"J’étais fier de présenter mon compagnon à la France" : les confidences de Cyril après son élimination de Koh-Lanta

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INTERVIEW – C’est fini pour Cyril, le sympathique designer de "Koh-Lanta : la guerre des chefs". Le candidat parisien a été éliminé aux portes de la finale, au cours d’un épisode où Thomas, son compagnon, est venu le rejoindre. LCI a recueilli ses confidences.

Il est passé par toutes émotions, vendredi soir, lors du 13e et avant-dernier épisode de "Koh-Lanta : la guerre des chefs". Avant de jouer sa place au conseil face à Clo lors d'un tirage au sort au suspense insoutenable, Cyril avait retrouvé Thomas, son compagnon venu participer à l’épreuve de confort. Un joli moment d’émotion qui lui ferait presque oublier son départ de l’aventure.


LCI : Après le conseil, vous dites partir sans regret. Mais c’est quand même le pire moment pour être éliminé, non ?

Cyril : Ce n’est jamais facile de partir aux portes de la finale, c’est un peu la médaille en chocolat ! Mais pour être honnête, j’ai tellement donné, je me suis tellement battu jusqu’au bout pour ne rien regretter, que je ne peux pas ne pas être fier de ma sortie. Je ne me suis pas fait éliminer par leur vote, c’est la chance qui a décidé de mon sort. Et quitte à sortir, autant le faire avec panache !


Pour rester, vous n’avez pas hésité à jouer sur la corde sensible, notamment avec Cindy…

Koh-Lanta, c’est un jeu ! On est dans un contexte qu’on ne connaît pas, totalement différent de notre vie quotidienne. Il faut s’adapter. Et évidemment que j’ai joué la comédie. Pour moi, c’est clairement l’idée qu’on se fait de l’aventure. Il faut avancer ses pions. Et ceux qui ne savent pas jouer ne vont pas loin dans l’aventure.

Ce côté charmant, bon copain, confident… C’est naturel chez vous ? Vous l’avez un peu exagéré pour vous attirer les faveurs des autres candidats ?

Je suis quelqu’un de très jovial, de très sociable, qui aime aller vers l’autre. Je suis très créatif. J’attire facilement la sympathie. J’étais tellement heureux d’être dans cette aventure que je n’ai pas eu à me forcer du tout. Ce n’est pas mon style. 


Ce qu’on retiendra aussi, c’est que vous êtes allé très loin avec Maud, alors que vous faisiez partie de l’équipe rouge, la pire de la saison…

C’est fou. Après la réunification et le départ d’Alexandre, nous n’étions plus que deux face à six jaunes et cinq bleus. Et à l’arrivée on revient à égalité avec deux jaunes, deux bleus et deux rouges. Si bien qu’en finale, il y aura au moins un rouge, à savoir Maud.

Ça faisait dix ans que je postulais et je n’avais jamais caché mon orientation sexuelle dans mes candidaturesCyril

Dans l’épisode vendredi soir, votre compagnon Thomas vous rejoint sur l’île. Dès le départ de la saison, vous avez évoqué votre couple. Est-ce une décision que vous avez prise ensemble ? 

Koh-Lanta, c’était un rêve. Ça faisait dix ans que je postulais et je n’avais jamais caché mon orientation sexuelle dans mes candidatures. Il se trouve que là je suis en couple avec quelqu’un avec qui je suis bien, heureux. Il était très content que je fasse cette aventure. Rien ne m’empêchait de montrer mon amour. C’est donc très simplement que Thomas est apparu dans mon portrait, qu’on l’a vu au téléphone quand je l’ai appelé… En fait, on ne s’est même pas posé la question d’apparaître ensemble. Pour nous c’était une évidence, c’était limpide.


Voir un couple gay dans un programme grand public comme "Koh-Lanta", c’est quand même un symbole, non ?

Clairement. Plus j’avançais dans l’aventure, plus je me disais que les proches allaient venir dans l’aventure et que j’étais fier à l’idée de présenter mon compagnon à la France et au public de "Koh-lanta". C’est une émission que j’adore, mais où le côté LGBT est peu représenté. A l’écran on s’embrasse, on parle de notre couple très librement. Je trouve ça génial que TF1 et ALP (la société de production – ndlr) aient pu diffuser ça.

Dans la "vraie vie", vous vous définiriez comme militant ?

Je ne suis pas un porte-étendard. Je vis ma vie de façon très simple et très libérée. Evidemment qu’il y a des choses à faire pour faire changer les mentalités vis-à-vis de la communauté LGBT en France. Mais je ne suis pas venu en tant qu’homosexuel à Koh-Lanta. Je suis venu en tant qu’aventurier pour me dépasser et vivre une expérience extraordinaire.


Vous avez réagi avec humour sur Instagram à certaines attaques homophobes dont vous avez fait l’objet de la part des internautes. Avez-vous été surpris de ce que vous avez pu lire ? 

Je ne suis pas surpris, non, et je m’y attendais. Je m’étais même préparé à plus. Je pensais que ce serait plus virulent, qu’il y en aurait plus. Evidemment que ça touche, on ne va pas se mentir. Mais si je compare avec le nombre de messages positifs de gens extraordinaires qui m’ont envoyé leur soutien, ce n’est presque rien. C’est une peccadille ! (rires)

Ces dernières semaines on a vu Bilal Hassani à l’Eurovision, Léona Winter dans "The Voice", vous dans Koh-Lanta. Estimez-vous la représentation de la communauté LGBT satisfaisante dans les médias en 2019 ? 

Ça avance, oui. Même si j’ai parfois l’impression qu’on fait un pas en avant et deux pas en arrière. On va fêter les 50 ans de la Gay Pride et on se rend compte qu’il est toujours nécessaire, de nos jours, de montrer à la France et au monde qu’on est là. Et qu’on n’est pas différent des autres.

De quelle manière avez-vous abordé votre homosexualité avec les autres candidats de "Koh-Lanta" ? 

La chance que nous avons eu, c’est de passer la première nuit tous ensemble à 21 sur l’île. On a fait un tour de feu, on s’est tous présentés. J’ai dit que je m’appelais Cyril, que j’étais Parisien, que j’avais 37 ans, que je vivais avec Thomas. Que j’étais designer et que je faisais du water-polo ! Je voulais que ce soit une information parmi toutes celles que j’avais à leur donner. Pour que ce soit presque une "non-information".


On a vu sur les réseaux sociaux que vous étiez tous restés très proches après le tournage...

Je pense que c’est le cas de plein de saisons de "Koh-Lanta". Mais nous, clairement, on forme une petite famille. Sur cette émission, on a vécu les mêmes galères, on a eu le temps de se parler, de se confier jusque dans nos fêlures. Ce sont des choses très fortes et qui restent.

 J’imagine que vous avez hâte de connaître le résultat de la finale. Avez-vous un favori pour la victoire ? 

Je veux tous qu’ils gagnent parce qu’ils sont tous sympas ! (rires). Mais bien sûr que non, je veux que ce soit Maud qui gagne ! C’est mon binôme, mon âme sœur de l’île. L’un sans l’autre, nous n’aurions pas vécu la même aventure.

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