Ses 100.000 euros, le coming-out de Clo... Les confidences de Maud après sa victoire surprise dans Koh-Lanta

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INTERVIEW – C’est Maud, la candidate belge de 50 ans, qui a remporté vendredi dernier "Koh-Lanta : la guerre des chefs". LCI a recueilli ses confidences au sujet de cette incroyable aventure.

Ils avaient commencé l'aventure à 21. Et vendredi, ils n'étaient plus que 5 à rêver d'inscrire leur nom au palmarès de "Koh-Lanta". C'est finalement Maud qui a triomphé en direct sur TF1, la doyenne belge récoltant 7 voix contre 6 pour Cindy de la part du jury final, à l’issue d’une soirée riche en suspense et révélations… 

Maud, avez-vous vécu cette victoire comme une petite ou une grande surprise ? 

C’est toujours une grande surprise. Même si on l’espère, on ne le croit que lorsqu’on a vu le résultat des votes. C’est vrai qu’il y avait des bruits qui couraient… Maintenant, j’avais quand même une chance sur deux de gagner ! (rires)

Comment avez-vous géré toutes ces semaines d’attente ?

Chaque jour était un cadeau car je continuais mon "Koh-Lanta" en regardant les émissions. Quand le grand jour est arrivé, j’étais surtout impatiente de revoir tous les copains. Et enfin de pouvoir tout dire à ma famille. Pendant toutes ces semaines, je ne pouvais, je ne voulais pas leur raconter jusqu’où j’avais été. En fait, je m’étais arrangée pour qu’ils pensent que je m’étais arrêtée avant la fin de l’aventure, brutalement. Vous imaginez donc leur surprise…

Personne autour de vous ne savait que vous étiez l’une des deux finalistes ? 

Personne ! Mes enfants savaient que mon mari était parti me rejoindre, mais je voulais qu’ils ne sachent rien de plus. C’était déjà beaucoup trop à mon goût.

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Comment avez-vous vécu le fait que Cindy vous choisisse aux dépens de Steeve pour affronter le vote du jury final ?

Cindy est quelqu’un que j’adore. On a pu avoir des tensions pendant l’aventure mais on s’entend très bien. Sur le moment, j’avoue que je stresse. Je sais que Steeve est aussi son compagnon de route. Mais ce n’est pas Clo. Et puis je dirais juste que si moi j’avais été la dernière, j’aurais pris l’avant-dernier. Comme elle. Donc ça me semble le choix normal. Après, ça aurait été différent si ça avait été Cyril. Même troisième, je l’aurais pris avec moi ! (rires). 

Lors de l’avant-dernier épisode, on vous sent physiquement au bout du rouleau. Comment avez-vous surmonté la fatigue et votre impressionnante perte de poids ?

Ce n’était effectivement pas agréable de me voir dans la glace. Et si mes souvenirs sont bons, je suis tombée lors d’une épreuve un peu avant. Dans ces cas-là on a mal… et on finit par oublier la douleur. Ce qui m’a aidée, c’est cette tension très forte qui a régné entre nous après l’élimination de Cyril. On le voit bien dans l’émission. En général je n’aime pas être en colère. Mais là ça m’a vachement aidée ! Je remercie d’autant plus Cindy, Clo et Steeve de s’être fâchés avec moi ! (rires)

Le départ de Cyril a été comme un électrochoc ? 

Comme un électrochoc, oui. A ce moment-là je me dis que je ne perdrai pas. Que je VEUX gagner. 

Cyril, parlons-en. On sent qu’entre vous s’est créée une véritable amitié…

Ah ça oui ! Cyril c’est mon petit frère, c’est mon ami. C’est quelqu’un de fantastique. Il m’a apporté une belle lumière pendant toute l’aventure. Je ne le remercierai jamais assez pour sa gentillesse.

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Ensemble vous faisiez partie de l’équipe des rouges, celle qui enchaînait les défaites et les crises en début d’aventure. C’était mal parti, non ?

Je pourrais vous répondre qu’en réalité on voulait endormir les autres en leur faisant croire que les rouges étaient nuls… mais ce n’est pas vrai ! (rires). Maintenant, je n’ai aucun regret sur ce début d’aventure. La réalité c’est qu’on était bons… mais qu’on avait la peur de gagner. J’ai fait du volley-ball à haut niveau pendant longtemps. On était une bonne équipe. Mais vous pouviez être sûr que si même si on menait 13-9, on réussissait à perdre 13-15 ! C’est un peu ce qui s’est passé avec les rouges. Les conforts, on les gagne facilement. Et après on s’effondre.

Le mental, en revanche, ne vous a jamais fait défaut. D’où vous vient cette force de caractère ? 

