The Voice 8 -"J'étais choqué" : Gjon's Tears raconte son incroyable audition à l'aveugle

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INTERVIEW - OVNI musical de la première session d'audition à l'aveugle de la saison 8 de "The Voice", le jeune Suisse de 20 ans a séduit les quatre coachs avec sa reprise bien à lui d'un titre de Christine and the Queens. Pour LCI, il revient sur ces 4 minutes qui ont tout changé et sur son passé d'enfant star de télécrochet.

Il hésite à utiliser le mot "artiste" pour parler de lui. Mais on se demande encore pourquoi. Arrivé sur la pointe des pieds dans sa combinaison en jean, Gjon's Tears a impressionné les quatre coachs lors de son audition à l'aveugle, diffusée lors du premier prime de la saison 8 de "The Voice" samedi 9 février sur TF1. Le jeune Suisse de 20 ans, originaire de La Gruyère, a livré une incroyable performance sur "Christine", le tube de Christine and the Queens. 


Un choix qu'il nous explique avec une métaphore artistique, comparant les morceaux à des sculptures qu'il façonne à son tour pour les adapter à son style. A sa voix. Seul un artiste peut s'exprimer ainsi. Entretien avec celui que l'on avait déjà repéré lors des tournages de l'émission et qui devrait, on l'espère, aller très loin dans la compétition.

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Gjon's Tears - Christine (Christine & The Queens)

Quelle est votre histoire avec la musique ?


Gjon's Tears : J’ai commencé à chanter vers l’âge de 8 ans. Puis un jour, mon grand-père qui vit au Canada est venu en Suisse. J’ai sorti mon piano, tapé dessus sans faire exprès et la chanson d’Elvis Presley "Can’t help falling in love" en est sortie. Il m’a dit qu’il l'adorait. Je l'ai apprise, je lui ai chantée et il s’est mis à pleurer. Il était très ému. Je me suis senti à ce moment-là comme un super-héros, j’avais vraiment l’impression d’avoir un super pouvoir. Ça m’a marqué à tel point que mon nom d’artiste, c’est Gjon’s Tears, "les larmes de Gjon". Mon grand-père m’a dit : "Il faut que tu continues là-dedans, je vais te trouver quelque chose. C’est ta destinée". Il est parti en Albanie, d’où nous sommes originaires, et un an plus tard il m’avait trouvé une place dans une émission à la télévision pour que je puisse y chanter. Ça a eu un effet boule de neige,  j’ai enchaîné les émissions dont "Incroyable Talent" en Albanie, en France et en Suisse. Cette petite carrière musicale d’enfant s’est terminée à 12 ans, je crois. La mémoire des âges, c’est une catastrophe ! J’ai l’impression d’avoir 70 ans, c’est génial (il rit).  Après, ce n’est pas que je n’avais plus du tout envie de faire de la musique mais j’ai appris à écouter. De 12 à 19 ans, je n’ai fait que ça. Ecouter plutôt qu’essayer de me produire. 


Quelle chanson représente le mieux votre personnalité ?


C’est drôle parce que je crois que j’ai une chanson pour à peu près tout : celle que j'écoute avant de dormir, celle que je trouve la plus belle... Mais je n'ai jamais pensé à celle qui me représentait.  C'est un peu compliqué (il rit) ! Je suis plutôt quelqu'un qui aime les contrastes. J'écoute David Bowie, Agar Agar, Queen, Céline Dion, Amy Winehouse mais aussi Philippe Katherine, Mozart, Beethoven, Rachmaninov. Je vais vous donner ma chanson préférée : "Wasting my young years" de London Grammar, la plus belle qui ait jamais été créée selon moi.

C’est quelque chose que j’avais un peu laissé derrière moi qui revenaitGjon's Tears "un brin nostalgique" lorsqu'il arrive sur le plateau de "The Voice"

Quel a été le déclic alors pour tenter votre chance dans "The Voice" ?


