. Il m'arrive encore de faire des cauchemars", confie Sabrina. "On a été salis et maltraités pendant 3 ans et 8 mois par les services de l'état, donc c'est quelque chose de difficile. Et puis ce n'est pas fini", prévient Yoan. Le couple a décidé de poursuivre les trois médecins experts qui se sont prononcés en faveur de la maltraitance et qui n'ont pas posé de diagnostic d'angiœdème. Ainsi que l'Aide sociale à l'enfant de Meurthe et Moselle pour les erreurs commises dans cette triste affaire. "Il faut qu'il y a des jurisprudences et des gardes fous pour éviter que cela recommence." 

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