SEPT À HUIT - Violée à 9 ans par un ami de ses parents, Andréa Bescond brise le silence

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"LES CHATOUILLES" – La réalisatrice et interprète des "Chatouilles" était l'invitée de "Sept à Huit" ce dimanche pour parler de son enfance volée.

Il prétendait lui faire des chatouilles. En réalité il la violait. Agressée par un ami de ses parents quand elle avait 9 ans, Andréa Bescond a raconté son histoire dans une pièce de théâtre, puis dans un film, "Les Chatouilles", qui sort le 14 novembre au cinéma. Invitée dans "Sept à huit" ce dimanche sur TF1, elle est revenue sur son enfance volée. 

"La première fois, c'était un nouvel an", se souvient Andréa Bescond. "On dormait chez cet agresseur qui était en fait un copain de mes parents. Il était très bienveillant au premier abord. (…) Je dormais à côté de mon petit frère, et au petit matin je me suis réveillée et il rentrait dans la chambre. Il s'est posé à côté de moi, il m'a dit : 'Ne t'inquiètes pas, je vais te faire des chatouilles'. Il a enlevé la couverture, il a retiré ma culotte et m'a pénétrée avec ses doigts."

Gérez vos pulsions, mais n'agressez pas les enfants parce que tôt ou tard ils parlentAndréa Bescond

Tétanisée, la petite fille pétrie de honte et de culpabilité n'ose rien dire à ses parents. Pendant un an, elle va subir des viols à répétition. "Je sens intérieurement que c'est malsain mais je suis habituée à obéir aux adultes. J'enferme tout", explique-t-elle. Elle essaie d'envoyer des signaux à ses parents : elle ne se lave pas, laisse trainer des sous-vêtement sales, fait pipi dans le lavabo de la salle de bains pour montrer qu'elle est "sale dedans". Mais ces derniers ne voient pas la détresse de leur fille.  

A 12 ans son cauchemar s'arrête enfin quand elle part en école professionnelle. Mais quelques années plus  tard, son  amnésie partielle vole en éclat quand elle croise son agresseur et qu'elle comprend ce qui lui est arrivé. "Tout est revenu de manière précise et clinique". 

Quand elle apprend qu'il va devenir grand-père, elle décide de porter plainte pour éviter à d'autres enfants de vivre son cauchemar. Durant le procès, il avoue mais minimise. Tout comme Andréa "pour protéger mes parents". Le soulagement attendu par le procès n'arrive pas, elle sombre alors dans la drogue et l'alcool. Elle sera sauvée par sa rencontre avec Eric Métayer, aujourd'hui le père de ses enfants. "Je me suis vue belle dans ses yeux. (…) D'un seul coup j'ai tout arrêté".

Aujourd'hui  en paix avec son passé, elle n'oublie pourtant pas ce qu'elle a vécu."Allez vous faire soigner", lance-t-elle aux agresseurs. "Parce que maintenant on ne va plus se taire. Vous pouvez trembler parce que les enfants on leur apprend à parler, les adultes parlent. (…) Gérez vos pulsions, mais n'agressez pas les enfants parce que tôt ou tard, ils parlent".

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