Je l’ai dit à la fin de l’aventure. C’est grâce à ma petite maman qui a toujours été exemplaire. Elle s’est débrouillée toute seule très tôt avec quatre enfants et elle nous a inculqué une grande solidarité. Elle me disait toujours ‘Maud, j’ai confiance en toi’. Enfant, je ne voulais pas la décevoir. Elle avait déjà assez de travail comme ça. Depuis toute petite, je fais en sorte de ne pas être un poids pour elle. On dit souvent "ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort". Eh bien c’est vraiment ça.

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Ce qui explique aussi pourquoi on ne vous a jamais vu vous plaindre sur le camp…

J’estime que quand on la chance de faire "Koh-Lanta", on ne peut pas se plaindre. Vous imaginez le nombre de gens qui rêvent de faire cette émission ? Il y a près de 30.000 personnes qui postulent chaque année. Et en plus ce sont mes enfants qui m’ont inscrite pour me faire un cadeau. Je ne vais pas aller me plaindre alors que je suis sur une île déserte, au bord d’une eau magnifique, avec des aventuriers géniaux, des jeux dignes des plus beaux camps de scouts ! Je ne peux pas !

Certains l’ont fait pourtant. Parce que leurs proches leur manquaient, parce qu’ils avaient faim…

Ah mais je parle pour moi ! Sur "Koh-lanta", chacun a le droit d’être lui-même, et chacun y a trouvé quelque chose. "Koh-Lanta", c’est le genre de vie que j’adore. Donc j’étais dans mon élément. Certains l’ont pris comme un défi et c’est sans doute beaucoup plus dur quand on doit se battre contre soi-même. Je comprends chaque attitude… mais moi c’était un cadeau. Alors je n’allais pas pleurer !

Si l’Everest continue à se dégrader comme ça, je ne mettrais mon foulard à tout prix sur quelque chose qui pourrait devenir le cimetière le plus élevé du monde- Maud, la gagnante de Koh-Lanta : la guerre des chefs

C’est vrai aussi que vous avez l’habitude de partir à l’aventure. Vous êtes notamment une férue d’alpinisme. Vous en faites depuis longtemps ? 

Enfant j’étais scout et j’avais une amie française qui m’a fait aimer la montagne. J’ai toujours rêvé de faire de l’alpinisme mais la vie ne me l’a pas permis toute de suite. Et puis il y a quelques années, un proche m’a dit qu’il allait faire l’ascension du Mont Blanc. J’ai décidé de le suivre, avec mon mari et un groupe d’amis, et j’ai adoré. D’emblée, je me suis sentie dans mon élément. Ça m’a permis aussi de rencontrer Bernard Muller, le célèbre alpiniste marié à Laurence de La Ferrière. Il m’a dit que si je pouvais gravir l’Aconcagua (en Argentine –ndlr), je pouvais rêver à tout. Je l’ai fait. Et maintenant je rêve de l’Everest. 

Les 100.000 euros, vous allez vraiment vous en servir pour assouvir cette passion ? 

Mon rêve, c’est de gravir les Seven Summits (les 7 sommets les plus élevés de la planète - ndlr). J’ai promis aux autres aventuriers qu’en cas de victoire, je mettrais leurs prénoms sur mon foulard et je l’attacherais en haut de l’Everest. La seule chose, c’est que si l’Everest continue à se dégrader comme ça, je ne mettrais pas mon foulard à tout prix sur quelque chose qui pourrait devenir le cimetière le plus élevé du monde. J’ai envie de faire quelque chose de propre. Que ça ait du sens. J’ai des valeurs et pour le moment je suis partagée. Après, j’ai perdu tellement de muscles sur "Koh-Lanta" que je vais d’abord devoir les reprendre.

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Vous allez aussi gâter vos enfants, non ? 

Non, vous me connaissez, je suis égoïste, je garde tout pour moi ! (rires). C’est une évidence et c’est quelque chose que je tiens à souligner : je n’exploserai pas l’argent que j’ai reçu pour gravir l'Everest à tout prix ! C’est trop difficile de gagner l’argent, je suis bien placée pour le savoir. Je paierai d’abord certaines de mes dettes, je rembourserai mes emprunts. Tout personne qui lira cet article le comprendra. Koh-lanta, c’est trois ans de salaire pour moi, et même un peu plus. Donc je n’exploserai pas cet argent.

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Lors de la finale, Clo a fait son coming-out. Ça vous a touché ? 

Je l’ai applaudie ! On savait tous qu’elle aimait les filles, sur le camp c’était quelque chose qu’elle nous disait. Le faire devant le public, c’était important. On n’a qu’une seule vie sur cette Terre. Alors vivons-la comme on le veut, comme on le peut, tant qu’on est bienveillant, tant qu’on ne fait de mal à personne. On a le droit d’avoir l’orientation sexuelle qu’on veut ! Je ne comprends pas qu’on puisse encore juger des gens qui ne vous ont rien fait. Laissons-les vivre et s’aimer comme ils l’entendent. !

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