A 19 ans, j’ai commencé une académie de musique dans mon canton. On s'est produit dans un petit festival avec mon groupe, ma maman m'a filmé et a envoyé la vidéo à la production de l'émission sans me prévenir. C’était la totale surprise ! On m’a appelé pour me dire qu’on aimait beaucoup ma voix. J’étais très content mais à la fois très perplexe, je ne m’attendais pas à ça. C’est quand même une nouvelle qui percute. J’ai pris ça très au sérieux mais aussi de façon décontractée. Je me suis dit "Allez je fonce, j’y vais pour le plaisir et je m’éclate, ça me fait de la pub". C’est un concours, c’est un défi. C’est une expérience vraiment très enrichissante.


 

Quel est votre état d’esprit au moment où les écrans s’ouvrent et où vous arrivez sur ce plateau totalement silencieux  pour votre audition à l’aveugle ?


Déjà un brin de nostalgie, c’est quelque chose que j’avais un peu laissé derrière moi qui revenait. J'ai aussi ressenti de la peur. Sur le moment, je me dis que je suis de nouveau face à une caméra mais dans un contexte différent. Là, je suis dans l’attente que l’un des coachs se retourne. La pression est beaucoup plus grande, il y  a un enjeu.

Les parcours qui me touchent le plus sont ceux des artistes de "The Voice" qui sont restés eux-mêmes comme Louane et KendjiGjon's Tears

Les quatre coachs se sont retournés. Julien Clerc vous a qualifié de "petit rayon de soleil". Pourquoi avoir opté pour Mika ?


J’étais déjà choqué de voir les quatre sièges retournés. J’avais travaillé ma chanson mais je ne m’imaginais pas que quatre grandes stars allaient se retourner sur moi. C’est très impressionnant. A ce moment-là, je suis dans un autre monde. Je suis complètement submergé par l’ampleur de ce qui m’arrive. Je ne pensais pas forcément aller avec Mika. La personne qui se retourne, c’est celle qui a envie de travailler avec moi. Alors peu importe qui c’est, tant que quelqu’un a envie de travailler avec moi. J’avais peut-être quand même une légère préférence pour Jenifer mais je pense vraiment que les arguments que Mika a su exploiter et son envie de travailler avec moi m’ont beaucoup plus touché que les trois autres coachs. Mais ça ne veut pas dire que je ne voulais pas travailler avec eux ! il faut en choisir un à un moment donné, on ne peut pas choisir les quatre. Sans aucun doute, j’aurais choisi les quatre si j’avais pu !

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Portrait de Talent : Gjon’s Tears, un ovni de 20 ans

Quel parcours vous fait vibrer parmi les anciens de "The Voice"  ?


J’avais tendance à regarder l’émission à ses débuts. Pendant les pubs, je courais dans ma chambre, j’allais chanter puis je revenais. C’était peut-être l’envie d’un challenge ! Tous les parcours m’impressionnent. Ce n’est quand même pas facile de s’exposer à la télévision, à autant de spectateurs. Ce n’est pas forcément non plus ce qu’on recherche. On a envie de montrer comment on chante. Et on doit aussi montrer comment on est, comment on pense… C’est un peu la peur de ne pas plaire… Je pense que le plus important c’est de rester nous-mêmes et les parcours qui me touchent le plus sont ceux des artistes de "The Voice" qui sont restés eux-mêmes comme Louane et Kendji. Si eux sont devenus de vraies stars françaises, c’est parce qu’ils ont eu la volonté de rester eux-mêmes.


 

Qu’attendez-vous de la suite de l’aventure ?


Apprendre. J’ai soif de technique, de savoir comment se comporter sur scène… C’est bien de faire de la musique dans sa région mais je pense qu’on arrive des fois à un stade où on a envie que des professionnels nous disent "ce que tu fais, c’est bien ou c’est peut-être moins bien mais je vais t’apprendre à le faire mieux". Je ne dénigre pas le soutien de la famille, c’est tellement important ! Parce que je pense que sans leur soutien, je n’aurai jamais fait ça. J’ai envie - je ne sais pas si j’ose dire en tant qu’artiste parce que je n’ai pas envie de… (Il s'interrompt avant de reprendre). J’ai envie en tant qu’artiste de grandir , d’être sollicité et de travailler avec des professionnels.

>> Retrouvez toutes les vidéos de la saison 8 de "The Voice" sur le site officiel de l'émission.

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