Faut-il embarquer avec la "Space Force" de Steve Carell sur Netflix ?

Le général Mark Naird (Steve Carell) a pour mission d'envoyer ses astrosoldats sur la Lune dans "Space Force", série disponible sur Netflix dès le 29 mai 2020.
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FLY ME TO THE MOON - La fine équipe de la version américaine de "The Office" part à l’assaut de la Lune avec une série en dix épisodes qui nous plonge dans les coulisses de la force spatiale créée par Trump. Un programme alléchant qui se révèle au final plutôt décevant.

La simple association de leurs noms suffit à nous donner des papillons dans le ventre. Parce que Steve Carell et Greg Daniels ont narré la vie de bureau comme personne dans "The Office". Le premier en incarnant le déroutant mais touchant Michael Scott, le second en adaptant avec brio pour la télévision américaine cette série créée par Ricky Gervais venue d’Angleterre. 

Alors forcément, entendre que le duo se reformait pour un nouveau projet ne pouvait qu’attiser la curiosité. Leur nouvel open space ? Celui ouvert par Donald Trump, il y a deux ans, lorsqu'il a décidé de mettre un coup d'accélérateur pour faire de la quête spatiale la sixième branche des forces armées américaines. 

Officiellement lancée en décembre dernier, cette force de l'espace a inspiré à Steve Carell et Greg Daniels - qui se partagent cette fois le titre de créateur - une série de dix épisodes où ils distillent leur humour si particulier, souvent poussé à l’absurde. Ancien numéro deux de l’Air Force fraîchement décoré d’une quatrième étoile, le général Mark Naird se voit confier un peu à contre-coeur les clés de cette nouvelle entité à la mission claire. "Le président veut une domination totale de l’espace. Objectif Lune 2024", martèle le Secrétaire à la Défense dès le pilote qui semblait lancer l'ensemble sur de bons rails. Un comique de répétition simple et efficace, des répliques savoureuses et des clins d’œil appuyés à un chef d'Etat sans nom, qui fait ses annonces majeurs via Twitter et écrit en capitales dès qu'il est énervé.

Steve Carell n'est jamais aussi bon que dans ses joutes verbales avec John Malkovich

Puis au fil des épisodes, la machine s'enraye et le rire s'estompe jusqu'à parfois disparaître. Une grande partie des seconds rôles est sous-exploitée, à commencer par Lisa Kudrow ("Friends") qui campe une Madame Naird bien absente sans que l'on sache vraiment pourquoi. L'erreur aura été de s'attendre à "The Office" chez les militaires. Mais jamais d'en attendre trop de Steve Carell, génie comique qui offre ici une épaisseur pleine d'émotion à son général Naird. "Ce qui est génial avec lui, c'est qu'il est capable de jouer à plusieurs niveaux  simultanément, et c'est pour cela que c'est si amusant d'écrire pour lui. Vous pouvez voir, en même temps, ce qu'il devrait faire, ce qu'il fait, ce qu'il pense faire, les erreurs qu'il commet et le fait qu'il se rend compte de ces erreurs. Mais il continue à avancer", commente Greg Daniels à propos de son héros. 

Steve Carell n'est jamais aussi bon que dans ses joutes verbales avec John Malkovich (Dr Mallory), caution scientifique de la Space Force qui lutte tant bien que mal contre les absurdités de l'administration avec un flegme à toutes épreuves. Le binôme suffit à convaincre de boucler sa ceinture pour aller au bout de cette série qui pourrait bien avoir une suite. Habitué à "faire 25 épisodes par an" avec ses anciens projets, Greg Daniels "aimerait en avoir une centaine pour raconter toutes sortes d’histoires" avec "Space Force". Et si ces premiers épisodes n'étaient en fait que l'équivalent à l'écran des lancements-tests des fusées ? "The Office" et "Parks and Recreation" aussi avaient connu des démarrages difficiles, demandant au spectateur de ne rien lâcher jusqu'au décollage. Et la suite du voyage avait sacrément valu le détour...

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"Space Force" 

avec Steve Carell, John Malkovich et Lisa Kudrow

Saison 1 disponible le 29 mai sur Netflix

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